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Surmonter les obstacles psychologiques reliés à la grossesse et à l’accouchement

Si la grossesse est en général une source de joie pour la plupart des femmes, elle a plutôt été une source d’anxiété pour Sarah, qui avait peur de l’accouchement et dans ses moments les plus difficiles, paniquait lors de discussions abordant les sujets de l’hôpital ou du début du travail.

« J’ai eu beaucoup de difficultés », confirme Sarah, nom fictif choisi pour respecter l’anonymat de la patiente.

Heureusement, elle a reçu de l’aide. Sur la recommandation du Centre de médecine familiale Goldman Herzl, elle a consulté la docteure Barbara Hayton, directrice des Services de santé mentale périnatale de l’HGJ. Les séances de psychothérapie et de suivi régulières avec la docteure Hayton ont aidé à rassurer Sarah par rapport à l’accouchement et à la convaincre qu’elle était entre de bonnes mains.

« Tout est magique depuis la naissance de mon fils. Être maman est absolument formidable », a déclaré récemment Sarah dans une entrevue, tenant son nouveau-né souriant sur ses genoux.

Grâce à la docteure Hayton, omnipraticienne au Service de psychiatrie de l’HGJ, les futures mamans bénéficient d’aide. En effet, cela fait presque 30 ans que la docteure Hayton apporte son soutien à des femmes comme Sarah. Elle voit environ 175 patientes par année qui souffrent de divers problèmes, dont anxiété, idées suicidaires, et, dans de rares cas, de psychose du post-partum.

Le cas de Sarah n’est pas unique, car la période périnatale peut, pour une minorité de femmes, être assombrie par la maladie mentale, une femme sur cinq souffrant d’anxiété ou de dépression.

Auparavant, les soins se sont concentrés sur les affections psychiques associées à la grossesse, et principalement la dépression post-partum, mais aujourd’hui, ils portent sur toute la période prénatale, car les obstétriciens et les autres professionnels de la santé sont désormais plus en mesure de reconnaître les problèmes psychologiques de la femme enceinte.

Il y a une décennie, les femmes enceintes représentaient environ 20 pour cent des patients de la docteure Hayton. Aujourd’hui, elles en constituent 60 pour cent, certaines consultant même l’omnipraticienne dès le début de leur grossesse.

Auparavant, les soins se sont concentrés principalement sur la dépression post-partum, mais aujourd’hui, ils portent sur toute la période prénatale.

Dans son dernier mois de grossesse, Sarah a commencé à voir régulièrement la docteure Hayton. Ensemble, elles envisageaient les situations qui pourraient survenir pendant l’accouchement afin de démystifier le processus, ce qui a permis à Sarah d’envisager l’accouchement avec moins de craintes.

Vers la date prévue de l’accouchement, la docteure Hayton a donné à Sarah son numéro de téléphone et l’a invitée à l’appeler après la naissance de son bébé. « Je me suis sentie en contrôle et apte à gérer », explique Sarah. En juillet dernier, elle a donné naissance à un garçon en bonne santé, sans complication, à l’HGJ.

Selon les spécialistes, il arrive parfois que les troubles mentaux périnataux passent inaperçus ou qu’ils ne soient pas traités convenablement en raison des préjugés qui les entourent. Certaines femmes admettent difficilement souffrir de ce genre de problèmes, craignant d’être déclarées inaptes et de se voir enlever leur enfant.

Beaucoup de femmes n’ont pas conscience que ce qu’elles éprouvent – manque de sommeil, perte d’appétit, faible concentration, sentiments de culpabilité, et même idées suicidaires – sont des symptômes d’une affection mentale.

« J’entends souvent les femmes me dire, ‘J’ai peur de la dépression post-partum’, dit la docteure Hayton. Et je leur réponds, ‘Vous êtes déjà déprimées’. »

La détection précoce de ces affections est essentielle, car si elles ne sont pas traitées, la dépression et l’anxiété pendant la grossesse peuvent être la cause d’accouchements prématurés, d’insuffisance de poids à la naissance et même de difficultés psychiatriques chez l’enfant.

Un meilleur soutien social peut suffire à traiter les cas moins graves, explique la docteure Hayton, tandis que la psychothérapie, parfois combinée à des médicaments, est réservée aux cas plus lourds.

Toutefois, note la docteure Hayton, chaque patiente est unique. Elle se souvient d’une femme dans la trentaine, enceinte d’une fille, qui voulait mettre fin à sa grossesse. Comme elle avait été maltraitée par sa mère, la patiente craignait d’infliger à son tour des mauvais traitements à son bébé.

La femme a suivi une psychothérapie qui lui a permis d’établir un lien émotif avec son nouveau-né sans incident.

La psychothérapie a également été efficace pour Sarah, traumatisée pendant la grossesse par le souvenir d’un attentat terroriste qu’elle avait vécu en Europe en 2015. Selon la docteure Hayton, les personnes souffrant d’anxiété, de dépression ou de stress post-traumatique sont plus susceptibles d’être atteintes de troubles mentaux périnataux.

Cependant, souligne-t-elle, une solution est disponible, et elle se sent privilégiée de pouvoir accompagner les futures mamans pendant cette étape significative de leur vie. « C’est pour moi très gratifiant de pouvoir aider les femmes à une période si critique pour elles ».