La recherche à l'Institut Lady DavisMai 2019

Certaines anomalies développementales du cerveau offrent des indices expliquant la schizophrénie

Selon une étude effectuée par l’un des chercheurs chefs de file de l’Institut Lady Davis, une région sous-développée du cerveau chez les personnes souffrant de schizophrénie est la première signature anatomique précise de cette maladie.

En effet, le résultat des recherches du Dr Hyman Schipper, publié dans la revue The Neuroscientist, indique que le gyrus denté, une région du cerveau connue sous le nom d’hippocampe, est visiblement sous-développé chez les personnes atteintes de schizophrénie. Ces recherches, menées auprès des humains et des souris, sont fondées sur un examen approfondi de l’hippocampe.

Le Dr Schipper allègue que si les caractéristiques d’immaturité de cette région du cerveau persistent jusqu’à l’âge adulte, elles pourraient être la cause de la maladie. Habituellement, la schizophrénie se manifeste dans la vingtaine chez les hommes et dans la vingtaine ou la trentaine chez les femmes.

Selon le Dr Schipper, « ces anomalies expliqueraient plusieurs des principaux symptômes de la schizophrénie puisque le gyrus denté est associé à la capacité du cerveau de séparer et de traiter les stimulations sensorielles et de faire la distinction entre la réalité et les hallucinations ».

Les anomalies moléculaires et électros physiologiques au sein du gyrus denté ont déjà été identifiées chez les patients schizophréniques, mais, jusqu’à maintenant, personne n’avait décrit une anomalie anatomique précise.

« Comme jusqu’à l’adolescence le gyrus denté est normal d’un point de vue anatomique, chez les personnes souffrant de schizophrénie et dans les modèles de la maladie chez les animaux, il semble que l’arrêt précoce du développement au sein de cette structure du cerveau peu de temps après l’adolescence, pourrait être la cause de l’émergence des symptômes psychotiques », précise le Dr Schipper.

Puisqu’il n’existe aucun biomarqueur validé pour diagnostique la schizophrénie, une IRM à haute résolution pourrait permettre de poser un diagnostic fondé sur l’architecture du gyrus denté. Cet examen serait plus efficace et précis que la pratique actuelle qui consiste à effectuer une évaluation (psychiatrique) clinique de la personne pendant un épisode de psychose.

Les traitements médicamenteux, dont l’efficacité pour prévenir l’arrêt de la maturité du gyrus denté a été prouvée dans les modèles de la maladie chez les animaux, pourraient faire l’objet de tests chez les humains présentant un risque de schizophrénie. Ces traitements offriraient une occasion sans précédent d’influer sur la pathogenèse de la maladie plutôt que simplement sur les symptômes de cette dernière.

Ayda Tavitian, candidate au doctorat, qui travaille au sein du laboratoire du Dr Schipper a été la première à déceler l’immaturité de la morphologie hippocampique, ce qui lui a mérité la bourse Étoile du PIN, du Programme intégré de neurosciences de l’Université McGill pour son travail publié dans l’article dans la revue The Neuroscientist.

Previous article

De nos archives: Nomination à l’HGJ du premier représentant des patients au Canada

Next article

De nos archives: Brochure promotionnelle de l’École de sciences infirmières de l’HGJ

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *