Articles vedettesSeptembre 2019

Les ordonnances électroniques assurent une transmission plus rapide et plus sécurisée des médicaments

L’HGJ en avance sur d’autres hôpitaux comparables au Québec

Les patients hospitalisés à l’HGJ reçoivent leurs médicaments d’ordonnance plus rapidement que jamais grâce à un système d’ordonnance électronique plus étendu ici que dans tout autre établissement de soins de santé au Québec comptant une population de patients comparable.

Bien que les services pharmaceutiques dans un grand nombre d’hôpitaux (y compris l’HGJ) soient passés au numérique il y a plusieurs années, l’HGJ les a dépassés en adoptant des ordonnances informatisées que les médecins, infirmiers, pharmaciens et nutritionnistes peuvent remplir sur des terminaux d’ordinateurs – et parfois des appareils mobiles – installés dans l’ensemble de l’Hôpital.

Dans l’entrepôt des médicaments de l’Unité de soins intensifs cardiovasculaires, la pharmacienne Helen Mantzanis (à droite) discute des propriétés d’un médicament avec Keli Orjuela, infirmière clinicienne.

Dans l’entrepôt des médicaments de l’Unité de soins intensifs cardiovasculaires, la pharmacienne Helen Mantzanis (à droite) discute des propriétés d’un médicament avec Keli Orjuela, infirmière clinicienne.

Ce système permet aux prescripteurs de vérifier le profil pharmaceutique complet du patient avant de délivrer l’ordonnance pour s’assurer que le médicament et la dose à prescrire sont appropriés. Avec la technologie numérique, cette vérification peut se faire dans une unité de soins ou dans tout autre lieu à l’intérieur ou à l’extérieur de l’Hôpital.

Ce nouveau processus optimise le temps du personnel médical, le médecin n’étant plus obligé de retourner à l’unité de soins, de consulter le dossier du patient et de rédiger ensuite une ordonnance papier, qui par ailleurs présente des risques d’erreur.

De plus, les médecins qui roulent la station de travail mobile au chevet de leurs patients pour leur prescrire leurs médicaments gagnent du temps précieux.

« C’est ce système qui nous démarque et maintenant, nous le pilotons pour le reste de la province, explique Eva Cohen, pharmacienne en chef au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Selon Mme Cohen, le système numérique, appelé GESPHARxLite, a été implanté par une équipe composée de représentants des Services professionnels, du Service pharmaceutique, des Soins infirmiers, des TI et du corps médical.

Les composantes du système, soit l’ordonnance électronique et la feuille d’administration de médicament électronique, facilitent la prescription d’ordonnances informatisées et l’accès aux dossiers médicaux des patients.

De plus, des ensembles de modèles d’ordonnances (ou protocoles) ont été créés pour normaliser et faciliter le processus de prescription et ajouter un niveau de sécurité dans les soins du patient.

« Cette technologie numérique facilite la prescription des médicaments et met à la disposition des professionnels des informations complètes et disponibles instantanément. Il améliore la communication et réduit le risque d’erreur. »

L’époque où il fallait attendre que le technicien en pharmacie vienne chercher l’ordonnance pour la rapporter au service pharmaceutique afin qu’elle soit remplie est désormais révolue. « Aujourd’hui, nous pouvons voir instantanément l’ordonnance sur nos écrans », dit Mme Cohen.

« Le délai entre l’étape de saisie de l’ordonnance et l’étape de validation est de moins de deux heures. Les suggestions, recommandations et autres ajustements relatifs aux médicaments sont également communiqués électroniquement au prescripteur. »

Le personnel infirmier, auparavant tenu de transcrire manuellement toutes les ordonnances dans un registre d’administration des médicaments (un carnet répertoriant quand administrer les médicaments et à qui) a maintenant immédiatement accès au dossier électronique du patient dès que le médicament est prescrit.

Non seulement ce nouveau processus fait-il gagner du temps, mais il élimine aussi les erreurs de transcription éventuelles et actualise en temps réel les médicaments à administrer.

Initialement lancé en novembre 2015, en mai 2019, le système était déjà déployé dans 96 pour cent des unités de soins internes, incluant les services de cardiologie, de soins intensifs, de médecine interne, de chirurgie, de neurologie et de soins palliatifs. La néonatalogie est la dernière unité d’hospitalisation qui sera reliée au système plus tard cette année.

Par ailleurs, il est prévu d’implanter l’ordonnance électronique dans les unités de consultation externe, dont le Service d’urgence, le centre d’hémodialyse, la clinique de radio-oncologie, l’unité d’examen chirurgical préopératoire, la clinique d’endoscopie et l’Hôpital de médecine de jour. L’ensemble du réseau du CIUSSS devrait éventuellement adopter ce nouveau système.

Actuellement, 62 pour cent de toutes les ordonnances de l’HGJ, cliniques internes et externes confondues, sont saisies électroniquement. Selon un sondage mené en août 2018 auprès de 218 membres du personnel de l’HGJ, 93 pour cent du personnel infirmier, 91 pour cent des médecins et 95 pour cent des pharmaciens ont dit, selon leur expérience, « préférer le système d’ordonnance électronique en comparaison aux ordonnances manuelles », a dit Mme Cohen.

Parmi les autres avantages relevés par Mme Cohen, soulignons les suivants :

  • Les allergies, qui sont indiquées aux prescripteurs lorsque l’ordonnance est émise, sont désormais précisées dans 99 pour cent des dossiers électroniques en comparaison de 36 pour cent dans le système papier.
  • L’élimination des ordonnances manuscrites réduit considérablement le risque de mal lire les directives.
  • Les abréviations dangereuses couramment utilisées dans les ordonnances manuscrites ont été éliminées. Par exemple, mal écrite, la dose « 4u » (4 unités) pourrait dangereusement ressembler à « 40 » (40 unités).
  • Les professionnels ont rapidement accès à l’information dont ils ont besoin, notamment l’information sur l’administration du médicament (c’est-à-dire, si le médicament a été administré et, le cas échéant, quand, où et par qui).

Le bilan comparatif des médicaments, soit le processus visant à s’assurer que des renseignements précis et exhaustifs sur les médicaments sont systématiquement communiqués à travers les interfaces de soins, passera également au numérique. En effet, bientôt, un module électronique fournira aux professionnels de la santé l’information sur les médicaments qu’un patient prenait à la maison et sur ceux prescrits pendant son hospitalisation.

Les professionnels seront ainsi en mesure de prescrire des médicaments aux patients lorsqu’ils quittent l’hôpital en sachant que les professionnels de la santé qui les verront par la suite seront informés des changements apportés à leurs médicaments pendant leur séjour à l’hôpital.

« En somme, dit Mme Cohen, cette technologie numérique facilite la prescription des médicaments et met à la disposition des professionnels des informations complètes et disponibles instantanément. Il améliore également la communication dans tous les points d’intervention et réduit le risque d’erreur. »

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