Juin 2025Pleins feux

Les chances de vaincre le cancer sont accrues grâce à la coopération entre les médecins de différentes spécialités

À l’HGJ, la Clinique du cancer de la peau avec ou sans mélanome est unique au Canada

Lorsqu’une lésion sur la jambe de Monique Verrette l’a incité à se rendre à l’HGJ, en 2022, elle s’attendait à subir un examen approfondi, mais elle a été momentanément stupéfaite par ce qu’elle décrit maintenant comme « une abondance de richesse ».

Madame Verrette avait été orientée vers une Clinique spécialisée dans les cancers de la peau au sein de la Division de dermatologie où, comme prévu, le Dr Osama Roshdy, un médecin membre du personnel et cofondateur de la Clinique a examiné sa jambe de plus près.

Le Dr Osama Roshdy s’entretient avec la patiente Monique Verrette au sujet de ses traitements contre le cancer de la peau.

Le Dr Osama Roshdy s’entretient avec la patiente Monique Verrette au sujet de ses traitements contre le cancer de la peau.

Lors de cet examen, il a été rejoint par le Dr Alex Mlynarek, un chirurgien oncologue spécialiste de la tête et du cou (une autre des cofondateurs de la Clinique), ainsi que par un autre spécialiste médical dont Madame Verrette a oublié le nom.

« C’était seulement moi, et trois médecins m’examinaient », se souvient-elle en riant. « J’étais reconnaissante, parce qu’ils prenaient soin de moi et m’examinaient vraiment. Ils se sont très bien occupés de moi. »

La présence de plusieurs médecins ne visait pas seulement à arriver à un consensus au sujet du diagnostic et du traitement. En effet, grâce à la structure unique de la Clinique, au sein de laquelle des médecins de plusieurs spécialités se réunissent régulièrement pour examiner les patient(e)s de la Division de dermatologie, Madame Verrette a épargné du temps, et évité l’anxiété et l’effort considérable de devoir rendre à un rendez-vous avec un médecin après l’autre.

Lors de circonstances normales, Madame Verrette aurait commencé par consulter un(e) dermatologue, puis un(e) oncologue et éventuellement un(e) chirurgien(ne) oncologue ou un(e) radiologue oncologue. Mais, en 2022, tous les médecins concernés l’ont examiné en même temps, comme ils l’avaient fait lors d’une visite antérieure, en avril.

C’est exactement ce type de processus rationalisé que le Dr Roshdy espérait créer lorsqu’il a mis sur pied, en compagnie de deux collègues, une Clinique de traitement des cancers de la peau autre que les mélanomes à l’HGJ, en 2018. La réponse initiale a été tellement importante que, quelques mois plus tard, la vocation de la Clinique a été élargie pour inclure les mélanomes.

Selon le Dr Roshdy, la Clinique était unique lors de son ouverture, et elle reste la seule du genre en milieu hospitalier au Canada.

7 000 patient(e)s en sept ans

Aujourd’hui, une centaine de patient(e)s qui sont recommandé(e)s à la Clinique sont reçu(e)s deux vendredis par mois : une séance de cinq heures pour 50 personnes ayant un mélanome et, deux semaines plus tard, une séance semblable pour 50 autres personnes présentant un cancer de la peau sans mélanome.  

Le Dr Roshdy estime qu’au cours des sept dernières années, la Clinique a accueilli au moins 7 000 patient(e)s.

« La présence d’autant de médecins en même temps dans la même pièce peut rendre certains patients un peu mal à l’aise », dit le Dr Roshdy, « mais, nous coopérons pour créer une ambiance chaleureuse et amicale. Nous pourrions dire que nous pratiquons dans une espèce de style familial. »

« Nos personnalités se complètent », ajoute le Dr Mlynarek. « Aucun d’entre nous n’est du genre à travailler en silo. »

La collaboration interdisciplinaire centrée sur les patient(e)s, une tradition de longue date à l’HGJ, est également devenue une caractéristique du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal.

Cela signifie que certains aspects des soins contre le cancer à l’HGJ vont parfois au-delà du Centre du cancer Segal, pour tirer parti de l’expertise du personnel médical d’autres divisions, comme la Dermatologie ou l’Allergie et l’immunologie (plus d’information au sujet de l’Allergie et l’immunologie ci-dessous).

La Clinique de dermatologie s’inscrit également dans le cadre de l’initiative Vos soins partout, l’approche générale du CIUSSS aux soins fondés sur les usagers afin d’obtenir les bons résultats, en fournissant les bons soins, au bon moment dans le lieu le plus sûr, le plus pertinent et le plus pratique pour les usagers.   

Qui sont les membres de la Clinique du cancer de la peau avec ou sans mélanome

De gauche à droite : Dr Khalil Sultanem, Dr Philippe Lefrançois et Dre Karyne Martel. De droite à gauche : Dr Wilson Miller, Dr Alex Mlynarek et Dr Osama Roshdy, lors d’une visite du Dr Khashayar Esfahani (au centre), un oncologue médical.

De gauche à droite : Dr Khalil Sultanem, Dr Philippe Lefrançois et Dre Karyne Martel. De droite à gauche : Dr Wilson Miller, Dr Alex Mlynarek et Dr Osama Roshdy, lors d’une visite du Dr Khashayar Esfahani (au centre), un oncologue médical.

  • Dr Osama Roshdy, dermatologue et cofondateur de la Clinique.
  • Dr Khalil Sultanem, chef de la Division de radio-oncologie et cofondateur de la Clinique.
  • Dr Alex Mlynarek, chirurgien oncologue de la tête et du cou et cofondateur de la Clinique.
  • Dr Wilson Miller, directeur de l’Unité de recherche clinique à l’Institut Lady Davis de recherche médicale.
  • Dr Karyne Martel, chirurgienne oncologue.
  • Dr Philippe Lefrançois, dermatologue

Chirurgie ambulatoire sur place

« La structure de notre Clinique est beaucoup plus efficace pour les patient(e)s », souligne le Dr Roshdy. « Normalement, une personne peut passer de six à huit semaines à attendre différents rendez-vous médicaux pour arriver à comprendre son état de santé. Ensuite, il faut mettre au point le traitement. »

Dans une salle d’opération de la Division de dermatologie, la Dre Norah Alnafea, boursière en Oncologie de la tête et du cou, enlève une tumeur de l’épaule gauche d’un patient.

Dans une salle d’opération de la Division de dermatologie, la Dre Norah Alnafea, boursière en Oncologie de la tête et du cou, enlève une tumeur de l’épaule gauche d’un patient.

« Dans notre Clinique, tout a lieu lors d’une seule visite, parce que nous sommes tous là pour nous entendre sur le diagnostic et le meilleur traitement. La rapidité est vraiment importante, puisque plus le traitement commence tôt, plus la personne court la chance de bien se rétablir. »

La Division de dermatologie comprend même deux salles d’opération compactes, où un boursier en Oncologie de la tête et du cou peut faire l’ablation de certains types de tumeurs en mode ambulatoire (en utilisant une anesthésie locale).

Bien que les interventions chirurgicales dans ces salles sont généralement prévues sur rendez-vous, le Dr Roshdy dit qu’il n’est pas inhabituel que le processus se déroule plus rapidement pour certain(e)s patient(e)s, c’est-à-dire, qu’une personne soit examinée, reçoive un diagnostic et soit opérée le même jour.

Il note que la Clinique est également devenue un environnement d’apprentissage idéal pour les résidents médicaux en dermatologie et pour les étudiants en médecine, puisqu’elle reçoit régulièrement des patient(e)s de différentes origines raciales et ethniques, ayant un vaste éventail de couleur de peau.

« La même maladie peut avoir un aspect différent d’une personne à une autre selon la couleur de sa peau », explique-t-il.

Lutter contre les effets secondaires des médicaments contre le cancer

La lutte interdisciplinaire contre le cancer est également menée au sein de la Division d’allergie et d’immunologie, qui offre un soutien aux patient(e)s allergiques, ou qui deviennent allergiques, à certains médicaments utilisés en chimiothérapie ou d’autres types de traitements contre le cancer. 

« Par exemple, il pourrait s’agir d’une patiente présentant une tumeur gynécologique maligne qui devient allergique au carboplatine, un médicament utilisé pour traiter le cancer des ovaires », explique le Dr Jesse Schwartz, chef de la Division.

« Il arrive qu’une patiente tolère initialement un médicament particulier et qu’elle n’ait absolument aucune réaction. Par la suite, peut-être après la sixième ou la septième ou la dixième séance de chimiothérapie, elle développe une éruption cutanée, des vomissements ou des vertiges pendant la perfusion. »

« Lorsque nous effectuons un test cutané, les résultats peuvent être positifs ou négatifs, comme c’est le cas pour les arachides ou l’herbe à poux. »

Selon le Dr Schwartz, dans la mesure du possible, et s’il s’agit d’une option sûre, un autre médicament est utilisé afin d’éviter d’exposer la personne à un médicament auquel elle est allergique. Cependant, si le médicament original est le meilleur, et qu’aucune autre possibilité acceptable n’est trouvée, nous pouvons tenter de désensibiliser la personne à ce médicament.

À cette fin, le médicament est dilué et administré lentement à la personne sous sa forme la plus faible. S’il n’y a pas de réaction ou très peu, la concentration du médicament est augmentée et il est administré plus rapidement, selon ce que la personne peut tolérer en toute sécurité.

Une solution qui a fonctionné comme par magie

En fait, il y a une autre façon de décrire la manière par laquelle le Dr Schwartz atteint le résultat voulu : « la magie! » s’exclame sa patiente, Giovanna Pasculli Falcon, en riant. « Je ne sais pas comment expliquer autrement ce qu’il a fait. »

Madame Falcon a été traitée pour un mélanome sur une base récurrente depuis 2000, et elle est suivie par le Dr Robin Billick, chef de la Division de dermatologie, qu’elle décrit, ainsi que le Dr Schwartz, comme « mes deux héros ».

Dans l’Unité de recherche clinique à l’HGJ, Giovanna Pasculli Falcon subit un traitement de chimiothérapie, sans effet secondaire débilitant, tout en s’entretenant avec l’infirmière clinicienne Karine Silva.

Dans l’Unité de recherche clinique à l’HGJ, Giovanna Pasculli Falcon subit un traitement de chimiothérapie, sans effet secondaire débilitant, tout en s’entretenant avec l’infirmière clinicienne Karine Silva.

Son état de santé s’est considérablement aggravé au printemps 2020, lorsqu’une série de séances d’immunothérapie a été prescrite à Madame Falcon à la suite des différents traitements contre le cancer.

Il s’en est suivi trois mois d’enfer, lorsque ces médicaments ont causé une telle inflammation de son visage et de ses oreilles qu’elle devait appliquer un type de crème utilisée habituellement pour les victimes de brûlures. « C’était horrible », se souvient-elle, « et c’était encore pire pendant la nuit. Je dormais avec un bol de glace et une serviette à côté de moi. J’ai beaucoup souffert. »

À un moment, Madame Falcon a également éprouvé des crampes importantes dans les reins et les poumons, qui l’empêchaient de respirer correctement.

Mais, tout cela est désormais derrière elle, dit-elle en souriant de soulagement. En effet, elle reçoit des traitements de chimiothérapie pour un mélanome, mais « je me sens très bien. Le Dr Schwartz a beaucoup travaillé pour résoudre mon problème. Je n’éprouve aucune douleur, et il n’y a pas de brûlure. Aujourd’hui, j’ai un traitement, et demain, je pourrai jardiner. »

« Notre plan d’action est le résultat d’une discussion entre le médecin traitant, la personne traitée et moi », note le Dr Schwartz. « Notre décision est fondée sur la nécessité d’aider la personne à surmonter son allergie, et la mesure dans laquelle le médicament original est préférable à toute autre option. »

« Si la désensibilisation semble la meilleure chose, nous le faisons, du moment que la personne l’accepte. Heureusement, nous avons un bon taux de réussite. »

L’objectif, qu’il s’agisse de la Division de dermatologie ou de la Division d’allergie et d’immunologie, est d’optimiser la collaboration entre les membres du personnel afin d’accroître considérablement les chances des patient(e)s de vaincre le cancer.

« Je suis ravi d’avoir sauvé de nombreuses vies et d’avoir redonné de l’espoir à plusieurs, plusieurs familles », ajoute le Dr Roshdy en souriant.

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