L’espoir, c’est la vieSeptembre 2015

Des survivants du cancer évoquent le passé et envisagent l’avenir

HopeCope

Pendant près de deux heures, ils ont parlé à cœur ouvert de la façon très personnelle dont le cancer a brisé leur vie, l’a bouleversée et totalement transformée : le terrible choc du diagnostic… la mastectomie déformante… la stupéfaction et l’angoisse des enfants… l’échec du mariage… l’omniprésence quotidienne de la maladie ou des traitements…

Pourtant, contre toute attente, à la fin de la soirée, le courage, la fierté, la détermination — et peut-être même quelques moments d’euphorie ont régné dans l’amphithéâtre Block de l’HGJ. Cet événement qui aurait pu facilement basculer dans l’introspection teintée de regrets s’est traduit par une volonté d’optimisme durant la réunion annuelle de L’espoir, c’est la vie, qui célèbre les survivants du cancer.

Maude Schiltz

Maude Schiltz

Comme le faisaient remarquer les quatre conférenciers devant un auditoire de 120 personnes en juin dernier, avoir survécu ne signifie pas nécessairement que « le dossier est clos ». Tout peut mal tourner à tout moment. Mais ils ont ajouté qu’être un survivant compte pour beaucoup, a une signification importante et permet d’entrevoir des lendemains prometteurs. Mieux vaut célébrer la vie aujourd’hui que de continuer à décrier le passé.

Les rires, qui ponctuaient régulièrement les propos des conférenciers, ont été particulièrement soutenus lorsque Maude Schiltz, une mère dans la fin de la trentaine, a expliqué comment elle a su déjouer la perte de ses cheveux due à la chimiothérapie en achetant plus de 40 perruques bon marché de couleur et de style défiant l’imagination. Et pour en remettre, elle s’était parée d’un tatouage représentant un serpent paresseusement enroulé autour de son crâne, à l’époque dégarni.

D’un ton plus sérieux, Mme Schiltz, en rémission après une double mastectomie, a rappelé que l’une de ses tâches les plus pénibles a été d’apporter un soutien émotionnel à sa fille et à son fils, respectivement âgés de 5 et de 9 ans au moment du diagnostic. En annonçant la nouvelle, ses enfants ont aussitôt réalisé que «  Maman et Papa, qui semblaient invincibles, pouvaient disparaître du jour au lendemain ».

Pour atténuer le choc, Mme Schiltz a voulu devancer les effets secondaires de la chimiothérapie en invitant ses enfants à lui raser la tête à l’aide d’une tondeuse à cheveux. Un choix difficile, mais elle est convaincue que cela valait mieux que de laisser ses enfants traumatisés assister impuissants à la lente perte de ses cheveux, une mèche après l’autre.

Leonard Miller

Leonard Miller

Quant à Leonard Miller, âgé de 62 ans, survivre au cancer l’a motivé à pratiquer le vélo et à participer au Cyclo-défi Enbridge contre le cancer 2014. « Je me suis dit que si le cancer voulait s’emparer de moi, il fallait d’abord qu’il m’attrape », rappelle-t-il en souriant.

Depuis qu’il a l’air en forme, M. Miller se fait parfois dire qu’il paraît bien pour quelqu’un atteint du cancer. « Ce qui m’amène à me demander à quoi devrait ressembler une personne atteinte de cancer. J’espère que les gens réalisent qu’on ne peut nous définir en fonction de la maladie. On vit avec, un point c’est tout. »

Laurie Greenspoon accueille avec gratitude chaque nouvelle journée, surtout depuis qu’on lui a donné 18 mois à vivre en 2003, après avoir découvert qu’elle était atteinte d’un cancer du sein, à 54 ans. Elle attribue sa longévité à la très grande efficacité de ses médicaments et à certaines formes de thérapies complémentaires, dont l’hypnotisme qui l’aide à supporter ses traitements ainsi que l’homéopathie et l’acupuncture, des traitements qu’elle suit régulièrement depuis 11 ans.

« Le cancer a une façon bien à lui d’occuper vos pensées et d’envahir votre existence, raconte-t-elle. La maladie est toujours là. Même si vous avez une bonne journée que vous passez à flâner, à sourire ou à promener votre chien, le cancer est constamment à vos côtés. »

Daniel Opoku

Daniel Opoku

Pour Daniel Opoku, l’élément le plus troublant a été de réexaminer ses propres attentes et celles de la société par rapport à lui. À 34 ans, il aurait dû pouvoir se concentrer sur sa carrière ou en profiter pour voyager, raconte-t-il. Mais en 2011, après avoir reçu le diagnostic d’une tumeur pancréatique avec métastases au foie, M. Opoku s’est vu forcer de changer d’attitude concernant son autonomie et son autosuffisance.

Il dit avoir appris l’importance d’être capable de dépendre de l’amour et de l’aide des autres — non seulement de son entourage, mais d’organismes comme L’espoir, c’est la vie. « Ces personnes ont toujours été prêtes à m’aider durant les moments difficiles et aussi durant les bons jours, lorsque j’allais mieux. Elles étaient à mes côtés pour partager mes hauts et mes bas et pour m’encourager ».

Selon Hinda Goodman, coordonnatrice du Programme de survie de L’espoir, c’est la vie, la Journée annuelle de la survie existe depuis plus de 25 ans, un succès qui s’explique par cet amalgame unique d’encouragements et de franc-parler de ceux qui luttent contre le cancer.

« Leur message de base est souvent de dire que le cancer n’est pas une sentence de mort, conclut Mme Goodman. Cet événement permet de rappeler qu’il y a toujours de belles histoires à raconter, et que la vie vaut la peine d’être célébrée. Il y a aujourd’hui des millions de survivants du cancer. Certaines formes de cancer ressemblent en quelque sorte à une maladie chronique que vous pouvez contrôler et avec laquelle vous pouvez vivre et mener une existence bien remplie et épanouie. »

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