Juillet 2017La recherche à l'Institut Lady Davis

Le neurofeedback pourrait être utile seulement pour son effet placebo

Bien qu’il y ait peu de preuves scientifiques confirmant que le comportement peut être modifié à l’aide de la technique du neurofeedback (un processus qui mesure les ondes cérébrales et permet au patient de surveiller en temps réel une représentation de son activité cérébrale), l’effet placebo de cette technique pourrait présenter certains avantages.

Le Dr Amir Raz, un chercheur principal à l’Institut Lady Davis de l’HGJ, soutient que même si le neurofeedback semble donner des résultats positifs, les avantages thérapeutiques de cette technique découlent principalement de la confiance du patient envers le traitement, plutôt que des mécanismes du cerveau comme l’allèguent les praticiens.

Dans un article publié dans le journal Brain, le Dr Raz et son doctorant, Robert Thibault, notent que même quand un patient reçoit le neurofeedback provenant du cerveau d’une autre personne, l’amélioration est la même que s’ils recevaient le neurofeedback de son propre cerveau.

Selon les allégations avancées par les praticiens, cette technique non invasive permettrait au patient de contrôler une onde cérébrale en particulier et par conséquent d’améliorer les comportements qu’elle suscite. Cette technique a gagné en popularité pour traiter certains problèmes comme le déficit d’attention, la dépression et l’insomnie, malgré l’insuffisance de preuve qu’elle pourrait effectivement entraîner un changement de comportement.

Le Dr Raz et monsieur Thibault soutiennent qu’après avoir investi considérablement de temps et d’argent dans un traitement qui les relie à de l’équipement impressionnant les patients sont très motivés et s’attendent à voir des résultats; par conséquent, ils se sentent souvent mieux. Selon les chercheurs, les patients arrivent à modifier leur comportement, mais ce n’est pas nécessairement en raison des propriétés alléguées du traitement.

« Parmi les milliers d’articles écrits à ce sujet, à peine une demi-douzaine comprennent des contrôles adéquats par placebos et une procédure de contre-vérification en double aveugle, la norme d’excellence en recherche clinique, dans le cadre de laquelle un groupe de patients reçoit des traitements réels et l’autre groupe reçoit un traitement fictif », explique le Dr Raz, qui est titulaire d’une Chaire de recherche du Canada en neuroscience cognitive de l’attention, à la faculté de médecine de l’université McGill.

« Les données des deux groupes sont ensuite comparées afin de déterminer si le groupe ayant reçu les traitements réels a obtenu de meilleurs résultats. Parmi les quelques essais ayant utilisé cette méthode, les traitements réels et les placebos ont eu une incidence comparable sur le comportement. En d’autres mots, il y a très peu de données à l’appui des allégations relatives aux mécanismes cérébraux en neurofeedback. »

Le neurofeedback est très rentable, et il y a une prolifération de cliniques offrant des traitements, dont le coût peut se situer entre 4 000 $ et 10 000 $ pour 12 à 40 séances. Il n’y a pour ainsi dire aucun contrôle réglementaire dans ce champ d’activité, et plusieurs patients se tournent vers le neurofeedback quand la médecine traditionnelle n’a pas été en mesure de les soulager adéquatement. Les personnes en quête d’une concentration accrue et les athlètes qui cherchent à améliorer leur performance s’intéressent également à ce domaine.

« Bien que près de 60 ans de recherches ont été consacrés à la compréhension des mécanismes du cerveau à l’appui du neurofeedback, très peu d’études se sont penchées sur le rôle de la psychologie sous-jacente », ajoute monsieur Thibault. « Par contre, il semble que l’effet placebo est probablement la cause des avantages considérables de cette option thérapeutique controversée. »

Previous article

Notes mélodieuses au Festival du jazz de l’HGJ

Next article

L’HGJ est la résidence temporaire de 66 résidents du Centre d’hébergement Henri-Bradet

No Comment

Leave a comment