Articles vedettesMai 2022

Un médecin-vétéran jette un regard en arrière sur ses 70 années d’association professionnelle avec l’HGJ

Le Dr Charles Gomberg a un lien personnel avec l’Hôpital depuis neuf décennies

En 1931, lorsque Lord Bessborough, le gouverneur général du Canada, a donné le premier coup de pelle pour la construction de l’Hôpital général juif, Charles Gomberg, alors âgé de six ans, et ses parents étaient présents.

Trois ans plus tard, peu de temps avant l’arrivée des premiers patients, Charles a assisté à la cérémonie d’inauguration de l’HGJ nouvellement construit.  

Trois ans plus tard, peu de temps avant l’arrivée des premiers patients, Charles a assisté à la cérémonie d’inauguration de l’HGJ nouvellement construit.  

Au milieu des années 1950, le Dr Charles Gomberg (devant, au centre) était parmi les médecins résidents à l’HGJ. Pour cette photo, lui et ses collègues s’étaient réunis sur les marches de l’entrée de ce qui était alors l’École des infirmières de l’HGJ, et qui est maintenant le pavillon A. (Cliquez sur cette photo, ou sur toute autre, pour l’agrandir.)

Au milieu des années 1950, le Dr Charles Gomberg (devant, au centre) était parmi les médecins résidents à l’HGJ. Pour cette photo, lui et ses collègues s’étaient réunis sur les marches de l’entrée de ce qui était alors l’École des infirmières de l’HGJ, et qui est maintenant le pavillon A. (Cliquez sur cette photo, ou sur toute autre, pour l’agrandir.)

En 1952, Charles était de retour à l’Hôpital, mais cette fois avec le titre de « Dr » devant son nom, pour entamer ce qui deviendrait une association professionnelle qui durerait 70 ans.

Bien qu’une poignée de médecins exceptionnels de l’HGJ ont franchi le jalon du demi-siècle de carrière (et même plus), il est probable qu’aucun d’eux n’a eu une relation personnelle avec l’Hôpital égale à celle de 90 ans du Dr Charles Gomberg.

Il a cessé de recevoir des patients il y a 18 mois, mais c’est seulement ce printemps qu’il a pris la décision de ne pas renouveler sa licence à titre de spécialiste en médecine interne.   

Néanmoins, le Dr Gomberg, maintenant âgé de 96 ans, reste un visiteur fréquent de la Bibliothèque des sciences de la santé de l’Hôpital, et il assiste régulièrement aux Conférences scientifiques, en personne avant la pandémie de la COVID-19 pandémie et en ligne depuis deux ans.

Le jour de l’entrevue avec le Dr Gomberg en vue de la rédaction de cet article, le soleil et le temps doux l’avaient incité à venir à l’HGJ à pied, ce qui représentait une marche d’une demi-heure depuis son domicile situé à l’est de l’Hôpital, sur le chemin de la Côte-Sainte-Catherine. « Ce n’est pas une chose que je fais souvent », a-t-il dit en souriant, « mais, c’est tellement agréable que je n’ai pas pu résister ».

Lorsque nous lui avons demandé pourquoi il avait exercé à l’HGJ pendant toute sa carrière médicale, le Dr Gomberg a simplement répondu : « Je me suis toujours senti chez moi ici. J’étais bien et je n’avais aucune raison d’aller ailleurs ».

En pensant aux décennies antérieures, il note que la plupart des personnes avec qui il a travaillé « éprouvaient le même sentiment, particulièrement au cours des premières années, quand l’Hôpital était beaucoup plus petit. Il y régnait une ambiance de camaraderie, presque comme si nous faisions partie d’une grande famille. Nous savions que nous pouvions toujours compter sur le soutien de nos collègues et faire appel à eux ».

Le 8 octobre 1934, le Dr Charles Gomberg, alors qu’il était enfant, a assisté à la cérémonie au cours de laquelle Lord Bessborough, le gouverneur général du Canada, a inauguré officiellement l’HGJ. Jusqu’en 1950, l’ensemble de l’Hôpital consistait en ce qui est aujourd’hui connu sous le nom de pavillon B.

Le 8 octobre 1934, le Dr Charles Gomberg, alors qu’il était enfant, a assisté à la cérémonie au cours de laquelle Lord Bessborough, le gouverneur général du Canada, a inauguré officiellement l’HGJ. Jusqu’en 1950, l’ensemble de l’Hôpital consistait en ce qui est aujourd’hui connu sous le nom de pavillon B.

Quant à la raison pour laquelle il a choisi de ne pas prendre sa retraite en 1990, à l’âge traditionnel de 65 ans, le Dr Gomberg explique qu’il « n’avait aucune raison convaincante de cesser d’exercer. J’ai toujours aimé ce que je faisais, au point que je ne considérais pas vraiment ma profession comme un travail. Ce n’est jamais devenu un fardeau ».

« En fait, et aussi loin que je me souvienne, je n’ai jamais voulu faire autre chose dans la vie. Mes parents étaient très fiers que je sois devenu médecin, ce qui avait toujours été leur ambition pour moi. »

Les parents du Dr Gomberg ont immigré séparément d’Ukraine (qui faisait alors partie de la Russie) à Montréal, sa mère dans les années 1880 et son père en 1905. Ils se sont mariés en 1907, et quand Charles est né, en 1925, il était le dernier de leurs huit enfants, dont sept garçons.  

« Je me souviens que nous déménagions assez souvent, peut-être chaque année », dit le Dr Gomberg en riant. « Les propriétaires ne s’empressaient pas de renouveler le bail d’une famille avec autant de garçons. Je peux vous dire que c’était un foyer occupé, avec une seule salle de bain pour 10 personnes. »

Peu importe où ils habitaient, c’était généralement autour du boulevard Saint-Laurent et de la rue Saint-Urbain, dans le quartier du centre-ville autrefois connu sous le nom de ‘ghetto juif de Montréal’.

Le père du Dr Gomberg a d’abord travaillé comme opérateur de machine à coudre, avant d’ouvrir sa propre entreprise comme fabricant de casquettes pour hommes, puis comme détaillant en fourrure. Avec huit enfants, sa mère était fort occupée à la maison.  

Le Dr Charles Gomberg se souvient qu’au cours des années 1930, l’HGJ qui venait d’ouvrir était encore en grande partie entouré de terrains vagues. Le champ du côté ouest de l’Hôpital était utilisé pour cultiver des légumes pour les repas des patients, et comme aire de loisir pour les patients et les membres du personnel. Nous apercevons le chemin de la Côte-Sainte-Catherine dans le coin supérieur gauche de la photo.

Le Dr Charles Gomberg se souvient qu’au cours des années 1930, l’HGJ qui venait d’ouvrir était encore en grande partie entouré de terrains vagues. Le champ du côté ouest de l’Hôpital était utilisé pour cultiver des légumes pour les repas des patients, et comme aire de loisir pour les patients et les membres du personnel. Nous apercevons le chemin de la Côte-Sainte-Catherine dans le coin supérieur gauche de la photo.

Le jeune Charles a fréquenté l’Académie Strathcona (qui faisait partie de la Commission des écoles protestantes du Grand Montréal) avant d’obtenir un baccalauréat ès sciences à l’université McGill.

Mais, l’admission à la faculté de médecine était difficile en partie, selon le Dr Gomberg, en raison du quota de l’université McGill concernant le nombre d’étudiants juifs pouvant être admis.

De plus, comme plusieurs anciens combattants de la Seconde Guerre mondiale revenaient à Montréal entre le milieu et la fin des années 1940, il y avait une concurrence féroce pour une place à la faculté de médecine.

Par conséquent, quand l’Université de Tulane a répondu « oui » à sa demande d’admission, Charles n’a pas hésité à se rendre à La Nouvelle-Orléans où il a obtenu son doctorat en médecine en 1952.

Il est ensuite revenu à l’HGJ pour un internat (1952-53), suivi d’une année de formation à l’Hôpital des vétérans, sur le chemin de la Reine-Marie, d’un an à Chicago, dans le cadre d’une bourse d’études, et d’une résidence de deux ans en médecine interne, à l’HGJ, en 1955 et 1956. Il a commencé à exercer à l’HGJ en 1957.

Le Dr Gomberg est particulièrement frappé par la transformation spectaculaire de l’Hôpital. Il se souvient qu’au cours des années 1930, l’HGJ était en grande partie entouré de terrains vagues; le seul commerce de la région était un centre de jardinage jumelé à une pépinière, sur le chemin de la Côte-des-Neiges.

Jusqu’en 1950, l’ensemble de l’Hôpital consistait en un seul édifice de six étages abritant 150 lits, un lieu que nous connaissons maintenant sous le nom de pavillon B. L’expansion a seulement commencé en 1950, avec l’achèvement de l’École des infirmières de l’HGJ, qui est aujourd’hui le pavillon A.

Au début de la carrière du Dr Charles Gomberg à l’HGJ, au cours des années 1950 et 1960, des standardistes acheminaient manuellement les appels téléphoniques à l’Hôpital vers leurs destinataires.

Au début de la carrière du Dr Charles Gomberg à l’HGJ, au cours des années 1950 et 1960, des standardistes acheminaient manuellement les appels téléphoniques à l’Hôpital vers leurs destinataires.

Le Dr Gomberg se souvient aussi d’être descendu au sous-sol de temps en temps, pour rendre visite à l’équipe de standardistes, uniquement composée de femmes, chargée d’acheminer tous les appels entrants pendant les décennies antérieures à l’ère numérique.

Il s’agissait d’une époque où les ascenseurs (qui n’étaient pas encore automatiques) étaient actionnés par deux joyeux opérateurs, Wilfred et Mary, qui connaissaient le nom de tous les membres du personnel et étaient devenus des célébrités à l’Hôpital.

Le seul inconvénient notable, ajoute le Dr Gomberg, était l’absence d’une bibliothèque médicale qui a seulement ouvert ses portes en 1957, à l’endroit occupé aujourd’hui par la salle du conseil, dans le pavillon B. Avant d’être aménagée dans des locaux agrandis au deuxième étage du pavillon A, au milieu des années 1970, la Bibliothèque ne répondait pas aux besoins de l’Hôpital.

En raison de sa soif insatiable de connaissances et d’études médicales, le Dr Gomberg dit qu’il est encore émerveillé par la puissance d’Internet, parce que « l’accès à l’information est instantané et qu’il est possible de suivre l’évolution d’une situation où qu’elle soit dans le monde. C’est la raison pour laquelle je l’utilise encore maintenant ». 

Il espère également continuer à venir à l’Hôpital et à fréquenter la Bibliothèque aussi souvent qu’il le pourra, parce que « le plaisir d’apprendre ne cesse jamais. »  Après une pause, il ajoute en riant doucement : « mais ces jours-ci, je viens principalement parce que j’ai moi-même besoin de soins médicaux. Le cas échéant, je suis un patient comme les autres. »

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