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De nos archives: Taube Kaplan, figure de proue dans les premières décennies du 20e siècle

Ce n’est qu’en raison de sa modestie et de sa grande discrétion que Taube Kaplan n’a pas été largement célébrée de son vivant comme fondatrice à part entière de l’Hôpital général juif.

Aujourd’hui, elle est non seulement reconnue comme l’une des premières et plus importantes collectrices de fonds communautaires de l’HGJ, mais également comme l’architecte des cliniques médicales qui ont précédé l’Hôpital.

Mme Kaplan et sa famille prolétaire habitaient sur la rue Cadieux (depuis renommée rue de Bullion) où elle donnait des cours d’hébreu et d’études juives particuliers à des garçons pour arrondir le maigre salaire de son mari.

Malgré sa situation financière précaire, Mme Kaplan s’était donné pour mission de participer à la création et à l’expansion d’installations médicales pour les Juifs de Montréal. C’est ainsi qu’elle devint l’une des principales collectrices de fonds du dispensaire Herzl, établissement précurseur de l’Hôpital général juif qui ouvrit ses portes en 1912.

Une fois le dispensaire établi, Mme Kaplan s’attaqua aux améliorations requises dans les soins obstétriques. En effet, caressant le projet de créer une maternité, elle fit du porte-à- porte pour amasser le moindre sou, même dans les quartiers juifs les plus pauvres.

Après des années à parcourir les rues à toutes les heures du jour et de la nuit, beau temps mauvais temps, elle réussit à récolter la somme de 7 000 $ qui servit de dépôt pour l’achat d’une maison. Inspirés par ses efforts, des donateurs plus fortunés appuyèrent à leur tour cette maison qui devint, en novembre 1916, la Montreal Hebrew Maternity Hospital.

Dans les années 1920, convaincue que seul un hôpital général pourrait répondre aux besoins particuliers des Juifs de Montréal, Mme Kaplan se tourna à nouveau vers ses coreligionnaires pour récolter les fonds qui s’ajoutèrent plus tard aux sommes amassées dans le cadre de la campagne de construction lancée en 1929 au profit de l’Hôpital général juif.

Lors de l’inauguration de l’Hôpital, Allan Bronfman, président fondateur de l’HGJ, offrit de nommer l’un des services en son nom, mais Mme Kaplan refusa cet honneur. Elle fut admise au Montreal Hebrew Old People’s and Sheltering Home en 1938 et y mourut deux ans plus tard dans un relatif anonymat.

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Le 85e anniversaire de l’Hôpital général juif est l’occasion idéale de jeter un regard sur le passé. En nous souvenant des efforts extraordinaires déployés par les fondateurs, les défenseurs, les membres du personnel et les bénévoles de l’HGJ, nous rendons hommage au patrimoine durable qu’ils nous ont légué.

En 2019, nous publierons chaque semaine dans les Nouvelles HGJ un nouvel article tiré de l’album-souvenir [1] de l’HGJ.