Les consommateurs ne doivent pas négliger le lien entre l’alcool et le cancer, selon un oncologue à l’HGJ
Le risque de développer différents cancers, y compris le cancer du sein, augmente avec la quantité consommée
Peur, choc, confusion étaient les réactions auxquelles s’attendait le Dr Michael Pollak de la part de la jeune femme qui venait de recevoir un diagnostic de cancer du sein dans son bureau. Mais, pendant qu’il continuait à lui parler, d’autres émotions se sont ajoutées soudainement à ce mélange turbulent : une frustration intense, mais surtout une très grande perplexité.
« Comment puis-je avoir un cancer? » s’est-elle écriée. « Je n’ai aucun facteur de risque! »
Le Dr Pollak, qui est le directeur du Centre de prévention du cancer à l’HGJ, lui a posé quelques autres questions : Y avait-il des antécédents de cancer dans sa famille? Pas du tout. Était-elle sportive? Tout à fait. Fumait-elle? Ni maintenant, ni jamais.
« Ensuite, je lui ai demandé si elle consommait de l’alcool », se souvient-il. « Elle m’a regardé avant de me répondre avec beaucoup d’assurance : “Aucun problème. Je sais que boire beaucoup n’est pas bon pour la santé, et c’est la raison pour laquelle je ne bois jamais plus d’une bouteille de vin par jour.” »
Le Dr Pollak soupire en se souvenant de la réponse de cette patiente. « Le problème n’est pas que les gens ne comprennent pas l’importance de la modération », explique-t-il. « C’est que trop de personnes ne saisissent pas vraiment ce que la modération signifie réellement. C’est un aspect crucial, parce que plus vous consommez d’alcool, plus vous augmentez vos risques de développer un cancer. »
« Si une personne dit : “Chaque soir au souper, je bois deux ou trois verres de vin”, certain(e)s peuvent considérer qu’il s’agit d’une habitude raisonnable dans le cadre d’un mode de vie moderne, mais c’est indéniablement trop. »
« Dès que vous définissez votre consommation par le nombre de verres que vous buvez par jour, il ne s’agit plus de modération. La modération signifie de se restreindre à un ou deux verres par semaine. »
Pour dissiper les fausses idées courantes et clarifier les faits au sujet du lien entre l’alcool et le cancer, le Dr Pollak sera le conférencier lors de l’événement spécial Un toast à la prévention : l’expérience du vin qui aura lieu à l’HGJ, le samedi 25 octobre (voir encarté).
Cette soirée de détente comportera de la musique en direct, des hors-d’œuvre et une dégustation de boissons sans alcool, ainsi que des données sur la santé et de l’information sur l’amélioration importante du goût et de la qualité des vins et d’autres boissons sans alcool.
Un toast à la prévention : l’expérience du vin
Quand : samedi 25 octobre, de 18 h à 21 h.
Lieu : Hôpital général juif, Carrefour Lea Polansky, pavillon K, premier étage.
Prix : 50 $ par personne. Les profits seront versés au Centre de prévention du cancer. Consultez le site Web de l’événement pour les billets et plus d’information.
Au programme, musique en direct, hors-d’œuvre, jeux interactifs et vin, bière et cocktails sans alcool, ainsi que des exposés d’experts œnologues locaux, y compris le sommelier de l’Hôtel Ritz-Carlton de Montréal.
Le Dr Pollak souligne que si les risques liés au tabagisme et à l’obésité sont largement connus du public, « il est étonnamment rare que les gens réalisent que la consommation d’alcool augmente également le risque de cancer ».
« Le risque augmente généralement avec la quantité consommée et, d’une certaine manière, cela ressemble beaucoup à l’excès de vitesse. Il peut arriver qu’un conducteur lent ait un accident et qu’un conducteur rapide n’en ait pas. Mais, dans l’ensemble, plus vous roulez vite ou plus vous buvez, plus vous avez de risques d’avoir un accident. »
Le Dr Pollak s’empresse d’ajouter : « Je ne suis pas un prohibitionniste qui pense que l’alcool devrait être illégal. Boire un verre de vin lors d’un mariage n’est pas une mauvaise chose, l’alcool n’est pas un poison. Mais les personnes devraient savoir dans quoi elles s’engagent et ce qu’il faut faire pour minimiser les risques. »
Cela signifie comprendre ce qui constitue un verre en moyenne. Selon le Dr Pollak, la même quantité d’alcool se trouve dans un verre de vin de 30 millilitres, un verre de spiritueux de 10 millilitres et un verre de bière de 300 millilitres. De même, une boisson peut seulement être étiquetée comme étant « sans alcool » si elle contient 0,5 pour cent d’alcool ou moins.
« Le lien entre l’alcool et le cancer du sein est probablement moins connu du public », dit le Dr Pollak. « Dans certains cas, nous n’avons pas constaté de lien, par exemple avec le cancer du cerveau. Mais, il existe indéniablement un lien avec les cancers du sein, du foie, de la bouche, de la gorge, et du système digestif. »
Il considère que son rôle, ainsi que celui du Centre de prévention du cancer consistent à mettre tout en œuvre pour aide le public à éviter entre le tiers et la moitié de tous les cancers évitables.
« Mon objectif est de ne plus entendre un(e) patient(e) qui boit un verre de vin par jour, et à qui j’annonce un diagnostic de cancer, me dire “je ne savais pas” », ajoute le Dr Pollak.




