Avril 2016La recherche à l'Institut Lady Davis

Le développement de la recherche sociale pour l’avancement de la pratique clinique

Selon Spyridoula Xenocostas, les applications de la recherche sont extrêmement prometteuses pour les usagers de la santé. Ainsi, à titre de directrice adjointe de la recherche au Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux du Centre-Ouest-de-l’île-de-Montréal (Santé Centre-Ouest Montréal), Mme Xenocostas souhaite stimuler l’innovation et maximiser l’incidence de la recherche sociale sur les soins cliniques dans tout le réseau.

« Les centres de recherche dans les domaines social et communautaire se concentrent sur l’amélioration des soins et du bien-être des populations vulnérables, explique-t-elle. Notre objectif est concret : veiller à ce que les pratiques exemplaires, fondées sur des preuves et issues de nos recherches, puissent être mises en pratique, soit par les services de première ligne soit dans l’ensemble de la collectivité. »

Pour illustrer cette approche, elle cite la fondation de la Maison bleue, fondée par l’Institut universitaire au regard des communautés culturelles, où Mme Xenocostas a occupé le poste de directrice des activités de recherche, dès 2001.

Ce travail de collaboration communautaire à caractère unique, qui regroupe médecins, infirmières, sages-femmes, travailleuses sociales et psychoéducatrices, fournit des soins complets aux femmes vulnérables et isolées, et ce, dès leur grossesse et durant les cinq premières années déterminantes de la vie de l’enfant. Ce service comprend des visites à domicile chez les femmes qui ne pourraient sans cela obtenir les services médicaux ou les services sociaux appropriés.

« Nous souhaitons que nos réalisations servent d’exemple à d’autres communautés, ajoute Mme Xenocostas. La première Maison bleue dans Côte-des-Neiges a si bien démontré la valeur de ce concept qu’une deuxième a été ouverte dans Parc-Extension. On examine maintenant la possibilité qu’elle serve de modèle pour d’autres populations vulnérables dans tout le Québec. »

L’autre problème également à l’étude est celui des abus infligés aux aînés. Ce projet est piloté par le Centre de recherche et d’expertise en gérontologie sociale, un centre universitaire dans Côte-Saint-Luc, où l’on enregistre l’une des concentrations les plus élevées de résidents âgés au Canada. Basé sur des recherches, un programme de formation a été mis au point. Il est maintenant offert partout au Québec pour aider les professionnels de la santé et des services sociaux à reconnaître les abus infligés aux aînés et à intervenir auprès d’eux.

Quand Santé Centre-Ouest Montréal a été désigné pour fournir des services d’évaluations de première ligne aux réfugiés syriens venus à Montréal cet hiver, une équipe de l’Institut universitaire au regard des communautés culturelles a prêté assistance aux cliniciens et aux interprètes en créant des séances de formation et des outils multimédias spécialisés et interculturels. Même si les membres de l’équipe n’ont eu que deux semaines pour se préparer, ils ont contribué avec succès à accueillir chaleureusement les nouveaux arrivants.

« Idéalement, précise Mme Xenocostas, les chercheurs travaillent en partenariat avec les agents de première ligne pour fournir des réponses factuelles aux questions soulevées durant la prestation de soins aux patients et aux autres clients. Il s’agit d’imaginer des projets de recherche qui sont avant tout pertinents. »

La grande expérience en recherche de Mme Xenocostas comprend la mise sur pied de partenariats locaux et internationaux avec plus de 50 organismes dans différents domaines. En plus de l’obtention de deux subventions de transfert des connaissances en innovation à titre de chercheuse principale, elle a directement collaboré à de nombreux projets de recherche, corédigé plusieurs publications scientifiques, présenté des exposés à des conférences et élaboré des méthodes de transfert de connaissances.

Dès 2000, Mme Xenocostas a collaboré à la création d’un programme de formation interculturel qu’elle a mis en œuvre dans l’ensemble de la province. Depuis, le ministère de la Santé des Services sociaux a reconnu cette initiative comme une pratique de pointe. Également chercheuse adjointe au département de communication sociale et publique de l’Université du Québec à Montréal, Mme Xenocostas est membre des programmes provinciaux dont l’objectif est de favoriser la recherche et la formation axées sur les services de première ligne en milieu multiethnique et de mener des recherches sur la migration et sur l’ethnicité dans les interventions des services de santé et des services sociaux.

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