Mai 2020Nouvelles

Pendant la fermeture des cabinets dentaires privés, l’HGJ agit comme filet de sécurité pour les urgences dentaires

Soudainement, une rage de dents vous cause de vives douleurs. Les analgésiques en vente libre ne vous soulagent pas beaucoup, et vous avez rapidement besoin de l’aide d’un professionnel. Malheureusement, le cabinet de votre dentiste est fermé pendant la pandémie du coronavirus (COVID-19) : où pouvez-vous aller?

Votre bouée de sauvetage potentielle : le Service de médecine dentaire à l’Hôpital général juif, l’un des quelques Services de médecine dentaire au Québec désignés pour traiter les urgences dentaires pendant la crise.

Au début de la pandémie, seulement trois endroits avaient l’approbation de la province de prodiguer des soins dentaires : l’HGJ pour les adultes, l’Hôpital Sainte-Justine pour les enfants et un centre de soins de santé dans la ville de Québec. Dernièrement, d’autres centres hospitaliers ont été désignés, y compris le CUSM et le CHUM.

Le Dr Mel Schwartz, chef du Service de médecine dentaire à l’HGJ confirme que son Service n’a pas reçu de demandes de soins pour les patients hospitalisés contaminés par la COVID-19, dont les problèmes seraient soignés, dans la mesure du possible, avec des médicaments. Le Service agit plutôt comme une bouée de sauvetage pour les membres du public, dont les dents ont besoin de soins, pendant l’absence de leur dentiste habituel.

Au début de la crise, les cabinets dentaires privés n’ont pas eu l’obligation de fermer. Ces dentistes devaient cesser de fournir des soins non essentiels, mais ils pouvaient rester disponibles pour des consultations d’urgence. Néanmoins, plusieurs ont pris la décision de fermer leur cabinet.

« Nos services sont recherchés principalement parce que les cabinets privés sont fermés », explique le Dr Schwartz. « Si une personne contaminée par la COVID-19 est hospitalisée en raison de problèmes respiratoires et placée sous ventilateur, ce n’est pas le moment de s’inquiéter de soins dentaires ».

« J’espère qu’après cette crise les gouvernements reconnaîtront ce qui a été accompli, et qu’il y aura une meilleure appréciation des accomplissements en matière de soins dentaires hospitaliers ».

Il précise toutefois que les patients ne peuvent pas se présenter à l’improviste pour obtenir des soins ni téléphoner à notre Service pour obtenir un rendez-vous. Ils doivent d’abord téléphoner à leur propre dentiste qui déterminera si la situation peut être réglée avec des antibiotiques ou des analgésiques.

Si un traitement est nécessaire, le dentiste du patient entrera en contact avec le Dr Schwartz ou avec la réceptionniste du Service. Le dentiste du patient doit ensuite fournir à l’HGJ le dossier dentaire complet du patient ainsi que toute radiographie pertinente, afin qu’une décision puisse être prise sur le rôle que l’HGJ peut jouer, le cas échéant.

Le Dr Schwartz travaille à distance et effectue le triage des patients référés de son domicile. Un seul dentiste est sur place, le Dr Allan Lisbona, directeur de la Chirurgie buccale et maxillo-faciale. Il est appuyé par un personnel réduit, composé d’un coordinateur administratif principal et de plusieurs assistantes dentaires et réceptionnistes.

Les extractions sont les procédures les plus fréquentes, dit le Dr Schwartz, mais le Dr Lisbona est également disponible, s’il y a lieu, pour effectuer l’évaluation des patients qui doivent subit une intervention chirurgicale en raison d’un cancer de la bouche ou de la gorge.

Il souligne que tous les efforts nécessaires sont déployés pour soigner les personnes qui souffrent, mais l’un de ses objectifs pendant la pandémie est de réduire au minimum le nombre d’interventions effectuées par son Service afin de restreindre le plus possible les risques de contagion à la COVID-19 pour les membres de son personnel.

Quand ils prodiguent des soins, les membres du personnel doivent maintenant éviter les procédures suscitant des aérosols, comme celles qui exigent l’utilisation d’une fraise qui projette dans l’air de fines gouttelettes d’eau et de salive ou même de sang.

« Le Dr Lisbona extrait des dents tous les jours », dit le Dr Schwartz, « mais, il a modifié sa démarche de manière à ne pas générer d’aérosols ».

De plus, chaque fois qu’ils soignent un patient les membres du personnel doivent porter l’équipement de protection individuelle. Cela signifie que le Dr Schwartz doit être certain que ces patients ne peuvent pas être soignés d’une autre manière.

« L’Hôpital ne possède pas des stocks inépuisables de ce genre d’équipements », explique-t-il « par conséquent, je veux m’assurer que l’équipement que nous possédons est utilisé pour les personnes qui en ont vraiment besoin ».

Effectuer des procédures générant des aérosols est une option que le Service de médecine dentaire a étudiée en mars. Toutefois, de tels soins auraient exigé de convertir une partie des installations en zone de pression négative — une rénovation impossible pour le moment, parce que les équipes requises pour effectuer ces travaux doivent répondre à des demandes importantes ailleurs dans l’Hôpital.

Par conséquent, quand l’utilisation d’une fraise est nécessaire, pour un traitement de canal par exemple, le Dr Schwartz envoie le patient à l’Hôpital général de Montréal, qui dispose d’une zone de pression négative pour les soins dentaires.

Les services fournis par l’HGJ sont un bon exemple de l’apport considérable des dentistes en milieu hospitalier, non seulement maintenant, mais en tout temps, ajoute le Dr Schwartz, qui est le président de l’Association canadienne des dentistes en milieu hospitalier. Malheureusement, la valeur de ce rôle n’est pas toujours pleinement perçue.

« Depuis le début de la pandémie, j’ai été en contact avec les chefs des Services de médecine dentaire des hôpitaux partout au pays », explique-t-il. « D’un océan à l’autre, les commentaires sont les mêmes : manque de reconnaissance et insuffisance des ressources pour les soins dentaires hospitaliers ».

« J’espère qu’après cette crise les gouvernements à tous les échelons reconnaîtront ce qui a été accompli par les différents domaines de spécialités médicales, et qu’il y aura une meilleure appréciation des accomplissements en matière de soins dentaires hospitaliers au sein du système de soins de santé publique pendant la pandémie ».

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