Avril 2016Nouvelles

La chirurgie robotique gagne du terrain à l’HGJ

À mesure que les bienfaits de la chirurgie assistée par robot acquièrent une plus grande reconnaissance, l’HGJ a recours à ce procédé de plus en plus souvent, notamment dans le cas de réparations des valves cardiaques et dans celui de l’ablation peu effractive de tumeurs cancéreuses de l’oropharynx (incluant les amygdales, la base de la langue et le palais).

En chirurgie cardiaque, où le programme robotique a été revitalisé en 2015, l’utilisation répétée du robot a aidé à réduire considérablement les séjours hospitaliers postopératoires dans les cas, par exemple, de pontages coronariens et de réparations de la valvule mitrale (qui régularise le flux sanguin entre l’atrium gauche et le ventricule gauche).

Quant à l’oto-rhino-laryngologie, les chirurgiens deviennent de plus en plus expérimentés dans la pratique de ce type de chirurgie — réalisée pour la première fois à l’HGJ et au Québec en 2014. L’intervention consiste à retirer une tumeur en insérant des instruments robotiques dans la bouche et dans la gorge du patient et minimise ainsi la nécessité de recourir à la radiothérapie ou à la chimiothérapie. À cette époque, l’HGJ était le quatrième centre au Canada à offrir ce type de chirurgie.

Peu effractive, la chirurgie robotique permet aux chirurgiens d’utiliser des instruments avec une adresse et une précision qui dépassent parfois les capacités de la main humaine. Assis à une console spéciale, le chirurgien visionne une image agrandie d’une région à l’intérieur du corps du patient. Le spécialiste se sert alors des contrôles manuels et des pédales pour manipuler à distance les bras du robot et faire l’opération, tandis que le personnel de l’équipe chirurgicale entoure le patient pour prêter assistance durant l’intervention et veiller à ce qu’elle se déroule comme prévu.

Selon le Dr Lawrence Rudski, directeur de l’Unité de soins cardiovasculaires intégrée de l’HGJ, presque tous les patients ayant subi une chirurgie cardiaque robotique à l’HGJ sont retournés à la maison trois ou quatre jours après l’opération — y compris un patient qui a même repris le travail 10 jours après un pontage.

La chirurgie robotique de qualité supérieure dépend de l’appui de nos donateurs

Le soutien des donateurs a joué, et continue de jouer, un rôle déterminant dans le domaine de la chirurgie robotique à l’HGJ. Ce type d’intervention a bénéficié à un nombre croissant de personnes partout au Québec, tout en ouvrant la voie à son utilisation pour d’autres pathologies.

Le premier robot da Vinci a été introduit à l’HGJ en 2007, grâce à la générosité de donateurs du secteur privé, suivi en 2012 par l’acquisition d’un simulateur chirurgical da Vinci autonome, grâce à un don des Auxiliaires de l’HGJ.

L’acquisition d’un robot da Vinci de dernière génération a été réalisée en 2013, tandis que le robot d’origine a été mis à niveau en 2015, grâce aux dons majeurs des principaux bienfaiteurs, Renata et Michael Hornstein, O.C., G.O.Q. ainsi que Sheila et Nahum Gelber, Q.C.

L’appui de la communauté a également permis au Service d’oto-rhino-laryngologie de l’HGJ d’établir le premier programme de robotique cervico-faciale au Québec en ajoutant des instruments et des accessoires spécialisés. Cette initiative a permis de procéder à la résection de tumeurs laryngo-pharyngées et d’élargir les bienfaits de cette chirurgie assistée par robot aux patients atteints d’un cancer cervico-facial.

Toutefois, du financement additionnel de source privée est encore requis pour couvrir les coûts restants de la mise à niveau du premier robot da Vinci. Pour obtenir plus d’informations ou pour faire un don, veuillez communiquer avec la Fondation de l’HGJ en composant le 514-340-8251.

En revanche, les patients soumis à une chirurgie traditionnelle à thorax ouvert reçoivent généralement leur congé de cinq à sept jours après l’opération, précise le Dr Rudski, également chef de cardiologie à l’HGJ.

Le Dr Emmanuel Moss à la console du robot chirurgical.

Le Dr Emmanuel Moss à la console du robot chirurgical.

Le Dr Emmanuel Moss, s’est joint à la mi 2015 à la Division de chirurgie cardiaque de l’HGJ, donnant un nouveau souffle à l’équipe. Il y effectue depuis des réparations de la valvule mitrale en collaboration avec le Dr Felix Ma et des pontages coronariens avec le Dr Jean-François Morin.

Outre un rétablissement plus rapide, la chirurgie robotique aide à réduire le taux de complications et d’infections, précise le Dr. Moss. « Quant à la chirurgie robotique de la valvule mitrale, nous utilisons les mêmes techniques réparatrices que la chirurgie traditionnelle, mais chaque étape de l’opération est différente. Au lieu d’accéder au cœur en passant par le devant du thorax, nous branchons un cœur-poumon artificiel d’une autre façon et nous employons d’autres moyens pour arrêter le fonctionnement du cœur pendant que nous travaillons sur cet organe. »

Voilà donc pourquoi, selon le Dr Moss, la chirurgie robotique dépend d’une étroite collaboration entre les chirurgiens, le personnel infirmier du bloc opératoire, les anesthésistes cardiaques, les perfusionnistes, les aides-chirurgiens et les autres professionnels des soins de santé. « Quand le chirurgien est assis à la console dans un coin de la salle d’opération, il doit pouvoir se fier entièrement à son équipe. Tous doivent pouvoir communiquer librement pour que chacun ait un clair aperçu de ce qui se passe et se sente à l’aise de s’exprimer, si nécessaire. »

Ce surcroît d’effort en vaut vraiment la peine, poursuit le Dr Moss. « En accédant au cœur par l’avant, nous déformons la valvule mitrale, alors qu’en passant par le côté du corps à l’aide d’une caméra haute définition 3-D, nous allons droit au but — c’est le moyen idéal de la visualiser et de la réparer. »

Assis à leur console pour pratiquer une chirurgie robotique de l’oropharynx, on aperçoit le Dr Michael Hier (à droite) et la Dre Cinzia Marchica, résidente.

Assis à leur console pour pratiquer une chirurgie robotique de l’oropharynx, on aperçoit le Dr Michael Hier (à droite) et la Dre Cinzia Marchica, résidente.

Quant au Dr Alex Mlynarek, chirurgien membre du Service d’oto-rhino-laryngologie – chirurgie cervico-faciale, il rapporte que pour procéder à l’ablation des cancers de l’oropharynx, la chirurgie robotique peut parfois servir de substitut à une opération lourde, qui serait autrement requise pour atteindre la région touchée.

Dans le cadre d’une chirurgie traditionnelle, explique-t-il, il est parfois nécessaire de briser la mâchoire, d’ouvrir le cou et de fendre la langue. Par la suite, il faut donc restaurer la région touchée à l’aide d’une chirurgie reconstructive majeure, ce qui comprend la transplantation de tissus prélevés sur une autre partie du corps.

Souvent, après une telle intervention, le patient séjourne au moins deux semaines à l’Hôpital, ce qui diffère des quelques jours d’hospitalisation nécessaires après une chirurgie robotique, qui permet d’atteindre l’oropharynx par la bouche. Une fois la tumeur complètement enlevée, on réduit aussi considérablement les besoins de radiothérapie ou de chimiothérapie.

Le Dr Alex Mlynarek (au centre) suit le déroulement de la chirurgie robotique de l’oropharynx sur un moniteur vidéo.

Le Dr Alex Mlynarek (au centre) suit le déroulement de la chirurgie robotique de l’oropharynx sur un moniteur vidéo.

Mais, précise le Dr Mlynarek, seuls certains patients sont considérés comme de bons candidats à ce type de chirurgie, car tous ne peuvent ouvrir la bouche assez grande pour y insérer des instruments robotiques. De plus, le cancer doit être de taille limitée et ne pas s’être propagé dans des régions environnantes. Si tel est le cas, il faut recourir à la radiothérapie, ce qui rend la chirurgie inutile.

Selon le Dr Michael Hier, chef d’Oto-rhino-laryngologie – chirurgie cervico-faciale, dans le cas des patients de l’HGJ, il est encore trop tôt pour savoir si on peut éviter la radiothérapie à long terme.

De plus, il reste à voir si les patients peuvent obtenir les mêmes taux de guérison que les personnes soumises à une chirurgie traditionnelle, et quels seront leurs résultats fonctionnels à long terme. Néanmoins, affirme le Dr Hier, les premières indications sont positives en ce qui concerne les 15 à 20 personnes qui ont subi cette forme de chirurgie assistée par robot à l’HGJ, depuis 2014.

Pour parvenir à mieux comprendre les véritables bienfaits de la chirurgie robotique, le Service d’Oto-rhino-laryngologie – chirurgie cervico-faciale prévoit être coinvestigateur dans un essai multicentrique canadien, qui a débuté à London (Ontario). «  Jusqu’à présent, les résultats chez nos patients ont été très favorables, rapporte le Dr Hier, mais nous devons demeurer vigilants. »

TD

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