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Une balade avec le meilleur ami de l’homme – et de la femme, des patients et des employés

Un mardi après-midi, Zodiak, un chien de thérapie, déambule dans le corridor principal du pavillon B de l’Hôpital général juif. Aux côtés de sa maîtresse, Véronique Binette, il se dirige vers la Gériatrie pour jouer au souque à la corde avec un patient qu’il voit régulièrement.

Mais rapidement, ses yeux bruns brillants et sa sympathique gueule, grande ouverte, attirent l’attention.

Jessica Napper (à gauche) et Maya Tal, technologues de radiologie du secteur de l’IRM à l’HGJ, prennent une pause pour jouer avec Zodiak.

Jessica Napper (à gauche) et Maya Tal, technologues de radiologie du secteur de l’IRM à l’HGJ, prennent une pause pour jouer avec Zodiak.

« Allo, Zodiak! », s’écrie Éric Lasala, un préposé aux patients, en ouvrant les bras. Alors qu’il se penche pour flatter la fourrure blanche et noire, longue et rugueuse, de ce malamute d’Alaska, le chien remue la queue. Sous la lumière des néons, son pelage brille. « Wow, il est superbe », remarque M. Lasala.

Malgré sa taille assez imposante – son dos arrive juste au-dessus du genou d’une personne de taille moyenne –, Zodiak est calme, et plus susceptible de geindre ou de roucouler que d’aboyer.

Depuis l’été 2018, Zodiak et Mme Binette participent bénévolement au programme de thérapie par les animaux du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, qui permet chaque semaine au personnel et aux patients de flatter et de cajoler des chiens et de jouer avec eux.

Les bienfaits émotifs et physiques des interactions avec les animaux ont été prouvés : elles atténuent entre autres le sentiment d’isolement et d’anxiété et diminuent la pression artérielle.

« Les animaux apportent de la gaieté et de la quiétude, deux sentiments qu’on ne retrouve pas toujours dans un établissement de soins de santé », explique Joanne Laing, chef des Services de Bénévolat, des Loisirs thérapeutiques et des services Pastoraux du CIUSSS.

L’HGJ accueille quatre bénévoles canins : Zodiak, Bentley, Monty et Sergeant Pepper, toujours accompagnés de leur maître respectif, qui se relaient selon leurs disponibilités.

Mme Binette et Zodiak, par exemple, visitent l’hôpital au moins une fois par semaine, la plupart du temps pendant deux heures le mardi. Ils se rendent généralement à la Gériatrie, mais Mme Laing les dirige parfois vers d’autres étages. Les patients et le personnel peuvent également demander la visite d’un chien.

Après 20 minutes de cajoleries dans les couloirs, le chien et sa maîtresse arrivent à la Gériatrie. Mme Binette cogne doucement à la porte des patients et demande la permission d’entrer. Si le patient dort, est fatigué ou n’a pas envie de compagnie, elle passe son chemin. Mais certains ne refusent jamais une visite, comme Richard Auclair, qui loge à l’HGJ depuis plus d’un an.

« Bonjour, Richard, puis-je entrer? », demande Mme Binette. « C’est Vee. Je suis avec Zodiak. » Quelques secondes plus tard, M. Auclair est assis dans son lit, un sourire illuminant son visage.

« Quelle chance que de recevoir la visite d’un aussi beau chien, commente-t-il en flattant Zodiak. Ça me remonte le moral. » Mme Binette lui tend un jouet, dont il tient une extrémité tandis que Zodiak tire doucement l’autre.

Pour être admissible au programme, le bénévole doit être maître d’un chien prédisposé pour ce qu’on appelle la « zoo-animation », soit le recours à un animal, souvent un chien, pour susciter des émotions positives chez les gens à travers l’interaction.

Appel au soutien des visites de Zodiak

Les maîtres qui offrent des services de zoo-animation ou de zoothérapie doivent assurer leur animal contre les blessures ou tout autre problème.

 Puisque cette assurance coûte cher, surtout pour un bénévole, Mme Binette a mis sur pied une page GoFundMe, où elle accepte les dons qui permettront à Zodiak de continuer de faire sourire les personnes qu’il rencontre à l’HGJ.

Nul besoin pour le maître d’être un zoothérapeute formé, qui, par comparaison, établit des objectifs à long terme pour un patient en collaboration avec d’autres professionnels de la santé. Mais dans les deux cas, le chien doit avoir un tempérament calme et doux, et être obéissant et facile à dresser.

« D’entrée de jeu, Zodiak a la personnalité idéale », précise Mme Binette, qui a récemment entrepris d’obtenir une certification de zoothérapeute. « Si j’ai commencé à faire du bénévolat à l’HGJ, c’est entre autres pour gagner en expérience pendant le processus de certification. Ce métier m’a toujours intéressée. »

Layane Duarte, en visite à l’HGJ, s’arrête pour jouer avec Zodiak.

Layane Duarte, en visite à l’HGJ, s’arrête pour jouer avec Zodiak.

Selon Mme Laing, les quatre chiens ont visité presque tous les étages de l’hôpital sauf dans le pavillon K. Elle espère que celui-ci sera un jour ajouté à leur itinéraire. « Le pavillon K accueille une quantité phénoménale de patients, explique-t-elle. Les chiens auraient beaucoup de chemin à parcourir, ce qui pourrait les fatiguer. »

Mais les patients – du pavillon K ou d’ailleurs – peuvent recevoir la visite de leur propre animal de compagnie. Il leur suffit de remplir un formulaire pour confirmer que leur animal a été dûment vacciné et qu’il est en bonne santé.

« Les patients sont tellement nombreux à en faire la demande que nous laissons maintenant ces formulaires aux infirmières dans les unités du pavillon K », précise Mme Laing.

Le programme de thérapie par les animaux est également offert au CHSLD juif Donald Berman et au Centre gériatrique Maimonides Donald Berman. Mme Laing travaille en outre à l’implanter dans d’autres établissements de soins de longue durée.

Que les gens flattent les chiens de thérapie, qu’ils jouent à la balle ou se photographient avec eux ou qu’ils leur donnent des gâteries, le contact avec l’animal les fait toujours sourire.

« Le lien qui unit les patients de l’unité de psychiatrie et les chiens qui leur rendent visite est très spécial », commente Chesley Walsh, coordonnatrice du Programme des bénévoles en partenariat.

« Même le personnel est sous le charme, ajoute Mme Laing. En Gériatrie, chaque semaine les membres du personnel attendent Zodiak en demandant : “Où est-il, où est-il?” Il apaise leur stress et leur offre un moment de répit. »

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