Conseils santéOctobre 2019

Ce qu’il faut savoir avant de se rouler un joint

Photo © Bob Doran

 

Depuis la légalisation du cannabis au Canada en octobre 2018, les magasins de la SQDC se retrouvent avec de longues files de clients souriants devant leurs portes, désireux d’essayer leurs nombreux produits. Or, qu’il s’agisse de l’inhaler, de l’ingérer ou de le vaporiser, le cannabis doit être consommé avec précaution.

En effet, le cannabis peut mener à des troubles de consommation de substances, et les risques sont plus élevés pour certaines personnes, explique Anita Cugliandro, coordinatrice à la Direction des programmes de santé mentale et dépendances du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Les études démontrent que la consommation de cannabis peut avoir des effets négatifs sur le développement du cerveau. Comme le cerveau continue de se développer jusqu’à l’âge de 25 ans, les adolescents et les jeunes adultes courent des risques accrus s’ils font usage du cannabis à ce stade de leur vie.

Toutefois, Mme Cugliandro souligne que les risques qu’un usager développe un problème de toxicomanie dépendent du contexte. Les facteurs de risque à prendre en compte sont, entre autres, l’âge de consommation initial, la fréquence de consommation et les antécédents en matière de santé mentale.

« Certes, il est préférable que les adolescents évitent le plus possible d’en consommer, de dire Mme Cugliandro. Mais, s’ils en ont consommé, il importe de connaître le contexte : s’agissait-il de l’essayer une seule fois? En fumaient-ils tous les jours? Une fois par mois? »

En fait, la majorité des adolescents ne deviendront pas des fumeurs à vie et ne développeront pas de troubles d’utilisation de substances, dit-elle. Toutefois, ils devraient éliminer carrément le cannabis s’il y a des antécédents de troubles psychotiques dans leur famille.

« Plus la consommation commence à un jeune âge, plus les risques augmentent, poursuit Mme Cugliandro. Nous constatons de grandes différences entre une personne qui a commencé à en consommer à 13 ans et une qui a commencé à 16 ans ». Au Québec, plus de 80 pour cent des adolescents ont fait usage du cannabis au moins une fois.

« Plus la consommation commence à un jeune âge, plus les risques augmentent. Nous constatons de grandes différences entre une personne qui a commencé à en consommer à 13 ans et une qui a commencé à 16 ans ».

Ce ne sont pas que les milléniaux qui sont attirés par la substance. Selon Mme Cugliandro, plus de personnes âgées veulent essayer le cannabis, surtout pour gérer la douleur ou faciliter le sommeil. Bien que le cannabis puisse être efficace dans ces deux situations, les consommateurs éventuels devraient d’abord consulter leur médecin pour s’assurer que la substance n’interférera pas avec d’autres médicaments.

Par ailleurs, le deuxième anniversaire de la légalisation de la marijuana annonce l’arrivée sur les tablettes de produits comestibles au cannabis. Comme ils sont ingérés et non inhalés, ces produits sont plus sûrs, mais cela ne veut pas dire qu’on peut consommer une assiette de brownies au cannabis en une seule traite, prévient Mme Cugliandro.

« Lorsque le cannabis est ingéré, les effets psychoactifs peuvent être retardés, alors il faut être patient, dit-elle. Le cannabis inhalé agit immédiatement tandis qu’un produit comestible au cannabis peut prendre jusqu’à une demi-heure pour faire effet. »

Si vous pensez essayer le cannabis pour la première fois, quel que soit le produit, les conseils de Mme Cugliandro sont clairs : choisissez un lieu sûr et confortable et une personne de confiance pour vous accompagner, au cas où la drogue produirait des effets indésirables.

« Tout comme certains types d’alcool (la vodka ou la bière par exemple) peuvent provoquer de mauvaises réactions, chacune des centaines de souches de cannabis peut causer des effets différents », explique Mme Cugliandro.

Dans la plupart des cas, un “bad trip” au cannabis — ou réaction négative — se caractérise par de l’angoisse, de l’anxiété et parfois, des palpitations ou des hallucinations. En présence de n’importe lequel de ces effets secondaires, il est mieux d’arrêter d’utiliser la substance. L’humeur de l’usager peut également influer sur sa réaction à la substance. Par exemple, si vous vivez un stress important, vous pourriez faire un bad trip.

« J’invite toujours les gens à se rendre à leur SQDC local, souligne Mme Cugliandro, pour profiter des conseils des professionnels sur les effets précis qu’ils recherchent. »

Si vous avez des préoccupations concernant l’usage du cannabis, Mme Cugliandro vous recommande de consulter votre médecin ou de passer voir un intervenant en toxicomanie, dont plusieurs travaillent au sein des Services de première ligne du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Pour en savoir plus sur le cannabis, visitez le site Web du Centre canadien sur les dépendances et l’usage de substances.

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