Juillet 2025Nouvelles

Les images des vaisseaux sanguins sont capturées de manière plus sécuritaire et plus précise pendant la procédure de chirurgie vasculaire

Pour optimiser l’imagerie, un nouvel appareil injecte le volume exact de CO2 à une pression précise dans le système vasculaire de la personne 

Un nouvel appareil médical à l’HGJ, le premier du genre à être utilisé au Canada, accroît la sécurité de la capture d’images des vaisseaux sanguins de certain(e)s patient(e)s pendant une chirurgie vasculaire.  

La photo de droite montre la scène d’un angle différent.

La photo de droite montre la scène d’un angle différent.

Cet appareil, connu sous le nom d’Angiodroid, permet aux technologues en radiographie d’injecter le volume exact de dioxyde de carbone (gaz carbonique) à une pression précise dans le système vasculaire des patient(e)s. Cette technique permet de produire en toute sécurité une image de la partie du corps où une intervention chirurgicale, comme débloquer un vaisseau sanguin ou introduire une endoprothèse, est effectuée.

L’appareil, d’un peu plus d’un mètre de haut, ressemble à une colonne blanche argentée montée sur des roues et surmontée d’un écran et de contrôles. Placé près de la personne sur la table d’opération, il injecte le CO2 d’une bonbonne à un débit déterminé par le(la) chirurgien(ne).

L’une des caractéristiques clés de l’Angiodroid est le rinçage automatique de la ligne de CO2 avant son utilisation. Cette précaution élimine le risque qu’une bulle d’air soit injectée par inadvertance dans le vaisseau sanguin de la personne avec le CO2, explique le Dr Elie Girsowicz, directeur du Programme de résidence en chirurgie vasculaire à l’HGJ, et professeur adjoint à l’université McGill.

Actuellement, pendant une intervention chirurgicale, les chirurgiens vasculaires ou les technologues en radiographie injectent un colorant de contraste à base d’iode dans le système vasculaire de la plupart des patient(e)s, afin de rendre les vaisseaux sanguins plus visibles lors d’une angiographie (un type de radiographie).

L'Angiodroid

L’Angiodroid

Généralement, ajoute le Dr Girsowicz, il n’y a pas de problème relativement à l’utilisation de colorant pour une angiographie. Cependant, dans de rares cas, certains colorants de contraste peuvent causer des problèmes rénaux, une pathologie connue sous le nom de néphropathie.

Cette toxicité se produit seulement chez environ 2 pour cent des patient(e)s qui reçoivent un colorant. Cependant, le risque est plus élevé chez les personnes diabétiques ou ayant des antécédents de maladies cardiaques, de maladies du sang ou de maladies rénales chroniques. Chez les patient(e)s souffrant d’une maladie rénale avancée, le risque peut atteindre 30, voire 40 pour cent.

Jusqu’à maintenant, la seule autre possibilité était d’injecter du CO2 manuellement dans les vaisseaux sanguins, malgré l’inexactitude du volume et de la rapidité d’injection du gaz ainsi que de la possibilité d’intrusion d’autres gaz en raison de l’action manuelle. De plus, la qualité de l’image obtenue n’est pas optimale, ce qui est un autre inconvénient.

L’Angiodroid élimine ces problèmes et ouvre la voie à une utilisation plus large de CO2, souligne Lusine Arutyunyan, ingénieure biomédicale à l’HGJ, la responsable de la salle d’opération hybride (englobant la chirurgie et l’imagerie médicale), où l’Angiodroid est utilisé.

Elle note que lors de l’utilisation manuelle du CO2, les patient(e)s peuvent éprouver de la douleur si le gaz est injecté trop rapidement ou avec une pression trop élevée. Cependant, puisque l’Angiodroid permet aux technologues de régler précisément le processus d’injection, l’inconfort est éliminé ou réduit au minimum.

Madame Arutyunyan dit que comme l’appareil est automatisé, les chirurgien(ne)s ont également la possibilité de sauvegarder les réglages dans la mémoire de l’appareil, ce qui leur permet de refaire exactement la même procédure, au besoin.

Selon le Dr Girsowicz, dans d’autres pays, les chirurgien(ne)s sont tellement ravi(e)s par les résultats, qu’ils ont considérablement moins souvent recours à l’iode et préfèrent que l’Angiodroid administre du CO2 à la plupart de leurs patient(e)s.

« Nous n’en sommes pas encore là », dit-il, « mais, je pense que nous sommes maintenant à l’aube d’une lente période de transition. Il s’agit d’une superbe occasion pour nos patient(e)s qui bénéficieront d’une sécurité et d’une précision accrue. »

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