Avril 2016Pleins feux

La qualité des soins déjà à la hausse dans le pavillon K


Quelques semaines à peine après le lancement de ses activités, le pavillon K semble déjà jouir d’une amélioration quant au bien-être des patients et à la qualité des soins.

Des données préliminaires indiquent des améliorations notables dans deux domaines importants : les infections nosocomiales (contractées à l’hôpital) et le bruit.

Selon Silvana Perna, coordonnatrice de la prévention et du contrôle des infections, depuis le 4 mars, il n’y a eu, pendant six semaines, aucune transmission de l’ERV (un type de bactéries résistantes aux antibiotiques) au sixième étage du pavillon K, ni aucune autre, pendant cinq semaines, au septième étage.

Avant l’ouverture du pavillon K, Mme Perna et d’autres professionnels de la santé de l’HGJ avaient présumé — à juste titre, d’ailleurs — que la propagation de ce type d’infection diminuerait sensiblement, puisque tous les patients occuperaient une chambre individuelle.

De son côté, Johanne Boileau, directrice des soins infirmiers, souligne que l’HGJ s’est toujours empressé de promouvoir l’hygiène des mains auprès de son personnel et la mise en place de stratégies pour minimiser les risques de propagation des infections. « Malgré ces mesures, nous avions encore plusieurs cas d’infection nosocomiale avant le déménagement, précise-t-elle. Je ne m’attendais donc pas à une baisse du taux d’infections si radicale et si rapide dans le pavillon K. C’est très impressionnant. »

Avant le 4 mars, certains patients, hospitalisés dans une autre partie de la nouvelle aile, ont présenté d’autres types d’infections, mais souligne Mme Perna : «  la majorité avait été contractée dans la communauté, à l’exception de quelques cas sporadiques d’infection nosocomiale. »

Autre fait important à noter : une nette réduction du bruit, surtout à l’Unité néonatale de soins intensifs, où chaque groupe de six incubateurs a désormais sa propre salle (appelée pod). La situation est très différente de celle de l’ancienne UNSI, où il y avait plus de 30 incubateurs entassés dans une immense salle, avec une activité intense et des bruits incessants.

Dès le 28 janvier (quatre jours après le déménagement), Joanne Côté, superviseure de la transition vers le pavillon K, a informé le conseil des gouverneurs de l’HGJ que durant la première nuit passée dans les nouveaux locaux de l’UNSI, « aucune alarme n’a apparemment été déclenchée par les moniteurs pour bébés.

Qu’adviendra-t-il de tous ces espaces vides?

En raison de la relocalisation d’un très grand nombre d’unités dans le pavillon K, le bâtiment patrimonial de l’Hôpital se retrouve avec une multitude de locaux vides. Mais, jusqu’à présent, le seul plan confirmé est celui de la rénovation de l’ancien Service de l’urgence (devenu vacant en 2014) qui servira à abriter le nouveau Centre de néphrologie, incluant l’hémodialyse.

Selon Johanne Boileau, directrice des Soins infirmiers, il a été suggéré d’améliorer l’expérience patient en transférant les lits de plusieurs secteurs, parmi les plus anciens et les plus désuets du bâtiment principal, vers d’autres unités que l’on avait rénovées quelques années à peine avant le déménagement. Des travaux de rénovations supplémentaires dans ces locaux plus modernes du bâtiment principal permettraient de créer un plus grand nombre de chambres individuelles ou à deux lits.

Mais comme le rappelle Mme Boileau, un tel plan ne serait pas financé par le gouvernement, et des discussions se poursuivent pour déterminer comment tirer le meilleur parti de ces espaces et financer toute rénovation proposée.

La Fondation de l’HGJ entreprend actuellement d’importants efforts de collecte de fonds pour soutenir les travaux de rénovation et l’aménagement des espaces vacants du bâtiment principal. Ce projet conduirait à la création de chambres additionnelles, individuelles ou à 2 lits, ainsi qu’à l’expansion de certains services existants et à l’ajout de nouveaux services.

Par exemple, des plans déjà conçus visent à relocaliser la Clinique d’orthopédie, la Clinique de thrombose et l’Unité de soins psychiatriques pour patients hospitalisés dans certains locaux nouvellement rénovés.

Pour obtenir plus d’informations ou pour faire un don, visitez la page de la campagne de financement de la Fondation de l’HGJ ou composez le 514 340-8251.

De plus, quelle que soit l’unité, le nombre d’appels de patients est plus bas. Cette semaine, en faisant ma tournée, on m’a signalé que les patients étaient moins nombreux à actionner leur sonnette. »

Selon Mme Côté, un climat plus calme contribue sans doute à réduire le taux d’anxiété des patients, ou grâce au nouveau système de soins infirmiers décentralisé, les patients se sentent plus en sécurité. « Nous ne savons pas encore pourquoi, ajoute-t-elle, mais c’est extraordinaire de voir un tel changement en quelques jours seulement. »

Vues en coupe des services et unités de soins du pavillon K, tels que perçus par une personne qui serait sur la rue Légaré. Les portes principales (au centre, en vert) s’ouvrent sur un grand hall d’entrée, appelée Agora. Également au niveau de la rue (à gauche, en bleu pâle), on aperçoit les portes du Service de l’urgence. Plusieurs passages du 2e étage au 7e (au centre, en rose) relient les services médicaux et les unités de soins (à gauche, de différentes couleurs) au bâtiment principal de l’Hôpital (à droite, en blanc).

Vues en coupe des services et unités de soins du pavillon K, tels que perçus par une personne qui serait sur la rue Légaré. Les portes principales (au centre, en vert) s’ouvrent sur un grand hall d’entrée, appelée Agora. Également au niveau de la rue (à gauche, en bleu pâle), on aperçoit les portes du Service de l’urgence. Plusieurs passages du 2e étage au 7e (au centre, en rose) relient les services médicaux et les unités de soins (à gauche, de différentes couleurs) au bâtiment principal de l’Hôpital (à droite, en blanc).

Dernièrement, Mme Côté, aujourd’hui directrice du soutien à la transformation (et directrice adjointe d’innovation et d’analyse prescriptive et quantitative), a précisé que la plupart des observations sur la réduction du bruit n’avaient pas été confirmées. Une étude a donc été entreprise à l’UNSI pour surveiller les appels de détresse et pour déterminer si — et dans quelle mesure — il existe une corrélation avec les niveaux de bruit.

Un fait est indéniable, dit la Dre Louise Miner, directrice des Services professionnels, c’est que « la salle est si grande qu’elle n’est pas bruyante et il n’y a pas de sentiment d’urgence » — un climat très semblable à celui du nouveau Service de l’urgence, qui a ouvert ses portes en février 2014, dans le pavillon K.

« Lorsque vous traversez l’Urgence, l’ambiance est presque sereine, note la Dre Miner. Il y a bien sûr plus d’activités dans les aires de travail où tout le personnel se réunit, mais les patients dans leur chambre ne voient rien et n’entendent pas les va-et-vient, ce qui est d’ailleurs très bien. »

Mais à ces succès se sont ajoutées quelques difficultés. Selon Mme Boileau, l’une des plus préoccupantes fut le besoin d’améliorer la circulation et l’utilisation des chariots opératoires.

Auparavant, les membres du personnel chirurgical choisissaient leurs propres instruments avant l’opération. Aujourd’hui, ils sont tous présélectionnés après avoir été stérilisés, puis apportés sur un chariot. Si tous les articles n’y figurent pas ou s’ils ne sont pas livrés à temps (comme cela est déjà arrivé), les retards ont un effet domino.

Mais dans l’ensemble, le personnel semble heureux de travailler dans son nouveau milieu, affirme Georges Bendavid, directeur des Services techniques, tenu au courant de presque tous les problèmes ou pépins. Pour la plupart, ce sont des problèmes mineurs qui se produisent durant tout grand déménagement — comme des ajustements à la ventilation, le manque d’eau chaude dans un évier ou encore des demandes de tableaux d’affichage ou de crochets pour vêtements.

« Quand je me promène et que je parle aux gens, rapporte M. Bendavid, les ondes sont positives — il y a une bonne ambiance. Et si certains ont des critiques à faire, ils le font gentiment. »

Ayant été invités à énumérer d’autres raisons pour lesquelles les patients et le personnel semblent si satisfaits, Mme Côté, M. Bendavid, Mme Boileau et la Dre Miner ont mentionné les points suivants :

  • Les nombreuses fenêtres laissent pénétrer la lumière à profusion, ce qui améliore le moral des patients et celui du personnel. Dans certaines salles réservées au personnel, de larges baies vitrées offrent une vue imprenable.
  • L’espace généreux offert par le bâtiment contribue à créer une atmosphère apaisante. Même en situation de stress élevé, l’anxiété ne touche que certains secteurs.
  • Le système de ventilation est conforme aux plus récentes normes canadiennes.
  • La nouvelle Unité de triage dans le Centre des naissances accélère le processus d’évaluation sans porter préjudice aux soins des patientes durant leur admission.
  • L’Unité des soins antépartum, une aire du Centre des naissances, réservée aux grossesses à risque élevé, comprend uniquement des chambres individuelles contrairement à celles de l’ancienne unité, dotées de trois lits.

Selon M. Bendavid, l’attitude positive du personnel est due aux efforts considérables qu’il a accomplis, de juillet 2015 à la mi-janvier 2016, pour que tout soit presque parfait le jour du déménagement. Les employés ont donc visité leur futur lieu de travail à plusieurs reprises et pris note de tout ce qui ne répondait pas à leurs besoins ou qui ne fonctionnait pas correctement.

« Les six derniers mois n’ont pas été faciles, raconte-t-il. Nous avons reçu beaucoup de demandes : “Je veux qu’on enlève ce mur.” “Il faut changer certaines prises.” “L’éclairage n’est pas très bon. ” Ou encore “Les comptoirs sont trop bas.” Et nous avons fait tous ces changements avant que les usagers arrivent sur le site. »

Quand le personnel a enfin déménagé et constaté après quelques jours que tout était à son goût, il a eu une impression positive qu’il a conservée, indique M. Bendavid. Et même si un problème surgit à l’occasion, les employés se souviennent principalement de leur belle expérience le jour de leur arrivée dans les nouveaux locaux.

Du même avis, Mme Côté attribue le succès de la transition aux nombreux exercices de simulation effectués par le personnel et leur attention presque obsessive aux moindres détails, durant les derniers mois de 2015. « Avant le déménagement, la visite des futures installations pouvait sembler suffisante, explique-t-elle, mais sans les exercices de simulation, on aurait pu passer à côté de plusieurs choses à corriger. »

« Comme nos visites ont commencé au début juillet, nous avons pu apporter des corrections mineures, mais importantes. Il n’y avait pas de sérieuses lacunes — cela pouvait se limiter à voir s’il valait mieux, par exemple, déplacer une prise électrique ou un autre dispositif pour le mettre au bon endroit. »

Mme Côté ajoute que la démarche concrète de l’équipe de Transition signifie que « nous avons tout vérifié dans les moindres détails — les lumières, les prises électriques et même les portes. C’était tout un travail, mais nous avons vu les résultats : à l’ouverture du pavillon K, les commentaires négatifs ont été moins nombreux que prévu. Tous ces petits efforts supplémentaires en ont vraiment valu la peine. »

TD

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