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Le chef de la Néonatologie à l’HGJ quitte son poste après 47 ans de services

Le Dr Apostolos Papageorgiou reste membre du personnel du Département de pédiatrie et de néonatologie

En 1973, le Dr Apostolos Papageorgiou pensait que son avenir était tout tracé : formé à Montréal en pédiatrie et néonatologie, le jeune spécialiste prévoyait de travailler à l’HGJ pendant un an avant de retourner pratiquer en Grèce, son pays natal.

En 2016, le Dr Apostolos Papageorgiou (au centre, derrière un incubateur) a aidé à superviser le déménagement de l’Unité de soins intensifs néonatals au pavillon K.

En 2016, le Dr Apostolos Papageorgiou (au centre, derrière un incubateur) a aidé à superviser le déménagement de l’Unité de soins intensifs néonatals au pavillon K.

Mais, sa vie a pris une tournure inattendue. En effet, à la fin de l’année, quand l’HGJ l’a invité à devenir chef de la Néonatologie, il a décidé de rester un peu plus longtemps… ensuite quelques années de plus… qui sont devenues des décennies. Et, ce qui avait commencé comme une brève escale est éventuellement devenu la carrière de toute sa vie.

Maintenant, après près d’un demi-siècle à l’Hôpital, le Dr Papageorgiou a renoncé à son rôle de chef de la Néonatologie, qu’il a occupé pendant 47 ans, et de chef de la Pédiatrie, poste qu’il avait accepté en 1986.

« Quand l’Hôpital m’a demandé de rester il y a 47 ans, les soins intensifs néonatals étaient en cours de réorganisation partout au Québec, et je voulais aider l’Hôpital général juif à devenir un important centre de soins », explique le Dr Papageorgiou.

« Je pensais seulement rester pendant un an de plus pour superviser ces changements, mais…», il fait une pause pour rire avant d’ajouter «… comme vous pouvez le constater, cette année n’est pas encore terminée ».

Sur une note plus sérieuse, le Dr Papageorgiou dit qu’il a choisi de renoncer à son double rôle de dirigeant (mais de rester membre du personnel de l’Hôpital) parce que « à l’âge de 84 ans, je crois que c’est le moment de le faire ». Il ajoute qu’il n’était pas réaliste de penser qu’il pouvait accepter un autre mandat de cinq ans à titre de chef.

Cependant, ce qui ne change pas, c’est l’héritage qu’il laisse et sa réputation internationale de néonatologiste chef de file qui, dans le cadre de sa profession, s’est rendu dans plus de 50 pays et a donné plus de 500 conférences à l’échelle mondiale.

Le Dr Papageorgiou est également notoire pour avoir mis au point des techniques permettant de sauver la vie des nourrissons prématurés ayant un poids remarquablement bas à la naissance, et dont le taux de survie diminuait progressivement depuis les années 1970.

Dans l’un des cas célèbres, en 2012, le Dr Papageorgiou a aidé à sauver la vie d’une toute petite fille, la plus petite prématurée au Canada, qui pesait seulement 375 grammes (soit environ ⅘ de livre) à sa naissance à l’HGJ.

Le Dr Lajos Kovacs a été nommé chef intérimaire du Département de pédiatrie et de néonatologie

Le Dr Lajos Kovacs

Le Dr Lajos Kovacs

Le Dr Lajos Kovacs a été nommé chef intérimaire du Département de pédiatrie et de néonatologie à l’HGJ à la suite de la décision du Dr Apostolos Papageorgiou de renoncer à ce poste.

Membre du personnel de l’Hôpital depuis 1993, le Dr Kovacs est professeur adjoint en pédiatrie à l’université McGill et coordonnateur des stages en néonatologie pour les résidents en pédiatrie depuis plusieurs années.

Le Dr Kovacs a effectué sa résidence en pédiatrie et sa spécialisation en néonatologie à l’université McGill. Il s’intéresse particulièrement aux maladies pulmonaires et infectieuses néonatales, et il a participé à un grand nombre de projets de recherche clinique au cours des dernières années.

De plus, note le Dr Papageorgiou avec fierté, lui et son équipe ont sauvé la vie de deux autres nourrissons qui pesaient moins de 400 grammes à la naissance.

Il faut également souligner que les résultats d’une étude décisive du Dr Papageorgiou, publiée en 1979 dans la prestigieuse revue Pediatrics, ont révélé que l’administration de stéroïdes à une femme enceinte accélérait la maturation des poumons du fœtus ce qui augmentait ses chances de survie.

En 2016, l’HGJ a organisé une réunion célébrant les enfants et les adolescents nés prématurément. Lors de cet événement, le Dr Apostolos Papageorgiou a présenté un stéthoscope néonatal à Angelo Rizzolo, qui a poursuivi une carrière en médecine.

En 2016, l’HGJ a organisé une réunion célébrant les enfants et les adolescents nés prématurément. Lors de cet événement, le Dr Apostolos Papageorgiou a présenté un stéthoscope néonatal à Angelo Rizzolo, qui a poursuivi une carrière en médecine.

De même, après la naissance, si le nourrisson prématuré reçoit de l’hydrocortisone (un type de stéroïde), ses poumons se développent plus rapidement, ce qui lui permet de passer moins de temps sous respirateur. Il s’agit d’un traitement important, puisque des lésions pulmonaires permanentes peuvent se produire si un bébé prématuré est laissé trop longtemps sous respirateur.

Au cours des décennies, ces réalisations, et plusieurs autres ont valu de nombreux prix au Dr Papageorgiou, notamment le prestigieux premier prix de l’Académie internationale de médecine périnatale, reçu en 2019 lors du Congrès mondial de l’Académie, à Istanbul.

Un autre moment mémorable a eu lieu en 2013, quand le Dr Papageorgiou a reçu la Médaille du jubilé de diamant de Sa Majesté la reine Elizabeth II, soulignant le 60e anniversaire de l’accession au trône de la reine. Cette médaille reconnaît les citoyens distingués ayant été d’un apport majeur à la société canadienne.

En outre, en 1987, les étudiants finalistes en médecine à l’université McGill ont désigné le Dr Papageorgiou comme membre enseignant de la Faculté ayant le plus contribué à leur formation médicale, et ils lui ont décerné le Prix Osler.

En pensant à sa carrière, le Dr Papageorgiou s’émerveille des changements qu’il a vus à l’HGJ : à son arrivée, l’Unité de soins intensifs néonatals disposait seulement de six incubateurs; maintenant, le département en compte 30. Il a également participé au relogement du Département dans trois endroits différents de l’Hôpital, y compris dans ses locaux actuels au pavillon K, en 2016.

Le Dr Papageorgiou se souvient aussi qu’au début de sa carrière à l’HGJ, environ 1 600 bébés naissaient à l’Hôpital chaque année. Aujourd’hui, le nombre de naissances se situe autour de 4 000.

« Je n’ai jamais hésité à rester », dit-il « parce que j’étais tellement ravi de voir combien nous progressions ensemble ».

« J’ai toujours reçu un très grand soutien de l’Hôpital, et j’ai pu travailler dans un environnement chaleureux et exceller dans ma spécialité. J’ai bénéficié d’un appui superbe de l’administration et collaboré étroitement avec d’excellents collègues très dévoués. Cela a été, et continue d’être, un plaisir de travailler avec eux ».

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