Août 2019Nouvelles

L’HGJ est le premier au Québec à offrir une nouvelle sorte de chirurgie mini-invasive de la colonne vertébrale

L’endoscopie vertébrale favorise le rétablissement plus rapide du patient et évite l’endommagement des tissus 

Quand elle a senti sa jambe droite céder, Jennifer Orr a immédiatement compris que la situation était grave.

Habituée à soulever de l’équipement lourd, elle ressentait des pincements de douleur au dos, mais elle pensait qu’il s’agissait d’une irritation des tendons et des ligaments, problème qu’elle avait déjà vécu dans le passé.

Jennifer Orr a vu son mal de dos grandement diminué depuis son endoscopie vertébrale, effectuée le 20 juin à l’HGJ.

Jennifer Orr a vu son mal de dos grandement diminué depuis son endoscopie vertébrale, effectuée le 20 juin à l’HGJ.

Puis sa jambe droite s’est soudainement engourdie.

Comme Mme Orr l’a appris plus tard, la cause de cette douleur était une hernie discale lombaire. Cette rupture du cartilage d’un des disques intervertébraux provoque le glissement du noyau pulpeux vers l’extérieur, ce qui exerce une pression sur les racines nerveuses près du disque hernié et cause de la douleur au dos et à la jambe.

Normalement, les chirurgiens auraient pratiqué une longue incision dans le dos, écarté les muscles de leur attache vertébrale et possiblement, retiré du tissu sain pour avoir accès au canal rachidien.

Or, lorsque le Dr Jeff Golan, chef du Service de neurochirurgie de l’HGJ, a opéré Mme Orr, le 20 juin, celle-ci est devenue l’une des premières patientes au Canada à subir une nouvelle sorte de chirurgie mini-invasive appelée endoscopie vertébrale.

Grâce à cette intervention, Mme Orr a pu marcher une heure après son opération, rentrer à la maison le même jour et reprendre presque toutes ses activités deux semaines plus tard, incluant des tâches moins difficiles au travail.

Instrument servant à l’endoscopie vertébrale. En haut, à droite, un petit outil chirurgical introduit dans un tube étroit en métal ressort en bas, à gauche. En dessous, dans une image agrandie du bout du tube, l’ouverture la plus large montre d’où ressort l’outil chirurgical. Deux autres canaux irriguent la zone d’intervention et drainent l’eau. Le tube est également muni d’un système d’éclairage couplé à une microcaméra qui transmet sur écran la surface chirurgicale.

Instrument servant à l’endoscopie vertébrale. En haut, à droite, un petit outil chirurgical introduit dans un tube étroit en métal ressort en bas, à gauche. En dessous, dans une image agrandie du bout du tube, l’ouverture la plus large montre d’où ressort l’outil chirurgical. Deux autres canaux irriguent la zone d’intervention et drainent l’eau. Le tube est également muni d’un système d’éclairage couplé à une microcaméra qui transmet sur écran la surface chirurgicale.

« Je suis très emballé et ravi de cette intervention », dit le Dr Golan, qui a suivi une formation intensive sur les outils servant pour ce type de chirurgie, outils plus largement utilisés en Europe et seulement dans quelques centres médicaux aux États-Unis.

« Nous avons enfin une technologie qui manquait depuis longtemps au Canada », ajoute-t-il, précisant que l’HGJ est le premier hôpital au Québec à offrir ce genre de chirurgie. « Nos patients qui ont besoin de ce type d’intervention n’auront désormais plus à se déplacer ailleurs pour bénéficier de l’opération la moins invasive disponible actuellement. »

Selon le Dr Golan, cette opération est également idéale pour traiter la sténose du canal rachidien (compression des racines nerveuses qui provoque des douleurs et des troubles des membres inférieurs), la sciatique et certains maux de dos.

En ce qui concerne Mme Orr, son disque hernié aurait pu être causé – ou du moins aggravé – par son travail, qui consiste à installer de l’équipement de diagnostic et de radiographie dans des cliniques vétérinaires. En effet, elle est régulièrement appelée à soulever des objets lourds, pesant parfois jusqu’à 27 kilos (60 livres), et à parcourir en voiture près de 1 000 kilomètres par semaine pour voir ses clients dans la région d’Ottawa.

Après cet épisode d’engourdissement de sa jambe droite, Mme Orr a subi une IRM à l’HGJ en avril, dont les résultats ont confirmé le diagnostic. En mai, elle a été dirigée au Dr Golan, qui lui a d’abord expliqué les traitements conventionnels puis lui a parlé de la nouvelle intervention.

« Dès que j’ai entendu le terme ‘endoscopie’, j’ai dit ‘Oui!’, se souvient-elle, parce que je sais que le rétablissement peut être plus rapide et facile ». Le Dr Golan lui a également suggéré de regarder une vidéo sur YouTube pour être certaine qu’elle voulait bien d’une endoscopie vertébrale. Il m’a dit, « tu peux y penser si tu veux », « mais moi, j’ai répondu, ça me va, et j’ai signé ».

Image vidéo agrandie de l’outil chirurgical que le Dr Jeff Golan manipule pour travailler sur le tissu rachidien.

Image vidéo agrandie de l’outil chirurgical que le Dr Jeff Golan manipule pour travailler sur le tissu rachidien.

Vers la mi-juillet, Mme Orr ressentait les effets secondaires normaux d’une endoscopie vertébrale, soit, à l’occasion, une légère douleur au dos et autour de la région de l’incision, qui était de la taille d’un pouce. Mme Orr avait déjà repris le travail – en respectant les directives du médecin de limiter ses déplacements en voiture et de ne pas soulever de charges de plus de 4 kilos et demi (10 livres) — et elle avait déjà effectué une de ses randonnées de deux heures qu’elle affectionne tant.

Pour opérer Mme Orr, le Dr Golan a pratiqué une petite incision cutanée, puis, guidé par les radiographies numériques projetées sur un grand écran, a délicatement poussé une longue canule chirurgicale (aiguille creuse) dans l’ouverture jusqu’à ce qu’elle atteigne le site du disque hernié. La canule a servi de guide pour introduire doucement un tube en métal de 8 millimètres (1/4 de pouce) de diamètre qui a suivi la voie tracée par la canule vers la région lésée.

Le tube contient quatre canaux : un permettant à des mini instruments d’atteindre le champ d’opération, un autre pour irriguer la région avec de l’eau, un troisième pour drainer l’eau et un quatrième contenant un système d’éclairage couplé à une caméra à fibres optiques montrant au Dr Golan et à son équipe le déroulement des actes chirurgicaux.

L’équipe de chirurgie (de la gauche) : Dr Jeff Golan, chef du Service de neurochirurgie de l’HGJ; Marc Joannette, instrumentiste des outils endoscopiques; et Athena Baum, infirmière et chef d’équipe en Neurochirurgie.

L’équipe de chirurgie (de la gauche) : Dr Jeff Golan, chef du Service de neurochirurgie de l’HGJ; Marc Joannette, instrumentiste des outils endoscopiques; et Athena Baum, infirmière et chef d’équipe en Neurochirurgie.

Une vidéo en temps réel du champ d’opération était projetée sur un grand écran dans la salle d’opération et deux plus petits écrans affichaient les images radiographiques disponibles instantanément.

L’outil chirurgical utilisé par le Dr Golan – qui fait partie de la nouvelle génération d’instruments conçus pour les chirurgies moins invasives – est d’importance capitale, car il permet d’ouvrir le seul passage requis dans le corps pour pratiquer l’intervention. Dans les chirurgies endoscopiques thoraciques ou de l’estomac plus courantes, il faut trois ou quatre incisions pour introduire les instruments et la caméra vidéo.

Selon le Dr Golan, bien que les patients bénéficient le plus de cette intervention, les chirurgiens la trouvent également avantageuse, malgré la courbe d’apprentissage difficile. En effet, au lieu de devoir opérer la tête baissée et d’observer le champ d’opération à travers un grand microscope encombrant, ils peuvent désormais observer l’acte opératoire projeté sur des écrans sans avoir à se pencher.

Le nombre de patients qui pourront bénéficier d’une endoscopie vertébrale dépendra de la demande, de dire le Dr Golan, mais il pense que l’HGJ peut traiter de 100 à 200 patients par année.

« Les patients continueront à constater les avantages de ce type de chirurgie bien des années plus tard, affirme-t-il, parce qu’il est probable qu’elle provoque moins de détérioration. Comme le tissu sain original n’est pratiquement pas touché, nous pensons que les patients n’éprouveront pas de douleur bien longtemps après. »

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