Articles vedettesFévrier 2025

La nouvelle Unité de psychiatrie est axée sur les patient(e)s qui ont besoin d’une hospitalisation de courte durée

Au sein de l’Unité d’intervention brève en psychiatrie, les traitements durent de deux à trois jours

Cela c’était déjà produit pour Angela et c’était de nouveau le cas : un lourd fardeau de dépression la poussait sans cesse à avoir des pensées suicidaires alarmantes.

Angela savait par expérience qu’elle avait besoin d’une aide immédiate, qui commencerait par une évaluation au Département de l’urgence d’un hôpital, et presque certainement d’une période d’hospitalisation.

C’est le parcours qu’elle avait déjà suivi à deux reprises dans un hôpital de la région montréalaise. Dans les deux cas, elle avait quitté l’hôpital dans un meilleur état d’esprit, mais avec le sentiment désagréable qu’il lui manquait quelque chose.

Cependant, en novembre 2024, elle habitait dans un nouveau domicile, situé dans un autre quartier où l’Hôpital général juif était la destination la plus pratique.

« J’ai eu de la chance de déménager dans ce quartier », explique Angela, âgée de 24 ans, qui a demandé à ce que son vrai nom et certains détails personnels soient confidentiels. « J’avais le sentiment que je devais essayer d’obtenir de l’aide dans un nouvel endroit, et d’après ce que je savais, l’Hôpital général juif pouvait être une bonne solution. »

Accompagnée d’une amie, qui lui offrait un soutien moral, elle s’est rendue au Département de l’urgence de l’HGJ, où elle a été évaluée par le personnel du Triage. Peu après, elle a rencontré un psychiatre, qui pensait qu’elle serait mieux soignée au sein de la nouvelle unité qui, par coïncidence, venait d’ouvrir ses portes à l’HGJ.

Résoudre les problèmes pendant un court séjour

L’Unité d’intervention brève en psychiatrie, qui relève de la Direction des programmes en santé mentale et dépendance, a été créée pour des personnes comme Angela, qui ont besoin d’une aide immédiate lors d’une crise, mais dont les problèmes peuvent habituellement être résolus par quelques jours d’hospitalisation, plutôt que par un séjour de longue durée au sein de l’Unité de psychiatrie.

Les membres de l’Unité d’intervention brève en psychiatrie.

Les membres de l’Unité d’intervention brève en psychiatrie.

Le ministère de la Santé a suggéré la création de ce type d’Unité de courte durée au sein des réseaux de soins de santé à l’échelle du Québec, et le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal a été l’un des premiers à le développer et à le mettre en œuvre.

L’objectif était d’offrir aux patient(e)s ayant un besoin pressant de soutien, pour composer avec des difficultés psychiatriques, la possibilité de bénéficier d’une intervention immédiate dans le but de retourner à leur domicile rapidement au cours des jours suivants.

Située au troisième étage du pavillon C, cette Unité d’intervention brève peut accueillir jusqu’à quatre patient(e)s qui sont soignés et soutenu(e)s par le Dr Biskin, ainsi que par plusieurs infirmier(ère)s, un PAB, un(e) travailleu(euse)s social(e), un(e) ergothérapeute, un(e) travailleur(euse) d’entraide par les pairs, un(e) travailleur(euse) d’entraide familiale et différents bénévoles.

Angela a trouvé particulièrement réconfortant que toutes les personnes membres de l’Équipe l’invitent à parler et à interagir avec eux(elles), afin qu’elle soit plus réceptive au traitement. Selon elle, « les infirmier(ère)s en particulier étaient toujours très amicaux(ales) et prêt(e)s à parler de tout. »

« C’est de cette manière que j’ai su que cette expérience serait différente, je ne peux vraiment pas me plaindre des infirmier(ère)s des autres hôpitaux. Ces personnes ont fait ce qu’il fallait, mais, elles ne semblaient pas aussi accessibles et ne me donnaient pas les mêmes encouragements qu’à l’Hôpital général juif. »

« Les patient(e)s sont également encouragé(e)s à prendre leurs repas dans la salle d’activités, plutôt que dans leur chambre. C’est vraiment une bonne idée, puisque cela suscite des occasions de conversations et réduit le risque de se sentir isolé(é). »

Angela dit « qu’après avoir finalement été admise, elle appréhendait le moment où elle obtiendrait son congé et se retrouverait seule après une hospitalisation d’une aussi courte durée. »

Aujourd’hui, Angela reconnaît que « bien qu’elle n’est pas encore à 100 % », ses visites de suivi soigneusement planifiées avec le Dr Biskin et d’autres membres de l’Équipe « font une grande différence. Sans elles, je ne sais pas comment j’aurais pu progresser autant. »

Traitements de différentes crises et d’anxiété majeures

Selon Laurence Benoit-Dubé, la directrice adjointe de l’Unité (responsable des alternatives à l’hospitalisation et de la réadaptation dans la communauté) la nouvelle Unité, où 49 personnes en tout avaient été traitées à la mi-janvier, est conçue pour les patient(e)s adultes qui traversent une crise et qui ont besoin de recevoir un soutien et des traitements d’une équipe qui se consacre à elles.

Elle ajoute cependant que l’admission au sein de l’Unité de psychiatrie conventionnelle reste encore nécessaire pour les personnes dont la situation est plus complexe.

« Nous voulons que cette Unité soit un endroit sûr où les patient(e)s peuvent faire une pause et respirer », souligne Madame Benoit-Dubé note que : « les patient(e)s éprouvent déjà tellement de stress, que nous voulons commencer à les aider dès leur arrivée à l’Hôpital. »

« Au Département de l’urgence, dès que le Dr Biskin détermine que la personne est un(e) bon(ne) candidat(e) pour l’Unité d’intervention brève, nous nous efforçons de l’admettre rapidement. »

« Nos patient(e)s sont prêtes à affronter le monde de nouveau. »

« Après leur arrivée dans l’Unité, nous encourageons les patient(e)s à sortir de leur chambre et à participer aux activités quotidiennes. En même temps, nous collaborons avec eux et elles pour élaborer un plan de rétablissement qui les soutiendra après leur congé. »

« L’aménagement ouvert de l’Unité la rend particulièrement accueillante pour les parents et les proches qui souhaitent rendre visite aux patient(e)s et leur offrir du soutien », note Ryan Muscott, chef d’administration des programmes de la nouvelle Unité. « Les patient(e)s peuvent également participer à un plus grand nombre d’activités, y compris la zoothérapie et les visites du Dr Clown. »

À titre de chef d’administration des programmes de l’accès fluidité du plateau intégré de service et du département de l’UIB, il incombe également à Monsieur Muscott de veiller au flux des patients psychiatriques hospitalisé(e)s et ambulatoires, et d’aider à élaborer leurs plans de congé.

« La petite taille de l’Unité signifie qu’un(e) infirmier(ère) est seulement chargé(e) de quatre patient(e)s », ajoute Monsieur Muscott, « ce qui permet à chaque patient(e) de recevoir beaucoup plus d’attention de l’infirmier(ère) de garde qu’il n’est possible de le faire habituellement. »

« L’Équipe de soins apprécie également la possibilité accrue de travailler avec les patient(e)s. Cela se reflète visiblement dans la réaction de nos patient(e)s à leur thérapie et dans la manière dont ces personnes sont prêtes à affronter le monde de nouveau après un bref séjour. »

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