La recherche à l'Institut Lady DavisNovembre 2019

Un ancien débat en médecine pulmonaire est résolu

Les médecins se sont longtemps demandé comment la circulation pulmonaire normale peut absorber une forte augmentation du débit sanguin, pendant l’activité physique, en ne permettant que de petites augmentations de la pression artérielle pulmonaire.

Enfin, le Dr David Langleben, chercheur à l’Institut Lady Davis et anciennement chef du Service de cardiologie de l’HGJ, et ses collègues ont résolu la question : seule une partie de la capacité capillaire disponible est utilisée lors de l’activité normale, et la réserve vasculaire est sollicitée, au besoin.

Il est maintenant clair qu’un grand nombre de scientifiques se trompaient lorsqu’ils affirmaient que tous les vaisseaux sanguins pulmonaires étaient sollicités dans la circulation normale du sang et s’étiraient tout simplement pour composer avec l’augmentation de pression, un processus qu’on appelle la dilatation.

Le Dr Langleben a entrepris un essai clinique auprès de dix adultes qui se livraient à une quantité variable d’activité physique : sept d’entre eux faisaient de l’exercice régulier; parmi ceux-ci, trois avaient couru un marathon ou demi-marathon au cours des trois dernières années. Cinq étaient d’anciens fumeurs.

Les participants étaient suivis à l’aide d’un cathéter cardiaque alors qu’ils pédalaient sur un vélo stationnaire en position couchée, après l’injection d’un traceur protéique permettant de mesurer la surface capillaire fonctionnelle.

« Nous avons clairement vu que la capacité vasculaire non utilisée auparavant était sollicitée avec l’augmentation du débit sanguin », a déclaré le Dr Langleben. « La dilatation se produit seulement une fois que l’utilisation des capillaires a été optimisée. »

« Cela prend beaucoup moins de pression pour solliciter les vaisseaux que pour les dilater, c’est pourquoi nous ne voyons pas d’augmentation de la pression artérielle pulmonaire avec l’augmentation de la circulation sanguine. »

D’un point de vue évolutif, il s’agit d’une utilisation beaucoup plus efficace des poumons. Puisque les poumons humains contiennent environ 300 millions de capillaires sur une surface de 400 centimètres carrés, ils ont une énorme capacité en réserve lorsque nous sommes au repos, ce qui leur permet de s’adapter à l’augmentation de la circulation sanguine sans subir de stress supplémentaire.

« La conception de cette étude était très pragmatique; nous sommes donc convaincus qu’elle est concluante », a déclaré le Dr Langleben.

« Par ailleurs, étant donné que nos systèmes ont généralement des redondances, il est logique de penser que, lorsque nous sommes au repos, nous n’utilisons pas l’ensemble de la circulation pulmonaire, mais que nous avons une grande réserve vasculaire permettant de nous adapter à l’activité physique. »

Les résultats de l’étude sont publiés dans American Journal of Physiology — Lung Cellular and Molecular Physiology.

Previous article

De nos archives: Lancement du dispensaire Herzl, l’établissement précurseur de l’HGJ

Next article

Dépendance aux opioïdes au cœur des nouvelles lignes directrices de l’HGJ