La recherche à l'Institut Lady DavisPrintemps 2015

Des partenariats soutiennent le pouvoir anticancéreux de l’analyse protéomique

« Donnez-moi une goutte de sang, et je vous dirai quel est le meilleur traitement pour votre cancer, lance le Dr Christoph Borchers, avec un sourire. Nos outils de pointe sont si perfectionnés que nous pouvons quantifier 330 protéines à partir d’une seule goutte, ce qui permet d’apporter un nouvel éclairage sur les traitements anticancéreux. »

Depuis son arrivée plus tôt cette année à l’Institut Lady Davis (ILD) de l’HGJ, le Dr Borchers a établi le premier programme pancanadien de protéomique grâce à un partenariat entre l’ILD et le Centre de protéomique de Génome Colombie-Britannique et de l’Université de Victoria. Actuellement mis au point au Centre du cancer Segal de l’HGJ, ce programme représente une avancée considérable en matière de médecine personnalisée — des traitements oncologiques conçus en fonction des besoins de chaque patient.

Le Dr Borchers est l’un des plus éminents scientifiques au monde en matière de protéomique. Titulaire de la chaire McGill-Segal en oncologie moléculaire, il exerce les fonctions de directeur du Centre de protéomique de Génome Colombie-Britannique. « Plutôt que de se procurer le même équipement qu’à Victoria, explique-t-il, la solution idéale consiste à utiliser leurs installations pour analyser les échantillons de tumeurs de patients de l’HGJ et tirer parti le plus efficacement possible des forces des deux établissements. »

D’énormes progrès ont déjà été accomplis en génomique, une spécialité qui permet aux chercheurs d’analyser les mutations génétiques actives du cancer chez un patient donné, permettant ainsi de concevoir un programme de soins personnalisés. La protéomique va encore plus loin en révélant quelles sont les protéines à avoir été modifiées dans le gène muté. À partir du profil protéinique, on peut alors développer la meilleure approche thérapeutique pour traiter un patient.

« En établissant une corrélation entre un profil génomique et un profil protéomique, nous pouvons déterminer très rapidement et très efficacement quelles protéines doivent être ciblées dans la tumeur, explique le Dr Borchers. Ce procédé nous permet de planifier des traitements les plus susceptibles d’être efficaces pour chaque individu. Nous pouvons également modifier le traitement à mesure que la tumeur évolue. »

Les nouvelles technologies utilisées par le Dr Borchers dans ses analyses protéomiques quantitatives et dans l’identification de protéines ont été développées par lui et son équipe au Centre de protéomique de Génome Colombie-Britannique et de l’Université de Victoria. Avant que ces protéines puissent être utilisées à des fins cliniques, le Centre de pathologie moléculaire Dubrovsky de l’HGJ devra valider le processus. Enfin, les biomarqueurs pourront également être évalués à l’Unité de recherche clinique du Centre du cancer Segal en raison de leur potentiel dans la fabrication de nouveaux médicaments.

Selon le Dr Borchers, l’ILD et l’HGJ se situent à l’avant-garde de ce domaine, compte tenu des nouvelles technologies qui utilisent davantage la protéomique en clinique. Ce travail de pionnier pourrait devenir un modèle pour d’autres hôpitaux dans le traitement du cancer et d’autres maladies.

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