AuxiliairesFévrier 2020

Les Auxiliaires égayent la vie des futures mamans alitées pendant des semaines ou des mois à l’hôpital

Le Programme antepartum distrait les patientes grâce à des projets d’artisanat

Admise à l’HGJ pour un séjour d’au moins trois semaines en raison de sa grossesse à risque élevé, Adriana Rosales était à la fois soulagée de savoir qu’elle et son futur bébé étaient entre de bonnes mains et anxieuse à l’idée de devoir supporter une si longue hospitalisation.

Pour atténuer le stress de Mme Rosales, les Auxiliaires de l’HGJ l’ont invitée à entreprendre plusieurs projets d’artisanat créatifs et divertissants. Aidée par Rhoda Smith, bénévole au Programme antepartum des Auxiliaires, la patiente a confectionné un bonnet bleu pour son nourrisson et a maintenant hâte de se tourner vers la fabrication d’un bracelet en perles de bois.

Assortiment de bonnets confectionnés par les participantes au Programme antepartum des Auxiliaires.

Assortiment de bonnets confectionnés par les participantes au Programme antepartum des Auxiliaires.

« J’ai beaucoup de temps à meubler et ce serait très dur sans avoir quelque chose d’intéressant à faire », explique Mme Rosales, dont la naissance du deuxième enfant – un garçon – est prévue pour le 7 avril. Toutefois, à la fin du mois de janvier, elle ne savait toujours pas combien de temps son alitement à l’HGJ durerait.

« Rhoda a été très douce avec moi et elle a pris le temps de découvrir ce que j’aimerais faire. Je n’ai quasiment pas le droit de quitter le lit, alors il me faut rester occupée – ce passe-temps est un vrai soulagement », dit Mme Rosales.

Lancé en 2017, le Programme antepartum vise à relever le moral des femmes enceintes alitées à l’HGJ pour toutes sortes de raisons incluant fissure prématurée des membranes, saignement, hypertension, contractions précoces, travail prématuré et présence de jumeaux ou de triplets.

Dans de tels cas, la femme enceinte doit rester alitée pour une période de temps prolongée, une semaine ou deux en moyenne, mais aussi autant que trois ou quatre mois. Grâce aux Auxiliaires, elles peuvent rester occupées en entreprenant diverses activités, dont perlage, découpage, peinture, fabrication de bracelets ou de colliers et confection de bonnets ou d’écharpes sur un métier à tisser.

Bracelet en perles de bois fabriqué par une patiente participant au Programme antepartum.

Bracelet en perles de bois fabriqué par une patiente participant au Programme antepartum.

Le Programme antepartum fait partie des efforts plus soutenus déployés par les Auxiliaires au cours des dernières années en vue de répondre aux besoins des femmes enceintes et de leurs nouveau-nés, surtout les prématurés, et ce, grâce au Fonds des petits miracles.

« Nous sommes ravies d’appuyer une initiative aussi unique que le Programme antepartum, déclare la directrice des Auxiliaires, Nancy Rubin. En contribuant à traiter les aspects affectifs et psychologiques de la grossesse, surtout les grossesses à risque élevé, nous espérons amener les patientes à envisager la maternité avec optimisme et bonheur et augmenter les chances de donner naissance à des bébés en santé. »

« Bien que ces passe-temps procurent aux femmes un sentiment de tranquillité et d’accomplissement, c’est surtout l’interaction entre les patientes et les bénévoles qui est importante », explique Rhona Daitchman, la bénévole qui a créé le programme.

Cadre photo avec découpage appliqué par une patiente participant au Programme antepartum.

Cadre photo avec découpage appliqué par une patiente participant au Programme antepartum.

« Dès le début, mon objectif était de développer une relation affective avec les patientes, et l’artisanat est simplement le moyen de commencer à la tisser, explique Mme Daitchman. Une fois établie, cette relation permet de révéler la créativité de la patiente, dont le sentiment d’accomplissement apporte aussi un soulagement par rapport à ce qui représentait pour elle une situation effrayante. »

« C’est un moyen de gagner leurs cœurs, et aussi de les tenir occupées, ajoute Mme Smith. Chaque patiente reçoit une visite ou deux par semaine. En général, le chariot d’art et d’artisanat s’arrête aux chambres d’environ cinq femmes par jour, mais ce chiffre varie en fonction du type de patientes admises et du nombre qui choisit de participer. »

« Elles sont confinées à leur lit, quasiment seules dans leurs chambres, et s’ennuient beaucoup, explique Mme Daitchman. Alors, notre rôle est de les motiver en leur proposant de confectionner quelque chose pour leur bébé, pour elles-mêmes ou pour leurs autres enfants. »

« Nous privilégions les projets à court terme, sachant qu’elles n’ont peut-être pas la patience d’entreprendre un ouvrage très ambitieux. Elles peuvent donc y travailler à leur gré, selon leur humeur. C’est un moyen de les aider à rester actives, au lieu de regarder passivement la télévision, par exemple. »

Le chariot d’art et d’artisanat est une idée avancée par Mme Daitchman, infirmière retraitée qui a passé sa carrière de 40 ans en soins périnatals et dans la salle d’accouchement de l’HGJ. Bénévole aux Auxiliaires depuis 2011, ce n’est que quelques années plus tard qu’elle a proposé ce projet auquel elle se consacre maintenant corps et âme.

« L’infirmière-chef au Centre des naissances m’a demandé d’expliquer aux patientes les divers aspects de la grossesse et de l’accouchement », raconte Mme Daitchman, dont l’expérience en obstétrique faisait d’elle la personne idéale pour ce rôle.

« J’ai alors été frappée par l’ennui que ces femmes obligées de rester au lit devaient éprouver et je me suis dit qu’il fallait faire quelque chose pour elles. C’est ainsi qu’est né le chariot d’art et d’artisanat. »

Appuyée par les Auxiliaires, Mme Daitchman commença à faire ses tournées avec son chariot en 2017. Plus tard cette année-là, elle fit la connaissance de Rhoda et lui demanda de la remplacer en hiver, pendant son absence de Montréal.

Mme Smith, retraitée après une carrière de 35 ans en enseignement aux enfants avec des besoins spéciaux, notamment à l’école Le Sommet, et bénévole aux Auxiliaires depuis 2008, accepta d’œuvrer au Programme antepartum. Aujourd’hui, non seulement les deux femmes rendent-elles visite aux patientes, mais elles s’occupent d’acheter le matériel d’art requis.

Selon Mme Daitchman, le programme a connu un tel succès qu’il pourrait être offert à l’Unité de soins intensifs néonatals où les mamans, qui passent toute la journée auprès de leurs nouveau-nés en incubateurs sans toujours pouvoir les prendre, pourraient bénéficier de ces passe-temps. Toutefois, beaucoup de détails restent à régler avant que ce projet ne soit mis en œuvre.

Entre-temps, le programme actuel est une source de grande satisfaction. Mme Smith se souvient d’une future maman en particulier qui « avait vraiment peur et pleurait. Je suis restée avec elle et j’ai pris le temps de lui parler. Une fois calmée, elle m’a demandé de voir ce que j’avais dans le chariot ».

« Je lui ai montré comment faire un bonnet et, quand je suis repassée la voir une demi-heure plus tard, elle était souriante. Toute son attitude a changé pendant la semaine qu’elle a passée à l’hôpital, et je suis heureuse de savoir que j’y suis un peu pour quelque chose. »

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