Avril 2016Nouvelles

Mise en garde d’un médecin : le recours excessif aux traitements médicaux présenterait des risques

Lorsqu’une maladie se déclare, la stratégie idéale n’est-elle pas toujours de résoudre le problème? Faux.

Par précaution, ne devrait-on pas identifier une maladie le plus tôt possible? Nullement.

N’est-il pas toujours préférable de combattre une maladie que de ne pas intervenir? Pas du tout.

À maintes reprises, le Dr H. Gilbert Welch a présenté des arguments qui, de prime abord, semblaient raisonnables pour ensuite les réfuter l’un après l’autre en soulignant qu’ils pouvaient être dangereux et trop facilement acceptés par les usagers des services de santé bien intentionnés. Selon lui, certaines croyances donnent souvent lieu à un excès de traitements médicaux pouvant être aussi dommageable qu’une insuffisance de soins.

« Les soins médicaux peuvent faire beaucoup de bien dans des contextes bien précis — par exemple, dans le cas de personnes très malades ou grièvement blessées », a indiqué le Dr Welch, qui s’adressait à une salle comble dans l’amphithéâtre Block, lors de la deuxième conférence commémorative annuelle Goldie Raymer, en novembre 2015.

« Mais dans bien des cas, nous avons exagéré les bienfaits des soins médicaux et sous-estimé leurs risques. On reconnaît de plus en plus la nécessité d’adopter une approche équilibrée en ce qui concerne la crainte traditionnelle de ne pas offrir suffisamment de soins et celle d’en offrir trop. Certains traitements sont bons, mais en rajouter n’est pas forcément mieux. »

Organisée par la Division de médecine gériatrique de l’HGJ, la conférence portait sur certaines préoccupations des personnes âgées et, dans une optique plus globale, sur les problèmes médicaux rencontrés dans l’ensemble de la population. Ces questions sont une partie importante du travail du Dr Welch, professeur à la faculté de médecine du Dartmouth Institute for Health Policy and Clinical Practice, au Dartmouth College, Hanover, New Hampshire.

Pendant une heure, le Dr Welch a présenté sept mises en garde de son propre cru — qu’il a qualifié de « vérités troublantes » — appuyant ses propos de références à des recherches médicales et à des statistiques :

  • Réduire tous les risques est impossible et tenter d’y parvenir crée d’autres risques.  Le traitement des personnes atteintes d’une maladie, comme l’hypertension ou le diabète, est absolument nécessaire. Mais chez les personnes présentant un faible risque de développer une maladie, s’obstiner à réduire davantage ce risque est potentiellement dangereux.
  • Essayer d’éliminer un problème peut être plus dommageable que de le gérer. La meilleure façon de traiter certains cas de maladies cardiaques est d’avoir une saine alimentation, de faire régulièrement de l’exercice et de prendre de bons médicaments. Pourtant, bien des gens, dont la maladie cardiaque ne met pas leur vie en danger, prennent un risque en choisissant de se faire insérer des endoprothèses, des fils ou des ballonnets dans leurs artères coronariennes.
  • Un diagnostic précoce peut inutilement rendre malade. Le Dr Welch a cité le cas de personnes devenues inutilement angoissées en apprenant qu’elles présentaient des anomalies cellulaires, même s’il était peu probable qu’elles deviennent cancéreuses. Le dépistage précoce peut être pertinent dans certains cas — surtout chez les personnes présentant un risque élevé —, mais son adoption à grande échelle s’est avérée « une bonne recette pour rendre les gens malades ».
  • La surabondance de données peut intimider les patients et faire perdre de vue l’essentiel au médecin. En d’autres termes, l’abondance d’informations — notamment le matériel trouvé dans Internet — n’est pas forcément utile à moins d’être fondé sur des données factuelles et d’être pertinent à l’état d’un patient.
  • Parfois ne rien faire est exactement ce qu’il faut faire. Dans certains cas, comme celui des douleurs lombaires, il y a de bonnes raisons de ne pas opérer. Les patients doivent envisager d’autres choix que l’intervention médicale qui présente parfois un risque d’infections nosocomiales ou d’autres conséquences graves.
  • Nouveauté n’est pas toujours synonyme d’amélioration. Le public ne doit pas se montrer trop enthousiaste à l’idée de se soumettre à de nouvelles procédures ou technologies perçues comme des procédés de pointe. La meilleure stratégie est de choisir des outils et des techniques qui ont fait leurs preuves, car « les nouvelles interventions n’ont pas encore fait l’objet de vérifications éprouvées et finissent souvent par être jugées inefficaces et même néfastes. »
  • Prévenir la mort à tout prix diminue la qualité de vie. Il y a des cas où même si la médecine ne peut plus rien pour les patients, des mesures exceptionnelles sont prises pour prolonger leur durée de vie. Résultat? La qualité de vie de ces personnes est considérablement diminuée durant leurs derniers moments.

TD

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