Articles vedettesJuillet 2019

À l’HGJ, les bénévoles qui ont des besoins particuliers reçoivent autant qu’ils donnent

Les sourires et les fleurs des visiteurs du Cercle de l’amitié égaient la vie des patients

Au moment où Dora Spoltore, une patiente reconnaissante de l’HGJ, ouvre ses bras à Shaun Benharroch pour le remercie de ses fleurs, ce dernier est soudainement mal à l’aise.

La patiente Dora Spoltore remercie Shaun Benharroch de sa visite et de ses fleurs.

La patiente Dora Spoltore remercie Shaun Benharroch de sa visite et de ses fleurs.

C’est un sentiment inhabituel pour M. Benharroch, un jeune homme qui a des besoins particuliers, et un bénévole chevronné qui l’habitude de voir les patients sourire et de recevoir occasionnellement des étreintes quand il leur remet un petit bouquet de roses.

Mais, cette étreinte est différente. Madame Spoltore ne sourit pas. La larme qui coule doucement sur sa joue rend M. Benharroch nerveux : la patiente est peut-être souffrante!

« Ne t’inquiète pas, tout va bien », le rassure le rabbin Leibele Rodal, qui supervise la visite. Après un moment d’indécision, M. Benharroch n’hésite plus et serre la patiente dans ses bras. Il est également soulagé quand il voit Madame Spoltore sourire.

M. Benharroch a donné de simples fleurs à cette patiente; en retour, il reçoit une étreinte, mais son geste lui a surtout permis de mieux comprendre que les larmes peuvent également exprimer la joie.

Cette expérience est précisément la raison pour laquelle les visiteurs du Cercle de l’amitié de Montréal viennent régulièrement à l’HGJ. Les fleurs qu’ils offrent font sourire les patients (et les membres du personnel), suscitent la bonne humeur et allègent la routine, mais elles permettent également aux visiteurs de aident à réaliser qu’outre les conseils et l’appui qu’ils reçoivent fréquemment, ils peuvent se dévouer à titre de bénévoles.

Chaim Wenger apporte un bouquet de roses à Isabelle Rouleau.

Chaim Wenger apporte un bouquet de roses à Isabelle Rouleau.

« Les visiteurs tirent une immense satisfaction de cette possibilité de distraire et d’égayer la vie des patients », de dire le rabbin Barak Hetsroni, l’aumônier de l’HGJ, qui collabore depuis l’automne avec le rabbin Boruch Edelkopf, le directeur des Opérations de l’organisme sans but lucratif Cercle de l’amitié, pour organiser régulièrement des visites. « La satisfaction se lit dans les yeux de chaque bénévole de l’HGJ, mais je vois beaucoup plus dans les yeux des membres de ce groupe ».

Le rabbin Hetsroni explique que ces visiteurs sont atteints de différentes déficiences physiques ou développementales, qu’il s’agisse de cécité, d’autisme, de troubles neurologiques ou de trisomie 21 (syndrome de Down). Toutefois, ils possèdent également une sensibilité particulière qui les motive à vouloir soulager la douleur ou l’inconfort qu’ils sentent chez les autres.

En ce dimanche après-midi ensoleillé de la fin mai, environ 14 visiteurs, âgés de la mi-adolescence au début de la vingtaine, sont réunis dans l’entrée du pavillon K, après avoir marché des locaux du Cercle de l’amitié, situé à l’ange de l’avenue Bourret et de la rue Lavoie.

Le rabbin Rodal, adjoint du directeur général du Cercle de l’amitié, répartit les visiteurs en deux groupes supervisés qui consacreront environ une heure à aller dans les chambres des différents étages du pavillon K.

Habituellement, le superviseur s’assure d’abord que le patient accepte de recevoir une visite. Le cas échéant, un ou parfois deux membres du groupe rencontrent le patient, lui offrent un bouquet de roses et lui présentent leurs vœux de prompt rétablissement.

Shaun Benharroch place les roses de Nicoleta Stoian dans un ‘vase’.

Shaun Benharroch place les roses de Nicoleta Stoian dans un ‘vase’.

Aujourd’hui, Chaim Wenger, âgé de 16 ans, s’est assuré d’enfiler une blouse protectrice jaune avant de pénétrer dans la chambre d’un patient dont la maladie exige que cette précaution soit prise.

Au neuvième étage du pavillon K, les visiteurs offrent une rose à chacune des infirmières Vanessa Vincent, Samantha McCullough et Felicia Hua qui étaient en pause au moment de la visite. Surprises et reconnaissantes, elles remercient le jeune homme, et Madame McCullough souligne que « les visiteurs égaient la journée des patients, mais c’est formidable qu’ils pensent aussi à nous.

« Et, pourquoi les infirmières ne recevraient-elles pas des fleurs elles aussi? », dit le rabbin Rabbi Rodal. « Elles travaillent tellement, et quand elles sont heureuses, ce sentiment de bonheur est transféré à leurs patients. »

« Ce type d’expérience sensibilise nos jeunes à la réalité que d’autres personnes ont moins de chance qu’eux », ajoute Sima Paris qui a cofondé le Cercle de l’amitié en 2003, avec son mari Joseph Paris, afin d’aider les personnes qui ont des besoins spéciaux à saisir des occasions de contribuer activement à la société.

« Ils prennent conscience que nous avons tous besoin d’amour, peu importe qui nous sommes, notre aspect physique ou notre origine. Nous promouvons l’inclusion et encourageons les actes de bonté et d’altruisme parce que nous avons tous besoin de partager nos sentiments avec les autres. »

Les visites à l’HGJ étayent également la philosophie du Cercle de l’amitié, selon laquelle « chaque enfant qui a des besoins particuliers possède un talent particulier », ajoute Madame Paris, « il peut y avoir des points faibles, mais il ne fait aucun doute que leur talent est là pour être dévoilé et célébré. »

Previous article

De nos archives: L’Institut Lady Davis est inauguré à l’HGJ en 1969

Next article

De nos archives: L’Obstétrique suit le rythme

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *