Articles vedettesJuin 2025

L’Atelier de bricolage pour les parents aide à réduire le stress et à meubler les longues heures passées à l’Unité de soins intensifs néonatals

Des objets fabriqués à la main deviennent des souvenirs précieux des soins prodigués aux nouveau-nés à l’HGJ

Dès que Nataliia Sobol a pénétré dans l’Atelier de bricolage pour les parents de l’Unité de soins intensifs néonatals (USIN), elle a su ce qu’elle voulait fabriquer comme souvenir pour son fils âgé d’un mois.

Au centre d’un grand morceau de papier à motifs, elle a placé une petite photo de son bébé. Ensuite, elle a ajouté différents détails décoratifs, y compris des autocollants de couleurs vives représentant un kangourou, une girafe et une souris. 

À l’Atelier de bricolage pour les parents, Stephanie Treherne (devant, à gauche) aide et conseille les nouvelles mères (de gauche à droite, derrière l’infirmière clinicienne) Eri Patricia Som, Sushmitha, Nataliia Sobol et Samantha Kalumba.

À l’Atelier de bricolage pour les parents, Stephanie Treherne (devant, à gauche) aide et conseille les nouvelles mères (de gauche à droite, derrière l’infirmière clinicienne) Eri Patricia Som, Sushmitha, Nataliia Sobol et Samantha Kalumba.

Pour Madame Sobol, le kangourou représentait le contact peau à peau, connu sous le nom de soin kangourou, que le personnel de l’USIN encourage entre les parents et le nourrisson. La girafe symbolise un appareil (un giraffe warmer en anglais) qui diffuse une chaleur douce et rayonnante aux nouveau-nés dans leur couveuse.

Et la souris? C’est un symbole plus personnel, explique-t-elle aux trois autres mères et à l’infirmière clinicienne Stephanie Treherne.

« J’ai surnommé mon bébé “la souris” parce qu’il est tellement petit », dit-elle en souriant, ce qui suscite des rires autour de la table, avant d’ajouter un peu penaude « et, il fait des bruits de grincement ».

Toutes les personnes présentes éclatent de rire!

Madame Treherne ne pouvait pas être plus ravie. En fondant l’Atelier de bricolage pour les parents, son objectif était de créer un espace de bonheur et de soutien, loin des couveuses e des moniteurs numériques, où les mères (qui ne sont plus hospitalisées) pouvaient faire une pause bien nécessaire loin de l’inquiétude et de l’ennui, des sentiments inhérents aux soins intensifs néonatals.

Lors de cette séance de mai, quatre mères prenaient part à une conversation agréable et décontractée, tout en bricolant pour créer ce qui deviendrait un souvenir de l’expérience de leur famille à l’USIN.

Créer un souvenir positif de l’USIN

« Tous les membres du personnel s’efforcent de soutenir les parents le mieux possible », dit Madame Treherne, « mais, les mères passent tellement d’heures à l’USIN, qu’elles peuvent se sentir isolées ».

« Leur famille n’est pas là au milieu de la journée, et leurs ami(e)s ne peuvent pas leur rendre visite tous les jours. Seules les autres mères sont dans une situation semblable, mais les occasions de rencontres sont restreintes. »

« Bien que les choses sont différentes pour chaque bébé, les mères ont beaucoup en commun. Elles sont dans le même environnement, et leurs bébés sont pris en charge par le même personnel. »

« C’est la raison pour laquelle j’ai eu l’idée de les réunir autour d’une table de bricolage. Elles ne sont pas obligées de se parler ni de me parler, mais elles en ont la possibilité, si elles le souhaitent. Quoi qu’elles fassent, le bricolage constitue une distraction bienvenue et une bonne manière de créer un souvenir positif de l’USIN. »

« Lorsqu’il mon fils plus grand, il ne se souviendra pas d’avoir été ici, alors je crée quelque chose pour lui montrer mes souvenirs. »

Lancées en février, les séances mensuelles, d’environ 90 minutes à l’heure du midi, ont lieu dans un endroit calme de l’USIN, utilisé pour entreposer l’équipement de rechange.

Madame Treherne et ses collègues passent le mot au sujet de l’Atelier, mais ne savent jamais combien de mères participeront. « Jusqu’à maintenant, les participantes n’ont pas manqué. » « Et, même si une seule mère se présente et qu’elle passe un bon moment, je considère que c’est une réussite. »

Les pères sont également les bienvenus, mais en date du mois de mai, aucun n’était venu à l’Atelier. Selon Madame Treherne, plusieurs d’entre eux attendent le retour du bébé à la maison pour prendre un congé de paternité. Dans d’autres cas, le père doit rester à la maison pour s’occuper des autres enfants, pendant que la mère est à l’Hôpital. Et, il y a aussi certaines mères célibataires.

La séance de mai a été un moment de répit bien nécessaire pour Eri Patricia Som, dont la petite fille était hospitalisée à l’USIN depuis le mois de février. Pesant à peine 1 040 grammes (2 ¼ livres) à la naissance, elle a progressivement réussi à atteindre trois kilos (6 ½ livres).

« Cela fait du bien de faire autre chose que de s’inquiéter », avoue Madame Som. « Je l’aime tellement, mais parfois il faut changer d’environnement. »

« Lorsque le bébé dort, il n’y a pas grand-chose à faire », convient Madame Sobol, dont le fils est hospitalisé à l’USIN depuis le début du mois d’avril. « Lorsqu’il sera plus grand, il ne se souviendra pas d’avoir été ici, alors je crée quelque chose pour lui montrer mes souvenirs. »

Commémorer les étapes de la vie du nourrisson

Si une mère ne sait pas quoi bricoler, Madame Treherne lui suggère ce qu’elle appelle une carte d’étape ou une carte de célébration. « Par exemple, si un bébé pesait moins de 1 000 grammes à la naissance, nous célébrons lorsque ce nourrisson atteint ou passe le seuil de ce poids. »

« Nous célébrons aussi le premier mois, un changement dans le soutien respiratoire, ou le premier allaitement maternel. Ou encore, la première tétée complète. Il y a des millions de choses à célébrer si nous prenons le temps d’y penser. »

En 2021, Stephanie Treherne a reçu le prix Au-delà des soins du Comité d’humanisation des soins de l’HGJ pour avoir cousu des petites capes de superhéros, chacune ornée de la première lettre du nom d’un bébé qui était sur le point de quitter l’Unité de soins intensifs néonatals.

En 2021, Stephanie Treherne a reçu le prix Au-delà des soins du Comité d’humanisation des soins de l’HGJ pour avoir cousu des petites capes de superhéros, chacune ornée de la première lettre du nom d’un bébé qui était sur le point de quitter l’Unité de soins intensifs néonatals.

En décembre, lorsque Madame Treherne a parlé de son idée d’Atelier de bricolage pour les parents, elle a immédiatement obtenu le soutien de Chloé Décarie-Drolet, infirmière-cheffe à l’USIN, qui félicite Madame Treherne de son attention soutenue aux besoins des familles.

Madame Décarie-Drolet note que Madame Treherne est devenue très populaire auprès de nombreux parents il y a quelques années, et fait preuve de son propre talent de bricolage, lorsqu’elle a commencé à fabriquer des petites capes de superhéros pour les nouveau-nés qui étaient sur le point de quitter l’USIN.

Cette initiative lui a valu le prix Au-delà des soins du Comité d’humanisation des soins de l’Hôpital, à qui Madame Treherne s’est adressée pour obtenir l’aide financière requise pour mettre en œuvre l’Atelier.

« Il s’agit d’une excellente idée et nous avons été ravi(e)s d’offrir un soutien », explique Susan Lavy, la coprésidente du Comité dont l’aide financière permet d’acheter les fournitures utilisées pour les projets.Madame Lavy dit que la coprésidente Krystle North et elle espèrent également que grâce à l’Atelier plus de mères de l’USIN tireront parti du programme de mentorat par les pairs mis en œuvre par le Comité.

Dans le cadre de ce programme, une mère, dont le bébé a été traité avec succès et a quitté l’USIN, revient comme bénévole pour parler en tête-à-tête avec d’autres parents, afin de les réconforter et de leur donner l’espoir que leur nouveau-né sera un jour lui aussi en bonne santé.

« D’après mon expérience à l’Espoir, c’est la vie à titre de survivante d’un cancer du sein, je sais que les gens ont besoin d’être rassurés », affirme Madame Lavy. « Ils et elles disent toujours : “Dites-moi comment c’est réellement. Dites-moi ce que vous éprouvez vraiment. Dites-moi ce qui vous est réellement arrivé”. »

« Un(e) infirmier(ère), un médecin ou un(e) travailleur(euse) social(e) peuvent être bien renseigné(e)s, très agréables et offrir un excellent soutien, mais rien ne remplace une conversation avec une personne qui a subi la même épreuve. »

Aller au-delà des attentes pour humaniser les soins

Souhaitez-vous jouer un rôle pour améliorer l’expérience des patient(e)s à l’Hôpital général juif? Le Comité d’humanisation des soins serait ravi de vous connaître. 

Plus d’information est disponible en ligne ou auprès de l’adjointe administrative Nadia Kim.

Selon Madame Lavy, l’un des obstacles au bon fonctionnement du programme de mentorat par les pairs à l’USIN est que les parents ne savent pas à quelle heure ils seront disponibles pour rencontrer les bénévoles.

Cependant, maintenant que l’Atelier de bricolage est fonctionnel, les bénévoles auront la possibilité de se présenter et de rencontrer les mères qui éprouveraient le besoin de leur parler.

Madame Treherne est fière que l’Atelier de bricolage ait été lancé au sein de ce qui est principalement un Hôpital pour adultes, où il n’y a aucun spécialiste des soins intensifs néonatals pour améliorer l’expérience des parents et des familles.

« Nous sommes le seul centre pédiatrique de notre Hôpital », précise-t-elle. « Par conséquent, il nous incombe de prendre les mesures nécessaires pour soutenir les parents et les familles pendant que nous traitons leurs bébés. »

Previous article

Deux nouveaux tomodensitomètres sont mis en service dans des salles rénovées à l’HGJ

Next article

La Dre Miruna Anohim se joint à la Division de médecine gériatrique de l’HGJ