La recherche à l'Institut Lady DavisSeptembre 2022

Étudier les avantages de l’exercice pour les patients atteints de lymphome et our les personnes qui y survivent

L’équipe de la Dre Nathalie Johnson étudie la valeur d’un programme virtuel d’exercices personnalisés

Une hématologue étudie de plus près la manière dont l’exercice aide les patients atteints de lymphome, y compris en réduisant les risques de ceux qui survivent à cette maladie, de développer une maladie cardiovasculaire plus tard au cours de leur vie.  

Selon la Dre Nathalie Johnson, une clinicienne-scientifique à l’Institut Lady Davis à l’HGJ, la valeur générale de l’exercice pour les patients atteints de cancer est déjà largement reconnue.

C’est la raison pour laquelle elle lance une étude de trois ans dans le but de déterminer plus précisément les effets bénéfiques de l’exercice pour les patients en cours de traitements de chimiothérapie (ou qui ont terminé) pour un lymphome.

La Dre Johnson espère également pouvoir tirer des conclusions au sujet de l’incidence à long terme de l’exercice et de la manière de motiver les patients à maintenir une habitude d’exercice après la fin de la thérapie.

Pendant la majorité de sa carrière, la Dre Johnson s’est efforcée de mieux comprendre la raison pour laquelle certains patients répondent ou ne répondent pas à la chimiothérapie, ainsi qu’à déterminer s’il est possible de tirer parti du système immunitaire du patient pour mieux combattre le lymphome.

Toutefois, la Dre Johnson dit qu’elle s’intéresse de plus en plus à la manière d’aider les personnes qui ont survécu à un lymphome à surmonter les difficultés physiques et psychologiques avec lesquelles elles doivent composer, même lorsque le cancer n’est plus une menace immédiate.

Participants recherchés pour l’étude Lymfit

La Dre Nathalie Johnson recrutera 50 patients au cours des deux prochaines années pour son étude Lymfit.

L’objectif est de recueillir des données sur l’incidence de l’exercice chez les personnes en cours de traitement pour un lymphome, ou qui se sont rétablies de cette maladie.

Si vous souhaitez participer, vous pouvez contacter la Dre Johnson à nathalie.johnson@mcgill.ca.

Elle note que le lymphome, qui cible le système lymphatique, une partie du réseau qui lutte contre les germes dans le corps, est le type de cancer le plus courant parmi les personnes de moins de 40 ans. Il s’agit également de l’un des cancers les plus curables.

Par conséquent, un grand nombre de personnes qui ont survécu au lymphome vivront probablement encore de nombreuses années, mais elles doivent aussi composer avec la possibilité de complications à long terme. La principale est une maladie cardiovasculaire, qui est la cause la plus fréquente de décès parmi les personnes ayant eu un lymphome.

« Ces personnes ont gagné la bataille contre le cancer, mais elles ont une qualité de vie médiocre », explique la Dre Johnson. « La plupart de ces patients éprouvent des effets secondaires importants en raison de leur traitement; ils se sentent très fatigués et anxieux. Plusieurs, particulièrement les jeunes patients, craignent profondément une récidive du cancer.

« C’est la raison pour laquelle, je les encourage à maintenir des habitudes saines, comme faire de l’exercice et ne pas fumer. Un bon contrôle de l’hypertension artérielle, du diabète et du poids est également important pour prévenir une maladie cardiaque plus tard. »

« Nous recommandons toujours de faire de l’exercice, mais il reste encore tellement de choses à découvrir à ce sujet. Quels sont les aspects de la qualité de vie les plus touchés? Est-ce que l’exercice peut réduire certains des effets secondaires à court terme de la chimiothérapie? L’exercice peut-il rendre un patient moins sédentaire à moyen ou à long terme? »

« Nous recommandons toujours de faire de l’exercice, mais il reste encore tellement de choses à découvrir à ce sujet. »

Plus tôt cette année, un projet pilote, effectué par la Dre Johnson et son équipe auprès de 20 personnes, a permis de confirmer qu’une étude complète était possible. Dans le cadre de ce projet, les données physiologiques et les activités d’exercice physique des patients ont fait l’objet d’une surveillance à distance pendant trois mois, grâce à un moniteur d’activité Fitbit.

Un kinésiologue a prescrit un programme d’exercices personnalisés aux participants, et il rencontrait ces derniers toutes les deux semaines, sur une plateforme virtuelle. Lors de chaque rencontre, ce professionnel encourageait les participants à accroître leur niveau d’activité, jusqu’à ce qu’ils satisfassent aux directives d’exercice recommandées pour les personnes ayant survécu à un cancer.

Ces données ont été sauvegardées à l’HGJ sur un serveur sécurisé (appelé Lymfit), et elles ont été corrélées à des mesures de qualité de vie recueillies avant et après l’intervention du programme d’exercice.

Selon les résultats, le programme de Lymfit a donné lieu à une amélioration considérable de la fonction physique, des troubles du sommeil, de la capacité à participer à des activités sociales et à une diminution de la peur d’une récidive du cancer.

Il a également contribué à une augmentation du nombre de pas que les participants faisaient chaque jour, et a réduit le temps de sédentarité parmi les participants qui n’ont pas satisfait aux directives d’activités physiques recommandées.   

Dans l’ensemble, le projet pilote a été considéré comme un succès et a reçu des commentaires extrêmement positifs de la part des patients qui y ont participé.

Pour l’étude complète, 50 participants, dont certains encore en cours de traitements de chimiothérapie, seront répartis en deux groupes : l’un fera l’objet d’une intervention immédiate en matière d’exercice, tandis que pour l’autre l’intervention aura lieu trois mois plus tard.

Faites une différence, faites un don

Votre don à la Fondation de l’HGJ soutient différentes activités de recherche, comme l’étude Lymfit, ainsi qu’une vaste gamme d’amélioration de la qualité des soins à l’HGJ.

Les dons à la Fondation sont acceptés avec reconnaissance en ligne.

L’objectif est de déterminer si le programme de Lymfit peut accroître le nombre de patients qui satisfont aux directives d’activités physiques recommandées après l’intervention de trois mois.

L’étude permettra également de vérifier si l’exercice est maintenu pendant une période plus longue de 12 mois.

De plus, les chercheurs souhaitent établir l’incidence de l’exercice sur différents aspects de la qualité de vie, y compris toute amélioration de la capacité des participants à recommencer à travailler.

La Fondation de l’HGJ a fourni le soutien financier au projet pilote, grâce aux fonds recueillis dans le cadre du Weekend pour combattre le cancer.

Pour soutenir ses recherches, la Dre Johnson a tiré parti de l’expertise de Ross Andersen, spécialiste en kinésiologie à l’université McGill, et de son étudiant, Christopher Angelillo, ainsi que de Christine Maheu, infirmière chercheuse au CUSUM, et de son étudiante, Wing Lam Tock.

De plus, la Dre Johnson a collaboré avec les membres de l’équipe de technologie de l’information à l’Institut Lady Davis, qui ont aidé à la collecte des données et à la maintenance du serveur Lymfit.

« Maintenant, nous disposerons de plus d’information au sujet des avantages de l’exercice pour des symptômes précis », dit-elle. « Par exemple, avant de rédiger une ordonnance de somnifères pour minimiser les troubles du sommeil, nous pourrions recommander d’essayer l’exercice».

« C’est merveilleux que l’exercice régulier fasse tellement de bien à tant de patients atteints de cancer. »

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