NouvellesNovembre 2019

Optimiser le confort des personnes en stade avancé de démence

Équilibre requis entre confort et prolongation de vie

Dre Susan Mitchell invitée de marque de la Conférence Goldie Raymer Memorial de 2019.

Dre Susan Mitchell invitée de marque de la Conférence Goldie Raymer Memorial de 2019.

Éviter d’hospitaliser les personnes en stade avancé de démence, de les nourrir à l’aide d’une sonde, de les soumettre à des analyses ou de traiter leurs infections bactériennes, voilà les conseils prodigués par une spécialiste en gériatrie des États-Unis devant un auditoire réuni à l’HGJ.

Selon la Dre Susan Mitchell, professeure de médecine à la Faculté de médecine de l’Université Harvard, cette approche est en effet préférable pour la famille et les aidants dont le souci principal est d’assurer le confort du patient en fin de vie.

La Dre Mitchell a expliqué que pour certains responsables des décisions au nom de personnes souffrant de démence avancée, prendre des mesures agressives pour prolonger la vie du patient est plus important que son confort.

Or, a-t-elle dit, les patients en stade avancé de démence peuvent se sentir traumatisés dans un hôpital. De même, un patient agité peut se blesser en essayant d’enlever sa sonde d’alimentation, et les tests de diagnostic des infections bactériennes peuvent être extrêmement éprouvants et donner des résultats peu concluants.

L’allocution de la Dre Mitchell s’inscrivait dans le cadre de la Conférence Goldie Raymer Memorial annuelle, organisée par la Division de médecine gériatrique de l’HGJ le 28 octobre à l’amphithéâtre Block.

Cette série de conférences pour le public a été établie par Susan Raymer, à la mémoire de sa mère, Goldie, décédée en 2012, à l’âge de 97 ans. Les Conférences annuelles visent à accroître la sensibilisation au sujet des besoins des personnes âgées pour les aider à prévenir la maladie et leur donner une meilleure qualité de vie pendant leurs dernières années.

Gériatre et chercheuse, directrice des Soins palliatifs au Aging Research Center du Hinda and Arthur Marcus Institute for Aging Research à Boston, la Dre Mitchell a souligné devant l’auditoire réuni à l’HGJ « que la planification des soins est essentielle, car les soins en phase terminale de la maladie en dépendent ».

« Ce que la famille comprend du patient influe grandement sur l’expérience de ce dernier à la fin de sa vie, a-t-elle dit, ajoutant que ceux qui comprennent bien l’état de santé du patient et son pronostic sont moins portés à insister sur des mesures d’acharnement thérapeutique. »

Données sur la démence et la maladie d’Alzheimer

Statistiques fournies par la Dre Susan Mitchell pendant sa conférence à l’HGJ :

  • Nombre de Canadiens actuellement atteints de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence : 600 000;
  • Nombre de Canadiens susceptibles de souffrir de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence en 2030 : près de 1 million;
  • Nombre de personnes dans le monde actuellement atteintes de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence : 50 millions;
  • Nombre de personnes dans le monde susceptibles de souffrir de la maladie d’Alzheimer ou d’une autre forme de démence en 2030 : 80 millions;
  • Proportion de personnes âgées de plus de 65 ans touchée par la maladie d’Alzheimer : 1 sur 5;
  • Proportion de personnes âgées de plus de 85 ans touchée par la maladie d’Alzheimer : 1 sur 3.

Selon elle, bien que l’alimentation manuelle prenne plus de temps que l’alimentation par sonde, elle a l’avantage de permettre au patient de goûter aux aliments et de promouvoir l’interaction sociale. Qui plus est, un grand nombre d’établissements de soins de santé ont reconnu que « l’alimentation artificielle n’a démontré aucun bienfait pour les personnes en stade avancé de démence et qu’elle ne devrait pas être offerte. »

Par ailleurs, bien que des antibiotiques s’imposent dans certaines situations, pour une pneumonie par exemple, ils ne changent pas en général l’espérance de vie du patient, a poursuivi la Dre Mitchell. De plus, les examens en soit — analyse de sang, radiographie pulmonaire, prélèvement d’urine par cathéter — peuvent être une source d’inconfort pour pas grand-chose, a-t-elle ajouté.

Parallèlement, transférer un patient à l’hôpital peut se concevoir lorsqu’il s’agit de traiter des fractures, « mais je ne vois pas d’autres situations où ce transfert augmenterait le confort du patient ».

 

 

Previous article

De nos archives: Une visite du maire Jean Drapeau

Next article

De nos archives: Poumon d’acier pour soigner la poliomyélite

No Comment

Leave a comment

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *