Articles vedettesSeptembre 2015

Selon une psychiatre, l’adhésion à des idées radicales diffère grandement du phénomène de radicalisation

Mini-MedLes personnes qui manifestent un intérêt pour une idéologie radicale religieuse ou politique ne sont pas toutes un danger pour la société, mais elles peuvent être vulnérables sur le plan émotif ou psychologique et pourraient bénéficier du soutien de leur famille et de leurs amis. Tels étaient les propos livrés devant l’auditoire de la 13e édition annuelle de l’École Mini-Med HGJ.

La Dre Zoë Thomas, qui assure des rotations cliniques à l’HGJ durant sa troisième année de résidence en psychiatrie à l’Université McGill, a raconté avoir traité une adolescente de 14 ans qui ne réussissait pas bien à l’école, apparaissait détachée de son entourage et semblait présenter le risque de se radicaliser.

Lors d’un entretien avec la jeune fille, la Dre Thomas a appris plusieurs faits importants. Immigrée au pays alors qu’elle était enfant, sa patiente avait été exposée à de la violence dans sa famille à faible revenu, où elle assumait un rôle difficile de soignante. Elle s’était ainsi tournée vers une religion fondamentaliste pour créer une structure à sa vie chaotique.

Selon la Dre Thomas, le counselling était une approche qui convenait à cette jeune fille, mais les enseignants et d’autres figures d’autorité n’auraient pas dû être si empressés de l’affubler d’un stéréotype négatif. Bien au contraire, la société doit faire la distinction entre un individu inadapté qui a besoin de traitements et un autre résolu à tuer au nom de sa religion.

La radicalisation des adolescents a été l’un des sujets d’actualité les plus brûlants de la série de cinq séances de l’École Mini-Med HGJ, offerte au printemps dernier par le Service des affaires publiques et des communications. En examinant différents aspects de la santé mentale, les experts de l’HGJ visaient un vaste public et, à la fin de la série, tous les membres de l’assistance ont reçu un diplôme et le titre honorifique de mock-tor.

Lors du volet sur la radicalisation, le Dr Laurence J. Kirmayer, directeur de l’Unité de recherche sur la culture et la santé mentale à l’Institut de psychiatrie communautaire et familiale de l’HGJ, a rappelé à l’auditoire que les idées radicales — dans certains domaines comme les sciences et les arts — peuvent parfois être extrêmement créatrices et mener au progrès et à l’innovation. Mais, a-t-il ajouté, le problème est de déterminer si certaines idées radicales peuvent déboucher sur des actes de violence.

Lors d’une séance de l’École Mini-Med, Cecile Klein, qui célébrait son 108e anniversaire, a reçu un gâteau de Marisa Rodi, coordonnatrice d’événements au Service des affaires publiques et des communications de l’HGJ. Mme Klein a assisté à chaque série Mini-Med depuis le début du programme, en 2003.

Lors d’une séance de l’École Mini-Med, Cecile Klein, qui célébrait son 108e anniversaire, a reçu un gâteau de Marisa Rodi, coordonnatrice d’événements au Service des affaires publiques et des communications de l’HGJ. Mme Klein a assisté à chaque série Mini-Med depuis le début du programme, en 2003.

La Dre Myrna Lashley, une autorité mondialement reconnue en psychologie culturelle et chercheuse adjointe ainsi que chef de projet à l’Institut Lady Davis de l’HGJ, a précisé que certaines personnes se radicalisent pour de multiples raisons, notamment la soif d’aventure, la volonté de redresser une situation perçue comme injuste, un désir profond d’avoir des compagnons d’armes qui partagent leurs points de vue ou une haine envers la société occidentale qu’elles considèrent décadente.

Autres faits saillants de Mini-Med :

  • Lors d’une conférence sur les besoins affectifs et les difficultés que vivent les personnes âgées, la Dre Marilyn Segal, directrice de Psychiatrie gériatrique à l’HGJ, a expliqué qu’il est essentiel pour les aînés de préserver autant que possible leur autonomie, selon le degré de leur maladie chronique ou de leurs incapacités. Selon elle, la société considère trop souvent la vieillesse comme une expérience négative au lieu de la percevoir comme une transformation nouvelle, naturelle, biologique et culturelle.
  • Le stress peut parfois grimper en flèche non seulement parce qu’une personne vit une situation très difficile, mais en raison de ses réactions inappropriées aux événements, a souligné la Dre Caminee Blake, psychologue employée à temps partiel au Service à la jeunesse de l’HGJ. Selon elle, l’augmentation du stress peut être attribuable à des faussetés dans le mode de pensée, comme la généralisation abusive, la fabrication d’hypothèses erronées sur ce que pensent les autres et la croyance voulant que les situations soient carrément positives ou négatives. La Dre Blake a rappelé qu’il est possible de réduire certains types de stress en surveillant ses propres réactions pour déterminer si elles sont appropriées dans une situation donnée.
  • Selon le Dr Joel Paris, adjoint de recherche au Service de psychiatrie de l’HGJ, certains psychiatres évitent de reconnaître et de traiter les troubles de la personnalité car, pour eux, il est plus rapide et plus facile de les qualifier de dépression ou de trouble bipolaire. Malheureusement, a-t-il précisé, ces psychiatres perçoivent leurs compétences comme étant fondées sur la pharmacologie, car ils ne possèdent pas de formation suffisante en psychothérapie ou ils n’ont simplement pas envie de parler à leurs patients ou de les écouter.
  • La Dre Cécile Rousseau, qui travaille auprès des réfugiées ou des enfants immigrants à la Division de pédopsychiatrie de l’HGJ, a recommandé de faire en sorte que les enfants réfugiés et traumatisés par la guerre se sentent en sécurité. Elle a ajouté : « En psychiatrie et en psychologie, nous accordons parfois trop d’importance à la parole et pas assez au besoin de l’enfant d’être réconforté. Ce besoin comblé, nous pouvons nous parler. » Selon la Dre Rousseau, comme certains enfants réfugiés manifestent un niveau de résilience étonnamment élevé, recourir à leur force devient tout aussi important que soulager leurs symptômes.

Glenn J. Nashen, directeur adjoint des communications et des relations médias, rappelle que durant 13 saisons, l’École Mini-Med de l’HGJ a attiré plus de 2 000 « étudiants en médecine » aux conférences portant sur des dizaines de sujets, dont la chirurgie, la recherche ou la médecine familiale. De nombreuses autres personnes ont beaucoup aimé regarder les vidéos des séances en ligne.

Pour avoir généreusement soutenu son édition 2015, l’École Mini-Med HGJ adresse ses chaleureux remerciements à :

Bell logo
Dr Joel Paris
Personality Disorders: Psychiatry’s stepchildren come of age

Date : Mardi 5 mai 2015


Dre Jaswant Guzder, Dr Laurence Kirmayer, Dre Myrna Lashley, Dre Zoë Thomas
Going to Extremes: Why some adolescents embrace radical ideas

Date : Mardi 12 mai 2015


Dre Cécile Rousseau
In the aftermath of war: Helping children to regain trust
Date : Mardi 19 mai 2015


Dre Caminee Blake, Dre Elizabeth Foley and Dre Karen Hardoon
Ease Your Stress in 10 Minutes or Less: Tools to keep calm and carry on
Date : Mardi 2 juin 2015

TD Summer FR

Previous article

Plus de 4,9 M$ amassés grâce aux cyclistes d’un événement phare de la Fondation

Next article

Félicitations

1 Comment

  1. Isabelle Faubert
    octobre 9, 2016 at 10:13 —

    I live in the south shore of Montreal and it is very sad to see that the services are so insufficient here. I have lived it with my mom who grew up here, worked as a nurse, took care of her sick husband, became ill herself in her 70’s and had only access to very poor services that I had to almost beg for her. I finally had to move her into a home and she diwd only 2 years later. I now visit ladies that were diagnosed with Alzheimer’s disease and frankly I am totally pissed off with what they and their families get. It sooooo frustrating! I am an anthtopologist and have been participating in studies in Parc extension on immigrant elders and also in the eastern townships for religious groups. I don’t know what it is here in Montérégie but i can only say that all our community is badly treated. We are left to our own and it is crucial that someone puts something up even though i don’t know what. I was involved in different spheres in the community and there is something to do and i need your help because i can’t do anything on my own. We give money all our life to foundations and all they can offer is a kind of a class to tell us how to approach the illness. Personnally i preferred to visit my mom more often than to go sit in a class with people i didn’t know…i sat down 6 years in university so enough of the sitting down. I need your help to buils something here but don’t know what and how.

Leave a comment