Mai 2024Pleins feux

L’amélioration des interventions chirurgicales offre un nouvel espoir pour lutter contre le cancer de la prostate

L’HGJ tire parti des techniques à effraction minimale comme des armes puissantes contre la maladie

Au début de 2023, Marc Audet, et le Dr Michel Drouin, tous deux patients à l’HGJ ont été confrontés à une question vitale semblable : choisir le traitement médical qui semblait le plus prometteur pour lutter contre le cancer de la prostate.

Une option courante, selon ce qui leur avait été dit, était l’ablation chirurgicale de la prostate (prostatectomie radicale) pour éliminer tout contact entre la tumeur et le corps, et éviter une aggravation. Malheureusement, l’un des effets secondaires possibles est une incontinence urinaire prolongée et des troubles d’érection fréquents, ce dernier étant particulièrement difficile pour des hommes jeunes.

Un gros plan des électrodes utilisées pendant l’électroporation irréversible, une intervention lors de laquelle un champ électrique détruit les cellules cancéreuses de la prostate.

Un gros plan des électrodes utilisées pendant l’électroporation irréversible, une intervention lors de laquelle un champ électrique détruit les cellules cancéreuses de la prostate.

L’autre traitement possible, peu attirant, était la radiothérapie — combiné à l’hormonothérapie dans le cas du Dr Drouin — dont la longue liste d’effets secondaires menaçait d’avoir une incidence considérable sur la qualité de la vie physique et psychologique de ce patient.

Mais leur médecin, le Dr Maurice Anidjar, chef du Service d’urologie à l’HGJ, leur a lancé une bouée de sauvetage : les deux hommes étaient des candidats tout désignés pour des interventions relativement nouvelles seulement disponibles dans quelques hôpitaux au Canada.

Pour le Dr Drouin, qui était âgé de 79 ans à cette époque, une technique à effraction minimale, connue sous le nom d’électroporation irréversible (EIR) serait bénéfique. Pour détruire les cellules cancéreuses sans générer de chaleur, des électrodes sont placées autour de la tumeur pour former un champ électrique qui crée des trous irréparables dans les cellules.

Monsieur Audet, qui était âgé de 59, s’est vu offrir un autre type d’intervention à effraction minimale. Des ultrasons focalisés de haute intensité (UFHI), au cours de laquelle une sonde, qui est insérée dans le rectum émet des salves puissantes pour générer de la chaleur qui tue les cellules cancéreuses.

Les deux hommes étaient intrigués par l’aspect à effraction minimale de leurs interventions respectives qui ne dureraient qu’environ une heure, et n’exigeraient ni séjour à l’Hôpital ni stupéfiants ou analgésiques.

Outre la nécessité de laisser une sonde urinaire en place pendant environ une semaine, les interventions entraînent peu de douleur ou d’inconfort postopératoires.

Lors de l’intervention à effraction minimale connue sous le nom d’ultrasons focalisés de haute intensité (UFHI), une sonde (illustrée sur la photo) émet des salves puissantes d’ultrasons focalisés pour générer une chaleur qui tue les cellules cancéreuses de la prostate.

Lors de l’intervention à effraction minimale connue sous le nom d’ultrasons focalisés de haute intensité (UFHI), une sonde (illustrée sur la photo) émet des salves puissantes d’ultrasons focalisés pour générer une chaleur qui tue les cellules cancéreuses de la prostate.

Par conséquent, Monsieur Audet a subi son intervention UFHI en mars 2023, et le Dr Drouin a subi son EIR un mois plus tard. Aujourd’hui, les deux hommes sont en bonne santé, et n’ont souffert d’aucun effet secondaire important. En fait, le Dr Drouin se souvient que son cathéter était « irritant et inconvénient, mais il s’agissait d’un prix modeste à payer pour espérer guérir du cancer. »

« J’ai pris la bonne décision », dit Monsieur Audet. « Sinon, je n’en parlerais pas aujourd’hui. J’espère qu’en étant aussi ouverts, d’autres hommes découvriront qu’ils ont d’autres options après un diagnostic de cancer de la prostate. »

Selon le Dr Anidjar, le lieu où se trouve la tumeur aide à déterminer la procédure à utiliser. L’EIR est préférable pour les tumeurs antérieures (loin du rectum), tandis que les UFHI sont utilisés pour les tumeurs postérieures (plus près du rectum).

Lorsque l’EIR a commencé à être utilisée en 2022, l’HGJ a été le premier Hôpital universitaire au Québec et l’un des rares au Canada à pratiquer cette procédure.

L’HGJ a également été le premier Hôpital au Québec à commencer à utiliser les UFHI en 2014. À proprement parler, il ne s’agit pas d’une nouvelle technique, mais l’HGJ a améliorée considérablement cette technologie en 2022 lors de l’acquisition de nouvel équipement technologiquement plus exigeant.

Les deux procédures ont été mises en ɶuvre grâce à un soutien solide de la Fondation de l’HGJ et de ses donateurs.

Le Dr Anidjar, qui au fait équipe avec le Dr Rafael Sanchez-Salas (urologue au CUSM), précise qu’il a attendu jusqu’à maintenant pour attirer l’attention sur la disponibilité de l’EIR et l’amélioration des UFHI, parce qu’il voulait être certain que les patients se rétablissaient bien et restaient en bonne santé.

C’est la raison pour laquelle le Dr Drouin et Monsieur Audet racontent leurs histoires plus d’un an après avoir subi leur traitement.

« À titre de médecin, j’ai fait beaucoup de recherche clinique à l’époque, ce qui m’a permis de consulter plusieurs documents au sujet de l’EIR avant l’intervention », note le Dr Drouin, spécialiste dans le domaine des allergies et de l’immunologie, aujourd’hui à la retraite.

« Bien que l’EIR est une nouvelle intervention à l’Hôpital général juif et qu’elle est relativement nouvelle au Canada et rare aux États-Unis, j’ai constaté qu’elle était bien établie en Australie, dans plusieurs pays européens et même dans quelques pays d’Asie. »

La Fondation de l’HGJ a fourni un soutien crucial aux traitements vitaux contre le cancer de la prostate

L’EIR n’aurait pas pu être introduite et les UFHI n’auraient pas pu être améliorés au sein du Service d’urologie à l’HGJ sans le soutien financier essentiel de la Fondation de l’HGJ.

Les dons peuvent être effectués en ligne à l’appui des programmes et des services à l’HGJ.

« En fait, les publications australiennes font état de très bons résultats et, dans l’ensemble, d’une très bonne tolérance. »

« Un autre point important en ma faveur : le Dr Anidjar m’a expliqué que si l’EIR n’éliminait pas complètement mon cancer, je pourrais être traité de nouveau par l’EIR ou par l’une des deux options initiales. Je n’avais rien à perdre! Tout compte fait, il s’agissait d’une possibilité attrayante, et j’ai décidé de l’essayer. »

Monsieur Audet était tout aussi encouragé par la possibilité d’être traité de nouveau par les UFHI si le résultat initial n’était pas à la hauteur des attentes.

Le Dr Anidjar l’a également avisé qu’après l’intervention je ferais l’objet d’un suivi étroit. Cependant, pour Monsieur Audet, il s’agissait d’une considération secondaire dont il se souvient maintenant en riant. « Comme je l’ai dit au Dr Anidjar, ‘si je le fais pour ma voiture, pourquoi ne le ferais-je pas pour moi?’ »

Le Dr Anidjar décrit les deux traitements comme étant « très exigeants » pour le personnel médical en raison du niveau de précision requis et de la nouveauté relative de ces processus. Cependant, selon lui, les résultats en valent la peine.

Par exemple, la technologie des UFHI est non seulement plus précise que jamais, mais elle permet d’obtenir un feedback immédiat pendant que le traitement est en cours, notamment sur la quantité de tissue qui vient d’être brûlée.

Monsieur Drouin confirme qu’il est ravi du résultat médical, sans parler de la possibilité de reprendre toutes ses activités antérieures. « C’est comme si je n’avais jamais subi d’intervention sur ma prostate », s’exclame-t-il.

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