Articles vedettesSeptembre 2023

Arthroplastie de la hanche et du genou effectuée en mode ambulatoire pour certains patients

Les progrès réalisés dans le domaine de la chirurgie orthopédique permettent aux patients de se rétablir entièrement à leur domicile

Cela semble presque impossible : en juin, quelques heures seulement après avoir subi une arthroplastie totale de la hanche gauche — une intervention chirurgicale majeure — à l’HGJ, Anne Murphy était de retour à son domicile et envisageait avec plaisir de bien dormir dans son propre lit.

Arrivé à Montréal de son domicile de La Conception (près de Mont-Tremblant) ce matin-là en compagnie de sa fille, Madame Murphy avait subi l’intervention chirurgicale, passé quelques heures en salle de réveil à l’Hôpital, et était de retour chez elle à la fin de l’après-midi, après un trajet de retour de plus de deux heures confortablement assise (comme passagère) dans sa voiture.

« Le seul mot qui me vient à l’esprit pour décrire cette journée est ‘incroyable’ », dit Madame Murphy, qui avait déjà commencé à faire quelques petits pas prudents quelques heures après l’intervention chirurgicale. À la mi-août, elle était en bonne voie de retrouver des mouvements normaux, sans effort.

Le Dr David Zukor (à droite), chef de la Division de chirurgie orthopédique, effectue une arthroplastie totale du genou à l’aide d’un bras robotisé (à gauche, enveloppé de plastique) qui le guide pour l’ablation de parties précises de l’os du genou du patient. Il est accompagné du Dr Mohammed Al Hassan, un boursier saoudien qui se spécialise dans les interventions chirurgicales de remplacement d’articulations. (Cliquez sur la photo pour l’agrandir.)

Le Dr David Zukor (à droite), chef de la Division de chirurgie orthopédique, effectue une arthroplastie totale du genou à l’aide d’un bras robotisé (à gauche, enveloppé de plastique) qui le guide pour l’ablation de parties précises de l’os du genou du patient. Il est accompagné du Dr Mohammed Al Hassan, un boursier saoudien qui se spécialise dans les interventions chirurgicales de remplacement d’articulations. (Cliquez sur la photo pour l’agrandir.)

« Ce n’aurait pas été la fin du monde si j’avais dû passer une nuit à l’Hôpital », dit-elle. « Mais, j’étais très soulagée de savoir que je ne devais pas m’absenter de chez moi, même pendant une seule nuit ».

L’opération de Madame Murphy a été effectuée par le Dr David Zukor, chef de la Division de chirurgie orthopédique, qui explique que les membres de cette Division se sont toujours efforcés de réduire au minimum le temps d’hospitalisation des patient(e)s à la suite d’une arthroplastie totale de la hanche ou du genou.

Cependant, l’Équipe de soins de santé a réussi à rendre cette intervention chirurgicale ambulatoire, sans séjour à l’Hôpital, seulement récemment pour certain(e)s patient(e)s. Des essais du nouveau système ont eu lieu en mai, et la première intervention ambulatoire officielle a eu lieu en juin, suivie de 10 autres effectuées entre cette date et la mi-août.

Pour Madame Murphy, cette méthode est considérablement différente de l’arthroplastie de sa hanche gauche, effectuée à l’HGJ en 2021. En effet, à la suite de cette opération, elle avait passé trois nuits à l’Hôpital parce que les médicaments postopératoires avaient provoqué une chute brutale de sa tension artérielle.

Toutefois, elle dit qu’après l’intervention effectuée en juin, l’anesthésie péridurale s’est dissipée rapidement et elle n’a éprouvé aucun effet néfaste. « C’était comme si j’avais été réglée comme une montre suisse! »

Les interventions chirurgicales ambulatoires sont volontaires

Selon le Dr Zukor, les patient(e)s sont libres d’accepter ou de refuser de faire partie du système ambulatoire. Tous et toutes doivent également être en bonne santé — par exemple, les personnes frêles ou très âgées sont exclues — et bénéficier d’un soutien adéquat à leur domicile.

Le nouveau système ambulatoire était l’étape logique suivante à la suite des améliorations que le Dr Zukor avait supervisées au cours des années précédentes au sein d’une Division où environ 600 arthroplasties totales de la hanche et du genou sont effectuées chaque année.

Depuis le début de 2020, l’objectif est de remettre les patient(e)s sur pied et de les faire bouger le plus rapidement possible, idéalement au cours des heures qui suivent l’arthroplastie.

Cette initiative a été lancée par le Dr Zukor et Emanuela Ciarlelli, ancienne infirmière-cheffe de la Division de chirurgie orthopédique (maintenant, infirmière-cheffe des salles d’opération). Ces professionnels étaient soutenus par une équipe de soins comprenant des infirmier(ère)s, des BAP et des physiothérapeutes.

« Cela peut signifier que les patient(e)s font seulement quelques pas, s’assoient dans le fauteuil ou se rendent à la toilette, mais l’état d’esprit est différent et c’est ce qui importe », précise le Dr Zukor. « Nous en étions arrivés à ce que les patient(e)s séjournent à l’Hôpital pendant seulement un ou deux jours ».

Le Dr Zukor a également collaboré avec les anesthésistes, particulièrement avec le Dr Ken Kardash, pour réduire au minimum l’utilisation de certains médicaments pré et postopératoires, notamment la morphine et d’autres opioïdes, pour que les patient(e)s soient mieux en mesure de faire leurs premiers pas beaucoup plus rapidement.

« Comme l’intervention chirurgicale et le congé des patient(e)s ont lieu rapidement au cours de la même journée, il est important que nous restions en contact étroit avec ces personnes »

Dans le cadre du nouveau processus ambulatoire, les infirmier(ère)s encouragent les patient(e)s à commencer à bouger dès que l’anesthésie se dissipe. Pour obtenir leur congé, les patient(e)s doivent marcher une certaine distance, monter un certain nombre de marches d’escalier, digérer correctement la nourriture et être capables d’uriner. 

L’un des éléments clés du processus de rétablissement à domicile est la continuité de soutien fourni par les professionnels du programme Rétablissement@domicile. Le niveau de soins est tout aussi rigoureux que celui que reçoivent les patient(e)s hospitalisé(e)s après une intervention chirurgicale, mais dans ce cas, il se déroule dans l’environnement de leur domicile qui devient une unité de soins virtuelle.

Le soir où les patient(e)s retournent à leur domicile après avoir subi une arthroplastie au cours de la journée, ils et elles reçoivent un appel téléphonique de la part d’un(e) infirmier(ère) qui s’assure que ces personnes se sentent bien, prennent leurs médicaments, se déplacent raisonnablement bien et n’éprouvent aucune douleur inhabituelle.

À ces appels, qui continuent d’avoir lieu régulièrement pendant les trois jours suivants, s’ajoutent des visites en personnes d’un membre du personnel de soins infirmier du CLSC. De plus, les patient(e)s reçoivent un numéro de téléphone qui les met immédiatement en contact avec une infirmière si un problème survient ou pour toute question complémentaire.

« Comme l’intervention chirurgicale et le congé des patient(e)s ont lieu rapidement au cours de la même journée, il est important que nous restions en contact étroit avec ces personnes », explique Julie Valiquette, conseillère-cadre à la pratique professionnelle au sein de la Direction de la réadaptation et des services multidisciplinaires.

« Simplifier le processus présente un avantage certain, mais cela ne change rien au fait que les patient(e)s sont stressé(e)s après une intervention et ont besoin d’être guidé(e)s et soutenu(e)s. »

Julie Savard, infirmière clinicienne coordonnatrice, Programme de récupération améliorée après chirurgie (RAAC), est du même avis et ajoute que le programme Rétablissement@domiciles constitue « un filet de sécurité important. Il réconforte et donne un sentiment de sécurité aux patient(e)s à un moment où ils en ont le plus besoin ».

Madame Valiquette et Madame Savard ont été d’un apport important à la création du parcours postopératoire des patients ambulatoires de la Division de chirurgie orthopédique, et elles ont collaboré étroitement avec Viki Doucette, la cheffe d’Unité de soins virtuels et son équipe.

Utiliser des pansements transparents

Le Dr Zukor est également fier d’avoir adopté les pansements transparents qui ne doivent pas être retirés pour inspecter la plaie. Ces pansements, connus sous le nom de pansements actifs en raison de leur capacité d’optimiser la cicatrisation, restent en place pendant 12 jours. Ils sont beaucoup plus confortables pour les patient(e)s puisqu’aucun matériel adhésif n’est arraché régulièrement de la peau sensible entourant la plaie.

De plus, ces pansements transparents permettent aux patient(e)s de se doucher dès trois heures après leur arthroplastie, puisque l’exposition de la plaie à l’environnement et à la contamination éventuelle est réduite au minimum.

« Ensuite, chaque personne décide de faire ce qu’elle préfère », explique le Dr Zukor. « Certaines commencent à marcher immédiatement et vont même jusqu’à conduire immédiatement. D’autres, très motivées, comme les dentistes, les avocats et les travailleur(euse)s autonomes, reprennent le travail deux semaines seulement après leur arthroplastie, peut-être pas à temps plein, mais ils ou elles reprennent le travail ».

« Le rétablissement complet exige habituellement trois mois, mais l’important est que ce soit fait en mode ambulatoire. »

Dans le cas de Madame Murphy, la réussite de ce nouveau système a beaucoup eu à voir avec la qualité des soins qu’elle recevait. « Ce n’aurait pas été possible sans le Dr Zukor et tous les membres de son excellente équipe », précise-t-elle.

« Après l’opération, le Dr Zukor est venu me voir à plusieurs reprises en me demandant si je me sentais bien. Il m’a donné beaucoup de confiance en moi et l’impression que tout était vraiment personnel. Je n’exagère pas en disant qu’il m’a rendu ma vie. »

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