Janvier 2021Pleins feux

Nomination de Myer Bick, ancien PDG de la Fondation, au sein de l’Ordre du Canada

Ses collègues louent sa chaleur, sa sincérité et sa capacité de forger des liens émotionnels

En 2018, peu après l’annonce de sa retraite à titre de président-directeur général de la Fondation de l’HGJ, Myer Bick marchait rapidement, comme d’habitude, dans le couloir principal de l’Hôpital, quand il a entendu une personne l’appeler : « Myer, pas si vite! »

Myer Bick à son bureau avant sa retraite de la Fondation de l’HGJ.

Myer Bick à son bureau avant sa retraite de la Fondation de l’HGJ.

Après s’être retourné, M. Bick a vu qu’il s’agissait du Dr David Langleben, un cardiologue de longue date à l’Hôpital. M. Bick s’est approché de lui en demandant ce qu’il y avait de tellement urgent. « Tu devrais marcher moins vite », a répondu le Dr Langleben. « De cette manière, tu pourrais mieux voir combien tu as accompli ici ».

Si vous suivez le conseil du Dr Langleben et que vous marchez dans les couloirs de l’HGJ, vous verrez effectivement un peu partout l’empreinte figurative de M. Bick, et de son équipe de solliciteurs de fonds, que ce soit sur des pavillons entiers (le Centre du cancer Segal, le pavillon K), sur de nombreuses cliniques rénovées de fond en comble ou sur les locaux des patients admis (Psychiatrie, Dialyse).

C’est en grande partie grâce à cet effort remarquable que M. Bick a été nommé au sein de l’Ordre du Canada. Bien que cet honneur reconnaisse l’excellence de toute une vie dans le domaine des affaires, les organismes sans but lucratif et les services auprès de la communauté, son travail à la tête de la Fondation pendant près de deux décennies est largement considéré comme l’héritage durable de M. Bick.  

« Je suis vraiment ravi et honoré », a déclaré M. Bick. « Cependant, je dois ajouter que ma réussite au cours des années a beaucoup à voir avec les personnes avec qui j’ai travaillé et que j’ai rencontré. Elles m’ont aidé et m’ont beaucoup appris. Elles ont fait partie de ma vie et une part de cette récompense revient à chacune d’elles. »

Ce qui est peut-être le plus étonnant au sujet de cet honneur est le fait que M. Bick n’avait pour ainsi dire aucune expérience en matière de collecte de fonds avant d’entrer au service de la Fondation, en 2001.

Auparavant, il avait notamment occupé les postes de vice-président de la gestion et des opérations à Canpro Investments Limited, de président et associé directeur de la société Spatches Inc., de président de Carodan Consultants International, de directeur général national du Comité Canada Israël, et de président du Comité exécutif de Montréal des Amis canadiens de l’Université de Tel-Aviv.

La nomination de Myer Bick à titre de président-directeur général de la Fondation de l’HGJ a été annoncée dans le numéro du printemps 2001 des Nouvelles HGJ. (cliquez sur la photo pour l’agrandir)

La nomination de Myer Bick à titre de président-directeur général de la Fondation de l’HGJ a été annoncée dans le numéro du printemps 2001 des Nouvelles HGJ. (cliquez sur la photo pour l’agrandir)

Néanmoins, ses amis et ses collègues s’entendent pour dire que la capacité unique de M. Bick de tisser des liens chaleureux, directs et sincères avec tous sans avoir recours à des tactiques de vente forcée était, et est encore, son talent le plus remarquable.

Pendant que M. Bick se préparait à entrer au service de la Fondation, son manque de connaissances pratiques de la sollicitation de fonds était bien connu de Jonathan Wener, alors président du Conseil d’administration de l’HGJ. Aujourd’hui, avec un humour plein d’autodérision, M. Bick se souvient de la raison pour laquelle il était malgré tout le bienvenu à l’Hôpital.

« Jon a dit, ‘Nous savons que ce n’est pas parce qu’il est particulièrement intelligent. Et, certainement pas parce qu’il est particulièrement beau. Ce qui compte, c’est qu’il connaît une foule de personnes. Il est respecté, voire admiré, et les gens accepteront volontiers à ses coups de fil’ ».

« Ensuite, le premier jour où j’ai travaillé à l’Hôpital, nous étions dans la salle du conseil pour une réunion, et Jon a écrit en grandes lettres sur le tableau ‘Voyez grand ou rentrez chez vous’. Et, il n’était pas question que je rentre chez moi ».

La capacité de M. Bick à voir grand est rapidement devenue évidente, quand il a fixé un objectif de 200 millions de dollars, soit quatre fois plus que l’objectif précédant, pour la première campagne de financement de la Fondation menée sous sa direction. Cet objectif a non seulement été atteint et éventuellement dépassé, mais il a pavé la voie à la campagne suivante, dont l’objectif de 250 millions de dollars a également été atteint.

Ces sommes étaient d’une importance cruciale, puisque les fonds recueillis par la Fondation ont été utilisés à de fins aussi différentes que pour rehausser le confort des patients (lits d’hôpitaux modernes), acquérir de l’équipement pour les cliniciens (les robots chirurgicaux da Vinci) et verser le salaire des chercheurs chevronnés recrutés par l’Institut Lady Davis.

En novembre 2017, Myer Bick (au centre) a reçu le Prix d’excellence pour une carrière exceptionnelle en philanthropie des mains de Marc Weinstein, vice-principal à l’Avancement universitaire à l’université McGill, et de Luce Moreau, présidente de la section du Québec de l’Association des professionnels en philanthropie. (Photo : Mélissa Vincelli)

En novembre 2017, Myer Bick (au centre) a reçu le Prix d’excellence pour une carrière exceptionnelle en philanthropie des mains de Marc Weinstein, vice-principal à l’Avancement universitaire à l’université McGill, et de Luce Moreau, présidente de la section du Québec de l’Association des professionnels en philanthropie. (Photo : Mélissa Vincelli)

En ce qui a trait au pavillon K, le coût de la construction était pris en charge par le gouvernement. Mais, il incombait à la Fondation de réunir les fonds pour la construction du stationnement souterrain, ainsi que pour l’ameublement et l’équipement nécessaires dans toutes les nouvelles chambres.

Plusieurs projets dépendaient encore davantage du soutien privé, notamment le Centre du cancer Segal, dont la création et le lancement en 2006 ont reposé largement sur un don important du philanthrope Alvin Segal.

En collaborant étroitement avec M. Segal, M. Bick est devenu le catalyseur de ce projet en rendant possible la centralisation de tous les services de l’Hôpital relatifs au cancer, en les modernisant considérablement et en les appariant plus étroitement aux recherches effectuées à l’Institut Lady Davis.

C’est la raison pour laquelle Larry Sidel, vice-président directeur de la Fondation considère encore la participation de M. Bick à la création du Centre du cancer Segal comme son accomplissement le plus remarquable.

« Quand le Centre a ouvert ses portes, c’était comme si nous pénétrions dans un autre monde, comparativement à ce qui existait auparavant », explique M. Sidel, qui a commencé à travailler avec M. Bick en 2002. « Il s’agit d’un véritable environnement de guérison, et tout le mérite revient à Myer pour tout le travail qu’il a accompli ».

M. Sidel ajoute que l’adresse de M. Bick était également évidente dans ses lettres et ses propositions écrites, qui trouvaient la juste note après des personnes de tous les horizons. « Nous nous sommes lancé des défis réciproques de plusieurs manières », se souvient M. Sidel « parce que nous avions confiance l’un dans l’autre et que nous faisions confiance à notre jugement mutuel. C’est ainsi que Myer agit avec tous ».

« La passion de Myer et sa connaissance de l’Hôpital sont légendaires et il est un véritable ‘homme du peuple’. »

D’autres collègues sont tout aussi élogieux. Bram Freedman, qui a succédé à M. Bick comme président-directeur général de la Fondation qualifie cet honneur « d’extrêmement mérité ». Myer a consacré près de 20 ans à incarner l’HGJ, et il reste engagé envers nous même après sa retraite.

« Sa passion et sa connaissance de l’Hôpital, ainsi que son superbe talent de conteur sont légendaires, Myer est un véritable ‘homme du peuple’ et nous sommes tous profondément reconnaissants des bases solides qu’il nous a laissées. »

Harvey Levenson, président du conseil d’administration de la Fondation, dit qu’il « est dans le domaine de la sollicitation de fonds depuis près de 30 ans, et j’ai travaillé avec des professionnels formidables. Mais, peu d’entre eux étaient aussi intéressants, engagés et perspicaces que Myer. Il est aussi efficace, voire meilleur, que tous ceux que je connais ».

Cette évaluation des capacités de M. Bick a été officiellement entérinée en 2017, quand il a reçu le Prix d’excellence pour une carrière exceptionnelle en philanthropie de la section du Québec de l’Association des professionnels en philanthropie. À cette occasion, Marc Weinstein, vice-principal à l’Avancement universitaire à l’université McGill, a dit que M. Bick « est considéré, à juste titre, comme l’un des doyens de notre communauté philanthropique ».

Le plus grand talent de M. Bick, ajoute M. Levenson, est « qu’il sait non seulement comment s’adresser aux gens, mais aussi comment les écouter et les toucher vraiment, et ce talent dépasse le cadre d’une collecte de fonds. Son cœur est sincère et il maîtrise complètement son travail ».

Avant sa retraite, Myer Bick s’adresse aux membres du personnel dans le salon public près de l’entrée principale de l’Hôpital.

Avant sa retraite, Myer Bick s’adresse aux membres du personnel dans le salon public près de l’entrée principale de l’Hôpital.

« C’est profondément satisfaisant de voir Myer recevoir cet honneur largement mérité », a déclaré le Dr Lawrence Rosenberg, président-directeur général du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. « Je m’imagine mal à quoi ressemblerait l’HGJ aujourd’hui sans la détermination de Myer et de son équipe envers la collecte de fonds substantiels pour les nombreux Départements et Services qui doivent continuellement améliorer les soins prodigués aux patients ».

« La voix de Myer est aussi celle du calme, de l’apaisement et de la stabilité. Lors de la création du CIUSSS, en 2015, Myer a été d’un apport crucial pour s’assurer que les donateurs et le public comprennent bien le rôle du CIUSSS et que la Fondation continue à bénéficier d’un soutien solide essentiel.

« Pendant ce processus, Myer a aidé l’HGJ à garder et à protéger son identité unique, au moment même où l’HGJ commençait à tisser des liens avec d’autres installations au sein de notre réseau de soins de santé ».

Bien que M. Bick soit à la retraite, il est encore très demandé à titre de conseiller auprès de plusieurs communautés et d’organismes sans but lucratif, y compris la Fondation de l’HGJ. C’est un plaisir de continuer d’être au service de l’Hôpital, dit-il, « parce que l’HGJ est notoire pour être un superbe centre médical, non seulement au Québec et au Canada, mais partout au monde ».

« Cela a été dit à de nombreuses reprises, mais je dois souligner encore une fois que l’ambiance à l’Hôpital général juif me fait penser à celle d’une famille très particulière. C’est un endroit où les personnes de tous les domaines d’activité, y compris les donateurs, les bénévoles et les personnes de tous les horizons, interagissent pour que l’Hôpital soit un meilleur endroit pour les patients. C’est ce que j’ai ressenti lorsque je suis entré au service de la Fondation et c’est ce que je ressens tout aussi profondément aujourd’hui. »

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