Janvier 2019La recherche à l'Institut Lady Davis

L’HGJ assume un plus grand rôle dans la recherche dentaire

Trouver la racine de la douleur aiguë de la mâchoire

Une recherche en cours à l’Hôpital général juif (HGJ) vise à mieux comprendre le trouble de l’articulation temporo-mandibulaire (ATM), dysfonction entraînant une douleur aiguë des deux côtés des os de la mâchoire, classée deuxième après les maux de dos comme source de douleur chronique.

La participation de l’Hôpital à cette étude souligne le lien de plus en plus évident entre la recherche dentaire et la recherche médicale en général, ainsi que l’engagement croissant de l’HGJ dans la recherche dentaire.

C’est la docteure Ana M. Velly, chercheuse à l’Institut Lady Davis (ILD), qui dirige, aux côtés d’autres chercheurs, l’étude sur les causes et facteurs de risque associés au trouble de l’ATM.

Professeure adjointe à la Faculté de dentisterie de l’Université McGill, la docteure Velly est aussi membre associé du Centre d’épidémiologie clinique et de recherche en santé publique à l’ILD.

« Le trouble de l’ATM est particulièrement préoccupant », de dire le docteur Mervyn Gornitsky, directeur de la recherche et chef émérite du Service de dentisterie de l’HGJ, exerçant à l’Hôpital depuis plus de 60 ans, « car la manifestation physique, soit la crispation des muscles, peut être accompagnée par un élément psychologique provoqué par le stress. »

Deux projets se penchent actuellement sur ce problème. Le premier vise à cerner les causes, à évaluer les facteurs de risque sous-jacents et à déterminer les biomarqueurs salivaires observables chez les patients souffrant du trouble de l’ATM.

Le second étudie les facteurs de risque en lien avec l’adhésion des patients au traitement.

Financement de la recherche dentaire

Les projets de recherche du Service de dentisterie de l’HGJ reçoivent actuellement des subventions de plus de 500 000 $ des Instituts de recherche en santé du Canada, les National Institutes of Health in the United States, Parkinson Canada, MITACS Canada, le Fonds du sénateur Leo Kolber pour la recherche sur le biomarqueur de la maladie de Parkinson et la Fondation de la Dre Mireille et Murray Steinberg.

« Notre but est de comprendre les mécanismes qui pourraient expliquer comment la douleur aiguë se transforme en douleur chronique », explique la docteure Velly, dont les travaux de recherche portent sur la douleur plus globalement.

« Il s’agit d’un problème important qui touche des patients souffrant de problèmes de santé de tous genres. Par exemple, nous évaluons si l’état de santé initial, les facteurs psychologiques, les caractéristiques du cancer et les biomarqueurs salivaires chez des patientes atteintes d’un cancer du sein permettent de déterminer si elles souffriront de douleur post-chirurgicale aiguë et chronique. »

« La douleur est particulière en ce sens que la réaction physique s’accompagne également de facteurs psychologiques et génétiques. Certaines personnes sont plus sensibles à la douleur que d’autres. »

Deux des projets pilotés par la docteure Velly, et financés par des subventions d’exploitation des ICRS, s’intéressent aux facteurs de risque entre les opioïdes et le cancer : un s’attache à l’incidence du cancer et l’autre, à sa récidive. De plus, une troisième étude clinique randomisée financée par les ICRS porte sur la gestion de la douleur après une chirurgie arthroscopique de l’épaule.

Utiliser la salive pour résoudre des mystères médicaux

Hébergeant la plus importante biobanque de salive au Canada, l’HGJ joue un rôle de taille dans une vaste étude multi-sites s’intéressant aux manifestations orales de la sclérodermie et à leurs effets sur la qualité de vie.

Cette participation de l’HGJ souligne l’importance croissante de l’utilisation de la salive dans l’analyse de biomarqueurs pour déceler les maladies ou infections, ainsi que le lien solide qui existe entre la recherche dentaire et la recherche médicale en général.

Financée par les Instituts de recherche en santé du Canada (ICRS), l’étude terminée dernièrement avec la participation du docteur Murray Baron, chef du Service de rhumatologie à l’HGJ, portait sur les aspects de la sclérodermie, maladie auto-immune caractérisée par le durcissement du tissu conjonctif et pouvant provoquer des lésions de la peau, des vaisseaux sanguins, muscles et organes internes.

Cette étude a utilisé la biobanque de salive de l’HGJ, qui contient des échantillons de plus de 2 500 patients de tous âges souffrant de divers problèmes de santé et comorbidités. La biobanque est dirigée par le docteur Gornitsky et le docteur Hyman Schipper, neurologue et chercheur principal à l’ILD.

« Plus facile à prélever que le sang et l’urine, la salive peut être une excellente réserve de biomarqueurs. On peut en obtenir aussi souvent que nécessaire. »

Les échantillons de salive peuvent être d’une grande aide pour déceler les biomarqueurs, données biologiques qui révèlent la présence d’une foule de problèmes de santé, incluant le cancer, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, le diabète, la douleur chronique et la sclérodermie.

« Plus facile à prélever que le sang et l’urine, la salive peut être une excellente réserve de biomarqueurs, explique le docteur Gornitsky. On peut en obtenir aussi souvent que nécessaire – il suffit de demander au patient de cracher dans un verre. »

Le docteur Melvin Schwartz, chef du Service de dentisterie, note que l’HGJ fait partie des quelques hôpitaux au Canada où le service de dentisterie a conservé son programme de recherche clinique.

« Notre mission correspond à la mission d’ensemble de l’Hôpital, poursuit-il, à savoir de fournir des soins de grande qualité au patient, de former les médecins en herbe et de faire avancer les activités de recherche. »

En plus de gérer la biobanque de salive, le docteur Schipper examine les échantillons de salive pour déceler les biomarqueurs du stress oxydatif, soupçonné d’être impliqué dans la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.

« Nous avons observé des changements dans certaines protéines et enzymes de la salive de patients atteints d’une maladie neuro-dégénérative, explique-t-il. Certains indices portent à croire que la salive pourrait nous aider à poser un diagnostic dès le début de la maladie. Nous pourrions ainsi établir un traitement sur mesure, selon les besoins du patient, et possiblement ralentir la progression de la maladie afin de permettre au patient de jouir d’une meilleure qualité de vie plus longtemps. »

La collaboration entre les docteurs Schipper et Gornitsky, qui dure depuis plus de 10 ans, a été fructueuse. Ensemble, ils ont publié neuf articles importants, supervisé huit étudiants et gagné trois prix Hinman pour la meilleure présentation par affiche pendant la journée de recherche organisée par la Faculté de dentisterie de l’Université Mcgill. Ils ont également fondé HemOX Biotechnologies, entreprise visant à appuyer le développement et la commercialisation du biomarqueur salivaire HO1 comme outil de diagnostic.

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