L’une des membres de l’Équipe originale de la Division d’échographie obstétricale fait ses adieux après 37 ans de service
Linda Larin prend sa retraite après 45 ans à l’HGJ
Récemment, lors du départ à la retraite de Linda Larin de la Division d’échographie obstétricale, le Centre hospitalier universitaire général juif a dit adieux non seulement à une technicienne en échographie de longue date, mais aussi à l’une des premières employées ayant contribué à la création de la Division, en 1989.

Quelques membres du personnel de la Division d’échographie obstétricale dans leurs anciens locaux du pavillon B dans les années 1990. De gauche à droite : l’infirmière Joyce Ross, la secrétaire Christina Vieira, la technologue en échographie Linda Larin, la technologue en échographie Francine Bouvier et la Dre Louise Miner.
Madame Larin ne tarit pas d’éloges envers ses collègues de chaque décennie, et ses yeux s’illuminent lorsqu’elle décrit la passion qu’elle éprouve pour ce travail qui a comblé les besoins de près de deux générations de futures mères.
Cependant, elle soupire en se remémorant les premiers locaux de la Division d’échographie obstétricale, au sous-sol du pavillon B, au bout d’un couloir où des montagnes de déchets nauséabonds de l’ensemble de l’Hôpital étaient régulièrement acheminées pour être éliminées.
« Nous devions garder la porte principale fermée la plupart du temps », se souvient Madame Larin, « et nous devions souvent demander que de nouveaux déchets ne soient pas descendus au sous-sol pendant la journée, lorsque nos patientes étaient présentes ».
Elle ajoute en riant : « Nous disions souvent que si notre Division avait été comme le Département d’urologie, où les patients étaient principalement des hommes, nous aurions pu déménager bien plus tôt. »
« Et ce n’était pas seulement l’odeur; l’intimité était minimale. Seuls des rideaux minces séparaient les trois cabines d’échographie, si bien que, depuis la salle d’attente, on entendait tout ce qui s’y passait. »
« Mais c’était une nouvelle Division, et c’était la nôtre! Nous étions reconnaissantes que l’Hôpital nous ait trouvé un espace, et nous adorions ce que nous faisions. » Par la suite, elle a vu avec fierté cette Division, qui était seulement ouverte trois jours par semaine, se développer progressivement et offrir des services à temps plein, avant d’emménager en 2009 dans des locaux lumineux et modernes au troisième étage du pavillon H. aujourd’hui, sept techniciennes en échographie effectuent plus de 14 000 examens de grossesse par année dans les six grandes salles d’examen de la Division. Madame Larin a également été témoin de l’évolution graduelle de l’équipement d’échographie. De nos jours, dit-elle, les appareils permettent de capturer une foule de détails — ce qui est bien loin des machines de nos débuts : « Nous étions contentes si nous pouvions voir la tête du bébé ou un fémur. » En 1981, à l’âge de 19 ans, Madame Larin est entrée au service de l’HGJ comme technicienne en radiologie au sein du Département de radiologie pour ce qui devait être un emploi d’été. Ce poste s’est transformé en emploi à temps plein qui a duré jusqu’en 1989, date à laquelle elle a été mutée au sein de la Division d’échographie obstétricale nouvellement créée. Jusqu’au début des années 1970, les patient(e)s de l’HGJ — particulièrement les femmes enceintes — qui avaient besoin d’une échographie étaient orienté(e)s vers d’autres hôpitaux. Lorsque l’échographie a été disponible à l’HGJ en 1974, elle a été utilisée dans plus de 1 000 cas de toutes sortes dès les premiers mois. Dre Roberta Shear, cheffe du Département d’obstétrique et de gynécologie « Pendant plus de 30 ans, Linda a fait preuve d’une capacité extraordinaire de détecter quand quelque chose n’allait pas ou était préoccupant chez un bébé, avant même que quiconque ne le remarque ou que des signes ne se manifestent. « Nous la surnommions la sorcière, parce que son intuition clinique était toujours juste. Elle pouvait prédire ce qui allait se passer dans une grossesse présentant un risque élevé, et la plupart du temps, elle avait raison. Elle a sauvé d’innombrables bébés de cette manière. « Elle était également très bienveillance envers les femmes enceintes, qui étaient souvent très anxieuses. Linda savait comment leur parler et les rassurer avec une empathie remarquable. » Demi Papapanagiotou, cheffe de la Division d’échographie obstétricale « La chaleur humaine, l’empathie et le calme serein de Linda faisaient d’elle la personne idéale pour l’échographie obstétricale. Elle alliait une expertise technique exceptionnelle à une compassion sincère qui mettait les patientes à l’aise pendant certains des moments les plus marquants de leur vie. « Son dévouement et sa gentillesse ont laissé une impression durable sur ses collègues et sur les nombreuses familles dont elle s’est occupée. »Hommage à Linda Larin
Au début, les échographies obstétricales étaient effectuées par deux radiologues, mais à la fin des années 1980, des obstétricien(ne)s ont commencé à prendre en charge ces examens.
Cette Division a été créée par la Dre Emily Hamilton, cheffe du Département d’obstétrique et de gynécologie (qui a accouché les deux enfants de Madame Larin), et par la Dre Louise Miner, qui est ensuite devenue cheffe de ce Département, ainsi que directrice des Services professionnels de l’Hôpital.

En 2019, Mazit Ifergan a subi une échographie obstétricale réalisée par la technologue en échographie Linda Larin (assise), en consultation avec la Dre Louise Miner.
À ses débuts, le personnel de la Division d’échographie obstétricale était seulement composé de la Dre Hamilton, la Dre Miner, Madame Larin, Francine Bouvier, spécialiste en échographie, et Randy Kauffman, agente administrative.
« C’était tellement passionnant d’être là dès le début », ajoute Madame Larin. « J’aimais particulièrement le contact humain et la possibilité de parler avec les patientes. C’était très différent de la radiologie : à l’époque, on prenait une image et la personne repartait aussitôt. »
Au fil du temps, Madame Larin a acquis suffisamment d’expérience pour devenir formatrice et elle a enseigné à des dizaines de résident(e)s en médecine comment effectuer des d’échographies. Certain(e)s, notamment le Dr Cleve Ziegler et la Dre Stephanie Klam, sont aujourd’hui parmi les membres du personnel les plus chevronnés du Département d’obstétrique et de gynécologie.
Après 45 ans au service de l’HGJ, dont 37 au sein de la Division d’échographie obstétricale, Madame Larin a pensé que le moment était venu de tirer sa révérence, en grande partie en raison de la fatigue croissante liée à ses trajets quotidiens depuis la Rive-Sud.
« Ça a vraiment été merveilleux », dit-elle. « Les médecins nous ont toujours traitées comme des professionnelles et écoutaient attentivement ce que les techniciennes en échographie avaient à dire. Ces personnes tenaient compte de notre opinion chaque fois que nous attirions leur attention sur quelque chose.
« C’est parce que nous avons toujours formé une famille. Les patientes étaient notre priorité absolue, et ensuite, nous nous soutenions les unes les autres. »




