NouvellesNovembre 2022

Désormais, la capacité des bébés prématurés à être allaités en toute sécurité est évaluée à l’HGJ

La plupart des bébés prématurés ne devront plus être transférés ailleurs pour l’évaluation de leur déglutition 

Les bébés prématurés qui ont de la difficulté à avaler peuvent désormais être évalués au sein de l’Unité de soins intensifs néonatals à l’HGJ, plutôt que d’être transférés dans une autre installationà cette fin.

Les évaluations internes ont été mises en œuvre après plus de deux ans d’efforts de la part de la Dre Nina Nouraeyan, néonatologiste à l’HGJ, et de ses collègues pour acheter le nouvel équipement et réunir les professionnels requisdes hôpitaux pédiatriques.

Les premières évaluations ont été effectuées le 4 novembre par la Dre Carol Nhan, une oto-rhino-laryngologiste pédiatrique, et par Megan Smith-Morin, une ergothérapeute qui se rend régulièrement à l’Unité pour conseiller les parents au sujet des techniques d’allaitement personnalisées aux besoins de leur nouveau-né.

« Aujourd’hui, j’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose de réellement important à titre d’équipe », a déclaré la Dre Nouraeyanaprès la première évaluation peu invasive.

« Ces nouveau-nés sont fragiles et ils ont déjà dû surmonter tellement d’épreuves. Nous voulons nous assurer que lors de leur congé de l’Hôpital, ils sont aussi sécuritaires que possible et qu’ils sont en mesure de faire ce qu’ils doivent, c’est-à-dire boire et prendre du poids. »

Le Dr Lajos Kovacs, chef du Service de pédiatrie et de néonatologie, dit que les nourrissons et les parents ont reçu un soutien solide de l’Hôpital de Montréal pour enfants chaque fois qu’un transfert a été nécessaire.« Cependant, déplacer ces bébés est très perturbant », ajoute le Dr Kovacs. « Il peut être traumatisant pour les membres de la famille de plier bagage pour aller dans un autre hôpital où ils ne connaissent personne et où personne ne connaît vraiment leur bébé. »

« Maintenant que les évaluations sont effectuées ici, les nourrissons sont supervisés par des membres du personnel que les parents ont appris à connaître et avec qui ils sont à l’aise. »

Le Dr Kovacs note cependant que, puisque la Dre Nhantravaille principalement à l’Hôpital Sainte-Justine et à l’Hôpital de Montréal pour enfant, elle n’est disponible qu’une fois par mois pour effectuer les évaluations à l’HGJ. Par conséquent, certains nouveau-nés doivent encore être transférés de l’HGJ à l’HME si une évaluation rapide est requise.

Les efforts pour que les évaluations soient effectuées à l’HGJ ont commencé au milieu de l’année 2020, quand la Dre Nouraeyan et Madame Smith-Morin ont remarqué une augmentation du nombre de bébés transférés.

Elles ont convenu qu’il devait y avoir une meilleure manière de faire les choses pour le bien de la famille, mais aussi parce qu’il est coûteux de transférer un bébé en ambulance accompagné par un membre du personnel médical.

« Nos petits bébés naissent tellement prématurément que certains d’entre eux ne sont pas très coordonnés lorsqu’il s’agit de respirer, d’avaler et de téter. »

C’est ce qui les a incités à contacter leur collègue, la Dre Nhan, spécialiste des problèmes aérodigestifs. Reconnaissant qu’il s’agissait d’un projet méritoire, cette dernièren’a pas hésité à confirmer sa participation à une initiative aussi importante.

La Dre Nouraeyan a ensuite présenté le projet à ses collègues de l’Unité de néonatologie, et elle a convaincu les membres de son équipe d’affecter des fonds à l’achat de trois endoscopes.

« Nous sommes très heureux que tout ait été fait ici », dit Wessal Hilali, dont la fille Radia pesait à peine 730 grammes (un peu plus d’une livre et demie) lors de sa naissance à la mi-août,après 28 semaines de gestation. « Parfois, elle était très congestionnée, et elle avait du mal à respirer ou à avaler de la bonne manière. »

« Nos petits bébés naissent tellement prématurément que certains d’entre eux ne sont pas très coordonnés lorsqu’il s’agit de respirer, d’avaler et de téter », explique le Dr Kovacs. « C’est une chose à laquelle nous ne pensons habituellement pas lorsque nous sommes plus âgés : nous bougeons la langue, nous avalons, puis nous respirons, et nous nous habituons à faire toutes ces choses en même temps. »

« Mais, pour les bébés prématurés, apprendre cette technique est un véritable défi, parce qu’ils ont tellement compté sur un tube pour se nourrir ou pour respirer. Même lorsqu’ils sont presque à l’âge auquel ils auraient dû naître, après une gestation de neuf mois, certains ne maîtrisent pas encore tout à fait cette technique. »

C’est la raison pour laquelle, une évaluation est nécessaire pour observer ce qui se passe dans les voies respiratoires du bébé pendant l’allaitement. Ensuite, des ajustements sont effectués en temps réel pour rendre l’allaitement plus sécuritaire et plus efficace.

Pendant l’examen (connu sous le nom d’évaluation endoscopique de déglutition par fibre optique), l’oto-rhino-laryngologiste insère un endoscope, un tube fin et flexible pour capturer des images dans le passage nasal et dans la gorge du bébé.

Pendant l’allaitement au sein ou au biberon, le médecin regarde dans un oculaire afin de déceler des signes indiquant que le lait pourrait pénétrer dans les voies respiratoires ou que la déglutition est inefficace. Dans le cas d’allaitement au biberon, le lait est teinté bleu, pour suivre plus facilement le trajet du liquide dans la gorge du bébé.

Selon le Dr Kovacs, il s’agit d’une forme d’évaluation dynamique, puisqu’elle permet d’effectuer des ajustements, comme modifier la position du bébé ou la consistance du lait dans le biberon, dès que le nourrisson éprouve des difficultés. Ensuite, il est possible d’évaluer immédiatement les résultats de ces changements.

Le Dr Kovacs dit que la plupart des bébés qui doivent être évalués naissent entre 23 et 27 semaines de gestation. Cependant, l’évaluation endoscopique est effectuée environ 11 semaines et parfois jusqu’à 16 semaines après la naissance, habituellement peu de temps avant que le bébé obtienne son congé de l’Hôpital.

Il dit espérer que son Service sera éventuellement en mesure d’acheter l’équipement qui permettra de connecter le câble à fibre optique à une caméra et à un moniteur. De cette manière, d’autres professionnels et les parents pourront voir ce que seul l’oto-rhino-laryngologiste peut voir actuellement.

Cela permettra également de communiquer clairement les résultats, pour que les parents et l’équipe soignante puissent comprendre les raisons pour lesquelles des ajustements à l’allaitement sont nécessaires ainsi que la manière dont ils peuvent être effectués.

« C’était un travail d’équipe, mais la Dre Nouraeyan a coordonné et organisé la mise en œuvre », dit le Dr Kovacs. « Elle mérite vraiment d’être reconnue pour sa persévérance et sa vision de ce que nous pouvions faire ici. »

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Dans cette vidéo, la Dre Carol Nhan, une oto-rhino-laryngologiste pédiatrique à l’HGJ effectue une évaluation endoscopique de déglutition par fibre optique de la capacité d’avaler d’un nourrisson pendant son allaitement au biberon.

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