NouvellesSeptembre 2015

Forte régression du taux d’infection à C. difficile grâce à une attention particulière accordée aux mesures préventives

Un ferme engagement dans la lutte contre les infections à C. difficile à l’HGJ a entraîné une baisse significative du taux d’infection, en bonne partie grâce aux efforts du Service de soins infirmiers.

Depuis le milieu des années 2000, les infections à C. difficile constituent un problème récurrent dans les hôpitaux du Québec comme partout ailleurs en Amérique du Nord. Lorsqu’un patient est traité aux antibiotiques, un grand nombre de bonnes bactéries intestinales sont involontairement éliminées. La bactérie C. difficile s’empresse alors de les remplacer et, en se multipliant, libère parfois suffisamment de toxines pour entraîner la mort.

Entre 2012-2013 et 2014-2015, le taux d’infection est tombé bien au-dessous de la cible provinciale recommandée. D’après les taux cités dans la littérature, tout porte à croire que cette amélioration aurait potentiellement sauvé la vie d’environ 17 personnes.

Selon Silvana Perna, coordonnatrice de la prévention et du contrôle des infections à l’HGJ, le nombre total de cas de C. difficile a chuté en 2014-2015, atteignant 108, un nombre considérablement inférieur par rapport à 129 cas en 2013-2014, et à 282 en 2012-2013. Ces chiffres correspondent à un taux de 6,5 cas par 10 000 jours-patients en 2014-2015, une forte diminution comparée à 16,3 cas par 10 000 jours-patients en 2012-2013, et un nombre bien inférieur au taux cible de 9 cas du gouvernement du Québec.

Le leadership et la collaboration du Service des soins infirmiers ont joué un rôle essentiel dans l’obtention de ces résultats, signale Mme Perna en précisant que les infirmières-chefs et les cliniciens de première ligne ont montré un ferme engagement à réduire les taux de C.difficile et la propagation de l’infection.

Fréquemment en contact avec les patients et leur famille, le personnel infirmier est très bien placé pour s’assurer que les autres membres du personnel et que les visiteurs observent les mesures préventives. Parmi ces précautions figurent le port d’un vêtement protecteur et l’adoption de mesures adéquates d’hygiène des mains en pénétrant et en quittant la chambre des patients. La vigilance du personnel sera déterminante pour aider les équipes des unités multidisciplinaires à contrôler et à réduire les taux d’infection.

TD Summer FRMme Perna attribue cette amélioration à une combinaison de facteurs résultant d’une approche multidisciplinaire qui s’est avérée essentielle dans le contrôle des infections à C.difficile. Parmi ces mesures, notons :

  • l’utilisation par les Services Enviro (Entretien ménager) de la vapeur de peroxyde d’hydrogène pour nettoyer les chambres des patients atteints d’une infection à difficile;
  • l’utilisation dans tout l’Hôpital de torchons Clorox pour nettoyer les surfaces dans les chambres des patients;
  • le nettoyage par les Services Enviro de toutes les surfaces fréquemment touchées dans les chambres des patients atteints d’une infection à difficile, et ce, trois fois par jour plutôt que deux;
  • l’achat d’équipement dont l’usage est réservé aux patients infectés au difficile;
  • la sensibilisation constante du personnel de soins de santé, des gestionnaires et des administrateurs à l’importance de faire rigoureusement appliquer les mesures de prévention;
  • la collaboration entre le Service de pharmacie et les médecins de l’HGJ pour fournir à certains patients des traitements préventifs, le cas échéant;
  • l’assurance que les taux sont mesurés dans le strict respect des lignes directrices élaborées par le Comité de surveillance provinciale des infections nosocomiales — Clostridium difficile. Ce comité, établi par le ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec, est dirigé par le Dr Yves Longtin, chef du Comité de prévention et de contrôle des infections de l’HGJ.

« Toute l’équipe de prévention et de contrôle des infections est extrêmement satisfaite de ces résultats ainsi que de la collaboration, de la coopération et de l’engagement de tous les membres de l’Hôpital concernant la réduction des risques d’infection, rapporte Mme Perna. Mais nous ne devons surtout pas relâcher notre vigilance, car nous voulons vraiment que ces taux continuent de chuter. »

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