La recherche à l'Institut Lady DavisOctobre 2016

L’information en ligne sur les soins de santé? Oui, mais faites bien attention!

Si vous pensez être malade en vous fondant sur ce que vous avez lu en ligne, la Dre Reem el Sherif a une seule chose à vous dire : cybercondrie.

Cela ne veut pas nécessairement dire que votre autodiagnostic est erroné. Mais, comme la Dre el Sherif a découvert dans le cadre de ses recherches, Internet est bourré de renseignements inexacts et de conseils potentiellement dangereux. Nous participons de plus en plus à nos propres soins, et trouvons tout naturel d’aller chercher de l’information en ligne. Mais, il est souvent difficile de distinguer les sources fiables de celles qui ne le sont pas.

Nous estimons que plus de 70 pour cent des utilisateurs d’Internet ont cherché de l’information en ligne sur les soins de santé, a déclaré la Dre el Sherif, chercheuse dans le domaine de la médecine familiale à l’Institut Lady Davis et au Centre de médecine familiale Goldman Herzl de l’HGJ.

C’est ce qui a motivé la Dre el Sherif à se pencher sur la manière dont les patients trouvent l’information et comment ils l’utilisent.

Comment trouver de meilleurs renseignements médicaux en ligne

Les participants à l’étude de la Dre Reem el Sherif ont proposé trois manières de restreindre l’aspect négatif des recherches médicales sur le Web :

  • guider les patients vers de l’information sur la santé fiable à l’intention des consommateurs;
  • informer les patients sur la manière d’évaluer la fiabilité des sites Web sur les soins de santé;
  • renseigner les patients sur la manière de consulter leurs professionnels de la santé, leurs bibliothécaires médicales et leurs réseaux sociaux au sujet de l’information qu’ils ont trouvée eux-mêmes.

« La cybercondrie est un phénomène réel, décrivant l’inquiétude des personnes qui imaginent être malade en se fondant sur ce qu’elles ont lu en ligne », explique la Dre el Sherif, « nous voulions donc déterminer la portée des résultats négatifs pouvant découler des recherches sur la santé effectuées sur le Web, du point de vue des patients. »

La Dre el Sherif voulait notamment cerner des stratégies qui encourageraient les patients à accroître leurs connaissances sur les ressources en ligne relativement à leur bien-être, et à utiliser ces ressources, du moment que les conséquences négatives étaient réduites au minimum.

Ses recherches ont révélé trois types de conséquences négatives aux recherches d’information sur les soins de santé en ligne :

  • internes —causant un sentiment d’anxiété, par exemple;
  • interpersonnelles— créant une tension dans la relation entre le patient et son médecin, par exemple;
  • liées aux services — c’est-à-dire, remettre à plus tard une consultation médicale ou effectuer des visites trop fréquentes à l’Urgence.

« Comprendre le jargon de la santé et maîtriser les principes fondamentaux des recherche sur Internet sont d’une importance capitale », souligne la Dre el Sherif. « Par exemple, il faut savoir que les premiers sites affichés par Google ne sont pas nécessairement les meilleurs. Vous devez posséder certaines connaissances de base pour être en mesure d’évaluer la source consultée. »

À l’Hôpital général juif, des spécialistes de l’information aux patients prodiguent des conseils au sujet des sites Internet fiables. Le support en ligne est disponible par le biais du Centre de ressources pour les patients et leur famille, tandis que de l’aide en personne est disponible à la Bibliothèque des Sciences de la Santé, au deuxième étage du pavillon A (entrée de la rue Côte-des-Neiges). « Nous sommes toujours ravis d’aider les patients qui s’efforcent de comprendre leur état de santé », de dire Linda Lei, bibliothécaire à l’HGJ, qui travaille avec des patients du Service d’oncologie depuis 2008.

Les patients doivent être particulièrement prudents lorsqu’ils prennent des décisions fondées uniquement sur leurs recherches sur Internet prévient la Dre el Sherif. «  Les gens ne sont pas objectifs et confirment ce qu’ils cherchent à confirmer en lançant une recherche. Une personne qui veut être rassurée se sentira mieux après sa recherche, tandis qu’une autre qui est anxieuse trouvera des sites qui exagèrent la gravité de ses symptômes. »

« Le Web peut certainement être un guide et une source d’information supplémentaire, mais il ne peut pas remplacer une consultation avec un professionnel de la santé.  L’information trouvée sur le Web peut être la base d’une conversation avec un médecin, et les médecins apprécient réellement un patient bien informé. Toutefois, un examen médical est indispensable pour évaluer les particularités de l’état de santé de toute personne. »

D’ailleurs, la plupart des participants au sondage de la Dre el Sherif ont conclu que la meilleure marche à suivre, quand ils éprouvaient des symptômes, était de consulter un médecin et d’obtenir un diagnostic avant de lancer une recherche sur Internet. Selon eux, cette ligne de conduite valait mieux que de chercher l’explication d’un symptôme sur Google avant de décider s’il fallait consulter un médecin. La plupart d’entre eux ont également reconnu qu’ils auraient été moins anxieux s’ils avaient consulté un médecin avant de lancer une recherche.

« La raison citée le plus souvent pour avoir d’abord effectué une recherche sur Internet est la difficulté liée aux consultations médicales », ajoute la Dre el Sherif. « Le temps d’attente pour obtenir un rendez-vous ou l’inconvénient d’aller au Service de l’urgence sont assurément deux éléments dissuasifs. »

Dans l’ensemble, conclu la Dre el Sherif, l’expérience des recherches en ligne sur la santé reste positive, puisque les patients sont habituellement capables d’obtenir des conseils judicieux et de calmer leur anxiété.

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