Décembre 2020Nouvelles

L’HGJ est le seul hôpital au Québec à désobstruer les artères pulmonaires sans intervention à cœur ouvert

Une opération guidée par des images issues d’outils numériques de pointe

Le laboratoire de cathétérisme cardiaque de l’HGJ est devenu le seul établissement en son genre au Québec à mettre des outils numériques avancés au service d’une intervention consistant à ouvrir à l’aide d’un ballon les artères pulmonaires rétrécies ou bloquées de patients souffrant d’hypertension pulmonaire.

Acquis cet automne, l’équipement à la fine pointe de la technologie rend l’angioplastie pulmonaire par ballonnet une solution viable pour les patients qui autrement n’auraient pas été retenus comme candidats pour cette intervention.

Équipe du laboratoire de cathétérisme cardiaque de l’HGJ.

Équipe du laboratoire de cathétérisme cardiaque de l’HGJ.

Une version antérieure de cet équipement – une table d’angioplastie à technologie biplan – est utilisée à l’HGJ depuis plusieurs années, mais elle était moins sophistiquée que le modèle actuel.

Ses deux scanneurs amovibles prennent en même temps des images en temps réel des artères pulmonaires du patient de deux angles différents et les projettent instantanément à l’écran.

Le système artériel pulmonaire et les blocages étant maintenant plus visibles que jamais, l’équipe d’intervention est en mesure de déterminer plus précisément l’emplacement et le progrès du ballonnet à mesure qu’il est acheminé dans le corps du patient.

Jusqu’à maintenant, les artères pulmonaires bouchées étaient généralement désobstruées par une ouverture chirurgicale de la cage thoracique, explique le Dr Mark Eisenberg, directeur du laboratoire de cathétérisme cardiaque. Si cette opération reste encore la plus indiquée pour certains patients, bien d’autres pourraient bénéficier d’une intervention moins invasive sur la table d’angioplastie.

Non seulement la résolution des images est-elle meilleure, explique le Dr Eisenberg, mais l’équipe travaille plus efficacement. Aussi, l’exposition à la radiation est moindre lorsque le produit de contraste iodé est administré au patient pour mieux visualiser les structures vasculaires et pulmonaires.

« Par rapport à l’ancien équipement, c’est le jour et la nuit – il n’y a aucune comparaison », dit le Dr Eisenberg.

L’intervention est nécessaire parce que les caillots au poumon se transforment en tissu cicatriciel au fil de temps, ce qui rend le passage du sang plus difficile et l’oxygénation du sang insuffisante. La pression augmente également dans le poumon (hypertension pulmonaire), ce qui impose une forte pression sur le côté droit du cœur et provoque une insuffisance cardiaque.

« Par rapport à l’ancien équipement, c’est le jour et la nuit – il n’y a aucune comparaison. »

L’angioplastie pulmonaire par ballonnet offre une solution, mais elle est difficile en raison de la complexité des artères bronchiques du système vasculaire pulmonaire. Pénétrer ces artères à l’aide de cathéters insérés dans un vaisseau sanguin de l’aine exige beaucoup de manipulation qui serait impossible sans visualiser en temps réel le progrès des cathéters.

Avec le système biplan, il est plus facile de conduire le cathéter dans chaque artère avec un ballon et de pénétrer le tissu cicatriciel. Cette intervention permet d’améliorer la circulation sanguine dans les artères et de réoxygéner les alvéoles pulmonaires.

Selon Nadira Ramrup, infirmière-chef au laboratoire de cathétérisme cardiaque, très peu d’hôpitaux canadiens ont des tables d’angioplastie à technologie biplan et même ceux qui en ont les réservent aux interventions coronariennes. L’HGJ les utilise pour les interventions coronariennes et pulmonaires.

C’est en grande partie grâce au Dr Ali Abualsaud que l’HGJ fait figure de proue au Québec à ce chapitre, celui-ci ayant suivi une formation spécialisée en angioplastie pulmonaire par ballonnet au Japon. Selon le Dr Eisenberg, l’HGJ fait partie des rares centres hospitaliers au monde capables de pratiquer cette intervention.

De plus, dit-il, cette intervention innovante consolide le programme d’hypertension pulmonaire de l’HGJ, qui est le plus vaste au Québec et parmi les plus importants au Canada. L’HGJ est reconnu comme un Centre d’excellence dans le domaine de l’hypertension pulmonaire, sous la direction du Dr David Langleben, ancien chef du Service de cardiologie de l’Hôpital.

«  Le nouvel équipement nous fait faire des bonds prodigieux. »

Muni du plus récent logiciel, l’appareil biplan dernier cri permet au Dre Dominique Joyal de pratiquer des interventions plus sûres pour déboucher les obstructions sévèrement calcifiées d’une artère coronaire, condition appelée occlusion totale chronique.

La technologie d’imagerie du système biplan de nouvelle génération présente des images plus précises à l’aide de rayons X à très faibles doses de radiation. Cette technologie est particulièrement bénéfique pour les patients souffrant d’occlusion totale chronique, car ils sont exposés à moins de radiation, même pendant les interventions plus longues.

Pour les angioplasties coronariennes, des calculs avancés sont effectués au moyen d’un logiciel permettant le recalage d’images intrasujet. Ce logiciel aide l’équipe à déterminer la longueur du vaisseau artériel et l’ampleur du blocage et aussi à décider quelle endoprothèse convient le mieux à la situation.

Pour illustrer les progrès technologiques extraordinaires réalisés en imagerie médicale, le Dr Eisenberg fait une comparaison avec les images qu’il utilisait lorsqu’il a commencé à travailler à l’ancien laboratoire de cathétérisme cardiaque de l’HGJ, en 1995. « Ce n’est qu’après l’intervention que nous examinions le film radiographique réel et souvent, il nous révélait des choses qui avaient été impossibles à voir pendant l’opération ».

« Les endoprothèses ont également été introduites alors que j’étais encore aux études; aujourd’hui, il serait impensable de s’en passer. Le nouvel équipement nous fait faire des bonds prodigieux. »

De plus, nous pouvons désormais traiter une plus grande variété de patients, ce qui est très gratifiant pour nous. Il faut également savoir que les interventions d’aujourd’hui sont plus complexes que nous aurions pu imager il y a 20 ou 25 ans.

« Les dernières améliorations font partie de l’évolution et de l’innovation continues du laboratoire de cathétérisme cardiaque, souligne le Dr Eisenberg. Elles nous apportent de nouvelles solutions et une plus grande souplesse, ce qui se traduit par des avantages énormes pour nos patients. »

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