Événements marquantsJuillet 2026

À la mémoire du Dr Apostolos Papageorgiou

Le Dr Papageorgiou a dirigé le Départment de pédiatrie et de néonatologie pendant 47 années d’excellence

Les dirigeants et les membres du personnel de l’Hôpital général juif sont attristé(e)s par le décès, le 1er juillet, du Dr Apostolos Papageorgiou, âgé de 88 ans, médecin spécialiste de renommée mondiale, qui a été le chef du Département de néonatologie de 1974 à 2021, une fonction élargie en 1986 pour inclure la pédiatrie.

Le Dr Papageorgiou s’est fait connaître pour le rôle déterminant qu’il a joué dans la mise au point de traitements permettant de sauver la vie de nombreux bébés prématuré(e)s et présentant un poids très faible à la naissance, qui ont ensuite mené une vie saine et épanouie.

Bon nombre de ces dernier(ère)s, accompagné(e)s de leurs parents, sont revenue(e)s plus tard à l’Hôpital, devenu(e)s enfants plus âgé(e)s ou adolescent(e)s, pour exprimer leur gratitude en personne — des visites qui ont profondément touché et réjoui sincèrement le Dr Papageorgiou.

En 2016, le Dr Apostolos Papageorgiou (au centre, derrière un incubateur) a aidé à superviser le déménagement de l’Unité de soins intensifs néonatals au pavillon K.

En 2016, le Dr Apostolos Papageorgiou (au centre, derrière un incubateur) a aidé à superviser le déménagement de l’Unité de soins intensifs néonatals au pavillon K.

Dans un cas célèbre survenu en 2012, il a aidé à sauver la vie d’une toute petite fille, le plus petit bébé prématuré né au Canada jusqu’alors, qui pesait seulement 375 grammes (environ ⅘ de livre) à la naissance.

De plus, lors d’une entrevue accordée aux Nouvelles HGJ en 2021, peu de temps avant son départ à la retraite, le Dr Papageorgiou a souligné avec fierté qu’il avait fait partie d’équipes ayant sauvé deux autres nourrissons qui pesaient moins de 400 (un peu moins d’une livre) à la naissance.

Le Dr Papageorgiou a mérité les éloges et le respect de ses patient(e)s (lorsqu’ils et elles ont grandi), de leurs parents et des membres du personnel pour sa douceur, son attitude posée et son sens de l’humour vif. Mais, dès qu’un bébé se trouvait en situation critique, il faisait preuve d’une grande concentration et d’une détermination inébranlable.

Le Dr Lajos Kovacs, chef du Département de pédiatrie et de néonatologie, se souvient de sa rencontre avec le Dr Papageorgiou il y a 40 ans lorsqu’il était encore étudiant en médecine. « J’ai immédiatement été captive par son style d’enseignement dynamique et interactif. »

« Il nous poussait à mettre en œuvre les principes de base de la physiologie auprès de ce groupe unique de petits patients, et nous incitait à trouver les réponses à ses questions, même si nous n’avions aucune expérience préalable. »

« Il était profondément passionné par l’enseignement et créait un environnement d’apprentissage extrêmement positif. Aujourd’hui encore, mes propres interactions avec les stagiaires sont largement inspirées de ces premières expériences. »

« Il y a cinq ans, lorsque le Dr Papageorgiou a pris la décision de quitter son poste de chef du Département et que j’ai pris la relève, je lui ai demandé ce que je devais savoir, m’attendant à recevoir un manuel d’instruction détaillé. »

« Sa réponse a été brève : “Tu sais déjà ce qu’il faut faire. Prends soin de cet endroit.” C’est à ce moment-là que j’ai réalisé qu’il me préparait à ce rôle depuis le début, et qu’il me faisait désormais confiance pour perpétuer son héritage. »

En 1973, le Dr Apostolos Papageorgiou pensait que son avenir était tout tracé : après avoir obtenu son diplôme de médecine à la Sorbonne à Paris et suivi une formation en pédiatrie et néonatologie à Montréal, le jeune spécialiste prévoyait de travailler à l’HGJ pendant un an avant de retourner pratiquer en Grèce, son pays natal.

Mais, sa vie a pris une tournure inattendue. En effet, à la fin de l’année, quand l’HGJ l’a invité à devenir chef de la Néonatologie, il a décidé de rester un peu plus longtemps… ensuite quelques années de plus… qui sont devenues des décennies. Et, ce qui avait commencé comme une brève escale est éventuellement devenu la carrière de toute sa vie.

« Quand l’Hôpital m’a demandé de rester, les soins intensifs néonatals étaient en cours de réorganisation partout au Québec, et je voulais aider l’Hôpital général juif à devenir un important centre de soins », explique le Dr Papageorgiou en 2021.

En mémoire du Dr Apostolos Pagageorgiou

Chloé Décarie-Drolet, infirmière-cheffe de l’Unité de soins intensifs néonatals :

« Bâtisseur visionnaire, le Dr Papageorgiou a joué un rôle déterminant dans l’évolution des soins néonatals, tant au sein de l’Hôpital qu’à l’échelle du Québec. »

« Il a contribué à transformer l’Unité, qui est passée de quelques incubateurs à une Unité de soins intensifs néonatals reconnue, et a accompagné sa croissance jusqu’à son installation au pavillon K. Notre Unité, telle que nous la connaissons aujourd’hui, existe en grande partie grâce à sa vision, à son leadership et à sa persévérance ».

« Son engagement envers l’enseignement a également marqué des générations de professionnel(le)s, comme en témoigne la reconnaissance reçue de ses étudiant(e)s et collègues au fil des années ».

« J’ai eu le privilège de travailler à ses côtés et de bénéficier de sa rigueur, de sa grande générosité intellectuelle et de son profond humanisme. Le Dr Papageorgiou laisse derrière lui un héritage exceptionnel qui continuera à guider notre pratique et à inspirer notre engagement auprès des nouveau-nés et de leurs familles ».

À titre de l’un des néonatologistes les plus éminents au monde, le Dr Papageorgiou s’est rendu dans plus de 50 pays et a donné plus de 500 conférences à l’échelle mondiale.

Il faut également souligner que les résultats d’une étude décisive du Dr Papageorgiou, publiée en 1979 dans la prestigieuse revue Pediatrics, ont révélé que l’administration de stéroïdes à une femme enceinte accélérait la maturation des poumons du fœtus ce qui augmentait ses chances de survie.

De même, après la naissance, si le nourrisson prématuré reçoit de l’hydrocortisone (un type de stéroïde), ses poumons se développent plus rapidement, ce qui lui permet de passer moins de temps sous respirateur.

Il s’agit d’un traitement important, puisque des lésions pulmonaires permanentes peuvent se produire si un bébé prématuré est laissé trop longtemps sous respirateur.

Ces réalisations, parmi tant d’autres, ont valu de nombreux prix au fil des décennies au Dr Papageorgiou, notamment le prestigieux premier prix de l’Académie internationale de médecine périnatale, reçu en 2019 lors du Congrès mondial de l’Académie, à Istanbul.

La nomination imminente du Dr Apostolos Papageorgiou (à droite) au poste de chef du Département de pédiatrie et de néonatologie a été annoncée dans le numéro automne-hiver 1985-1986 des Nouvelle HGJ.

La nomination imminente du Dr Apostolos Papageorgiou (à droite) au poste de chef du Département de pédiatrie et de néonatologie a été annoncée dans le numéro automne-hiver 1985-1986 des Nouvelle HGJ.

En 2013, le Dr Papageorgiou a reçu la Médaille du jubilé de diamant de Sa Majesté la reine Elizabeth II, soulignant le 60e anniversaire de l’accession au trône de la reine. Cette médaille reconnaît les citoyens distingués ayant été d’un apport majeur à la société canadienne.

En outre, en 1987, les étudiant(e)s finalistes en médecine à l’Université McGill ont désigné le Dr Papageorgiou comme membre enseignant de la Faculté ayant le plus contribué à leur formation médicale, et ils lui ont décerné le Prix Osler.

En pensant à sa carrière en 2021, le Dr Papageorgiou s’émerveille des changements qu’il a vus à l’HGJ : à son arrivée, l’Unité de soins intensifs néonatals disposait seulement de six incubateurs; maintenant, le département en compte plus de deux douzaines. Il a également participé au relogement du Département dans ses locaux actuels au pavillon K, en 2016.

Le Dr Papageorgiou se souvient aussi qu’au début de sa carrière à l’HGJ, environ 1 600 bébés naissaient à l’Hôpital chaque année. Aujourd’hui, le nombre de naissances se situe autour de 4 000.

« Je n’ai jamais hésité à rester », dit-il « parce que j’étais tellement ravi de voir combien nous progressions ensemble ».

« J’ai toujours reçu un très grand soutien de l’Hôpital, et j’ai pu travailler dans un environnement chaleureux et exceller dans ma spécialité. J’ai bénéficié d’un appui superbe de l’administration et collaboré étroitement avec d’excellents collègues très dévoués. Cela a été, et continue d’être, un plaisir de travailler avec eux ».

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