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Les notes du Shofar élèvent l’esprit des patients et remercient les membres du personnel qui luttent contre la COVID-19

Les sons d’une corne de bélier, habituellement entendu dans les synagogues en septembre pour marquer le Nouvel An juif, résonnent maintenant presque tous les jours, à l’extérieur du pavillon K de l’HGJ, pour remercier les travailleurs des soins de santé qui s’efforcent de juguler le coronavirus (COVID‑19).

La plupart des jours (sauf le samedi, jour du shabbat juif), quand la température le permet, le chantre Henry Granek se rend sur la rue Légaré vers 16 h 15, et il utilise les sons d’une corne de bélier — appelée shofar en hébreu — pour traduire des émotions qui ne peuvent pas toujours être exprimées par des mots.

« Nous entendons parler de remerciements exprimés en klaxonnant devant l’Hôpital ou en chantant sur les balcons; je voulais faire quelque chose de semblable, mais avec un aspect juif unique », explique M. Granek.

« Comme nous tous, mes pensées et mes prières vont vers les malades et les personnes qui les soignent. Mais, je veux en faire un peu plus. Le son du shofar est un appel à l’action, personnelle parfois, mais également collective. C’est la raison pour laquelle j’espère que ces notes transmettront non seulement des remerciements, mais qu’elles inspireront aussi les gens à agir pendant cette crise. »

M. Granek, qui a fréquemment agi comme chantre auprès des congrégations plus petites, au Québec, mais aussi ailleurs au Canada et aux États-Unis, a commencé à faire résonner son shofar sur le trottoir le 20 avril, après s’être assuré auprès du Service de police qu’il pouvait le faire sur une voie publique.

« Je crois que les habitants de la terre sont tous responsables du bien-être les uns des autres. »

Il a également consulté les membres du personnel du Service de sécurité et du Service de prévention et contrôle des infections de l’HGJ, qui n’ont pas eu d’objection du moment qu’il respectait la distance sécuritaire recommandée envers les autres personnes.

M. Granek souffle trois types de séquences traditionnelles de notes dans son shofar : un seul son uniforme (qui est parfois prolongé), une série de trois sons de durée moyenne, et quatorze sons courts et saccadés. Pour M. Granek, chaque séquence symbolise différents groupes de travailleurs de la santé.

Bien qu’une corne de bélier ordinaire, relativement droite et d’environ 30 centimètres (12 pouces), soit souvent utilisée, M. Granek utilise un shofar koudou, impressionnant et visuellement saisissant. Il s’agit d’une corne spiralée de koudou, une antilope africaine, d’une longueur de 80 centimètres (32 pouces).

Ces exécutions musicales ont suscité des froncements de sourcils et des regards perplexes de la part de certains passants, mais M. Granek dit qu’elles ont aussi donné lieu à des conversations avec d’autres, qui étaient curieux au sujet de différents aspects du judaïsme. Il ajoute que pour les personnes familières avec le shofar, ces sons constituent une source de réconfort spirituel.

M. Granek dit que sa présence quotidienne à l’extérieur de l’HGJ consolide ses liens avec l’Hôpital où il est né, où son bras fracturé a été plâtré avant sa bar-mitzvah, où une intervention chirurgicale sur sa rétine a sauvé sa vision et où sa mère a reçu d’excellents soins pendant son combat de sept ans et demi contre la maladie d’Alzheimer.

Les personnes qui souhaitent entendre M. Granek souffler dans son shofar doivent venir sur le trottoir près de l’entrée du pavillon K vers 16 h 15, l’heure où le quart de travail de plusieurs membres du personnel prend fin et quand ils peuvent entendre facilement ces mini-concerts.

Il explique que le choix de 16 h 15 (4:15 en anglais) est également lié à la gematria, un système de numérologie hébraïque mystique, dans lequel une valeur est attribuée à un nom ou à un mot d’après la valeur numérique de chaque lettre. En utilisant ce code, 415 est la valeur numérique des mots merci (todah) et action (ma’asseh) en hébreu.

M. Granek espère pouvoir continuer à venir à l’HGJ jusqu’à la fin de la crise, comme geste de solidarité envers les patients et les membres du personnel qui sont touchés par la pandémie. « Dans la communauté juive, j’ai mené ma vie conformément à l’axiome talmudique Kol Yisrael areivim zeh bazeh — Les Juifs sont tous responsables du bien-être les uns des autres ».

« Mais, maintenant plus que jamais, je crois qu’il est approprié de transformer cette phrase pour dire, Kol yoshvei tevel areivim zeh bazeh — Les habitants de la terre sont tous responsables du bien-être les uns des autres. »