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Taux de dépistage du délirium en hausse à l’HGJ

Des évaluations régulières améliorent le bien-être des patients âgés hospitalisés

À l’HGJ, le taux de dépistage du délirium, effectué auprès des patients hospitalisés âgés de plus de 75 ans, enregistre une augmentation considérable depuis 2017. Cette démarche accroît la probabilité de diagnostiquer d’autres besoins médicaux et de les traiter tout en réduisant de façon notable le risque de déclin fonctionnel ou cognitif de ces patients.

Ce changement reflète les efforts de sensibilisation considérables déployés dans le cadre du programme Approche adaptée à la personne âgée (AAPA) à l’intention des membres du personnel de l’HGJ. Produit par le gouvernement, ce programme vise à améliorer la qualité des soins prodigués aux patients âgés, non seulement en Gériatrie, mais partout où des soins sont prodigués dans l’Hôpital.

Selon l’infirmière Elisabeth Laughrea, coordinatrice de l’AAPA, un audit effectué en février 2019 a révélé que le dépistage du délirium a été effectué auprès de 82 pour cent des patients hospitalisés âgés de plus de 75 ans, comparativement à seulement 10 pour cent en 2017. Madame Laughrea considère qu’il s’agit d’un progrès considérable qui contribue au bien-être des patients et réduit la probabilité d’une institutionnalisation prolongée.

Bien que le délirium soit habituellement détecté chez 30 pour cent des personnes âgées hospitalisées, ce résultat peut parfois atteindre 75 pour cent au sein de l’Unité des soins intensifs et des Unités médicales et chirurgicales, ajoute Madame Laughrea.

Recto et verso d’une fiche utilisée depuis 2019 par les infirmières et les infirmiers pour dépister le délirium chez les personnes âgées hospitalisées.

Recto et verso d’une fiche utilisée depuis 2019 par les infirmières et les infirmiers pour dépister le délirium chez les personnes âgées hospitalisées.

Une personne non avertie pourrait confondre le délirium et la démence, puisque ces deux conditions peuvent parfois être caractérisées par de la confusion, de l’agressivité et de l’agitation.

Toutefois, contrairement à la démence (qui évolue progressivement), le délirium est un état de perturbation aigu de l’esprit, qui peut être déclenché par la déshydratation, une perturbation métabolique, une infection, une immobilisation, une intervention chirurgicale ou un changement d’environnement, de médicament ou du cycle éveil-sommeil.

De plus, contrairement à la démence, chez certains patients le délirium peut engendrer une grande torpeur ou des périodes de sommeil prolongées.

Madame Laughrea explique que, dans certains cas, le délirium peut être le symptôme d’un problème médical sous-jacent, comme une hémorragie ou une infection des voies urinaire. Habituellement quand le problème est traité, le délirium diminue ou disparaît.

Le délirium seul peut même donner lieu à une hospitalisation, en raison des symptômes importants présentés par le patient à la suite d’un transfert du domicile à l’hôpital. Prévenir cette complication chez les personnes âgées et la soigner ont été les éléments clés qui ont donné lieu à l’élaboration des lignes directrices de l’AAPA.

Pour le moment, le dépistage est presque toujours effectué par une infirmière ou un infirmier, mais Madame Laughrea espère élargir le processus pour inclure différents professionnels de la santé, comme les travailleurs sociaux et les physiothérapeutes.

La personne qui effectue le dépistage consulte une fiche MEC (Méthode d’évaluation de la confusion ou CAM – Confusion Assessment Method), où sont résumés les quatre catégories principales de délirium, et des suggestions permettant de déterminer la présence de cet état, soit :

  • inattention : capacité d’attention limitée, difficulté de concentration;
  • changement aigu et fluctuation de l’état mental : changement majeur de l’état mental comparativement à l’état habituel du patient;
  • désorganisation de la pensée : élocution perturbée ou incohérente;
  • altération de l’état de conscience : changement majeur, comparativement à l’état habituel du patient.

Selon Madame Laughrea, l’utilisation de médicament est déconseillée pour soigner le délirium, puisque ces derniers peuvent parfois prolonger cet état. Les médicaments sont administrés seulement devant un risque d’autodestruction.

Les soins prodigués au patient sont adaptés, notamment par le biais de stimulations physiques et cognitives, du retrait de toute ligne intraveineuse et d’autres tubes qui ne sont pas absolument nécessaires, de l’appui à la continuité et à la familiarité en affectant la même infirmière à ce patient, par l’hydratation du patient à l’heure des repas et entre les repas, et en encourageant les membres de la famille à visiter régulièrement le patient et à apporter des objets familiers de son domicile.

Madame Laughrea attribue ce dépistage accru à plusieurs facteurs, notamment à l’appui de Linda Alfonso, infirmière cadre conseil au Service de gériatrie. De plus, à l’automne dernier, les membres de l’équipe d’AAPA ont consacré une semaine entière à sensibiliser au délirium les professionnels de la santé à l’HGJ, et des séances de rappel ont lieu régulièrement. De surcroît, en janvier 2018, la note MEC a été ajoutée au document sur lequel les signes vitaux sont indiqués et affichés dans la chambre du patient.

« En collaborant, nous espérons entraîner un changement considérable dans la vie de nos patients âgés », dit Madame Laughrea, « et nous ne serons pas satisfaits avant de voir le taux de dépistage grimper davantage ».

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