Décembre 2024Pleins feux

Un nouveau programme à l’HGJ répond aux besoins des mères au cours des semaines suivant la naissance de leur bébé

Le programme Quatrième trimestre réduit le stress en rehaussant les compétences et en fournissant de l’information pratique

Quelques jours après avoir donné naissance à sa fille à l’Hôpital général juif, Maria Rivera a reçu un appel téléphonique l’invitant à participer à Quatrième trimestre, un nouveau programme qui permet aux mères d’acquérir des compétences et d’obtenir des conseils précieux au sujet de la période postnatale.

Initialement, Madame Rivera était réticente. Mère pour la première fois, elle avait déjà du mal à répondre aux besoins considérables d’un nouveau bébé, et elle hésitait à s’engager à aller, avec son bébé, au Centre de médecine familiale Goldman Herzl six fois au cours des trois prochains mois. 

Puis, la réalité l’a rattrapée : pourquoi s’isoler et avoir de la difficulté à obtenir des conseils essentiels au sujet de la santé de son bébé? Pourquoi ne pas poser ses questions en personne à une vaste gamme de professionnel(le)s de la santé au Centre de médecine familiale Goldman Herzl et partager ses préoccupations? Pourquoi laisser passer une occasion de comparer ses expériences avec celles d’autres nouvelles mères?

« C’est la meilleure décision que je pouvais prendre », dit Madame Rivera en parlant de sa participation au programme Quatrième trimestre pendant l’été et au début de l’automne. De plus, pendant son congé de paternité, son mari, Vincent Chicoine, l’a accompagné à deux des séances.

Selon la Dre Judy Hagshi, fondatrice du programme, à sa connaissance, il s’agit d’un programme unique à Montréal et au Québec, voire même au Canada.

La Dre Hagshi, médecin de famille au Centre de médecine familiale Goldman Herzl et qui possède une vaste expérience en soins postnatals, explique que le nom du programme est dérivé d’un terme inventé il y a cinq ans par le American College of Obstetricians and Gynecologists.

Le terme fait allusion aux semaines suivant immédiatement l’accouchement qui méritent autant d’attention que les trois trimestres de la grossesse.  

Le soutien d’une équipe de spécialistes

C’est la raison pour laquelle une infirmière et une consultante en lactation assistent à chaque séance et, à tour de rôle, un(e) autre professionnel(le) : un médecin (la Dre Hagshi), un(e) kinésiologue, un(e) travailleur(euse) social(e), un(e) psychologue ou un(e) pharmacien(ne).

Chaque séance de deux heures commence par une discussion libre au cours de laquelle les parents comparent leurs notes au sujet du développement de leur bébé. La séance se poursuit avec un exposé du(de la) professionnel(le) invité(e), suivi d’une période de questions.

Chaque séance de deux heures commence par une discussion libre au cours de laquelle les parents comparent leurs notes au sujet du développement de leur bébé. La séance se poursuit avec un exposé du(de la) professionnel(le) invité(e), suivi d’une période de questions.

En moyenne, chaque séance accueille une quinzaine d’adultes accompagnés de leur bébé. La plupart sont des mères, mais les conjoint(e)s, les grands-parents et d’autres membres de la famille sont également les bienvenu(e)s.

« Il y a eu une période au cours de laquelle Olivia pleurait beaucoup avant d’aller au lit », se souvient Madame Rivera.

Les soins postnatals explorés en détail

Dans un article intitulé Hot Topics in Postpartum: Why the Six-Week Visit is Outdated, la Dre Judy Hagshi (fondatrice du programme Quatrième trimestre à l’HGJ) et la Dre Perle Feldman (professeure adjointe de médecine de famille à l’université McGill) soutiennent que les soins postnatals adéquats devraient consister en beaucoup plus qu’une seule visite chez le médecin six semaines après la naissance du bébé. L’article a été publié dans le numéro d’automne 2024 de Canadian Women’s Health Today.

« Lorsque j’en ai parlé au cours d’une séance au Centre Herzl, d’autres mères hochaient la tête.  Cela m’a vraiment rassurée de savoir que le comportement d’Olivia n’était pas anormal. »

Ces sentiments de confiance et de confort sont renforcés par les soins et les conseils que les mères ont reçus au Centre de médecine familiale Goldman Herzl pendant leur grossesse, ajoute la Dre Hagshi. Ainsi, lorsqu’elles reviennent pour le Quatrième trimestre, elles ont déjà un sentiment de familiarité et de confiance envers l’installation et les professionnel(le)s.

C’est en grande partie la structure dans la conception du programme qui rend le Quatrième trimestre tellement particulier, affirme la Dre Hagshi. Une fois inscrites au programme, les mères reçoivent un rappel avant chaque séance, tout comme pour tout autre rendez-vous médical au Centre Herzl.

Par conséquent, souligne-t-elle, les mères considèrent le Quatrième trimestre comme une expérience de soins de santé importante (bien que chaleureuse et amicale) fondée sur les compétences, ce qui les motive à assister à toutes ou à la plupart des six rencontres.  

Planifier un déplacement qui en vaut la peine

Madame Rivera admet qu’il n’a pas été facile de planifier un déplacement à l’HGJ pour elle-même et Olivia toutes les deux semaines pendant trois mois. « Mais, une fois sur place, ces superbes spécialistes vous accueillent et vous donnent exactement l’information dont vous avez besoin. »

« En revenant à votre domicile, vous avez quelque chose à raconter à votre partenaire, et vous êtes fière d’avoir été assez organisée pour pouvoir quitter la maison. Vous avez également beaucoup plus confiance en votre rôle de mère. »

De plus, le Quatrième trimestre joue un rôle clé pour soutenir la santé mentale maternelle, note la Dre Hagshi. En effet, dans une large mesure, les conseils que les mères reçoivent et les compétences qu’elles peuvent acquérir sont directement liés à leur capacité de composer avec les pressions des premiers mois comme parent.

« Être en mesure d’acquérir des compétences est très bénéfique pour la mère sur le plan psychologique. »

Par exemple, la mère peut se sentir stressée parce que son bébé prend mal le sein ou parce qu’elle ne dort pas assez, et que son sommeil est souvent interrompu. Ces dilemmes, et plusieurs autres sont abordés au cours des différentes séances.

« Être en mesure d’acquérir des compétences est très bénéfique pour la mère sur le plan psychologique », dit la Dre Hagshi. « Outre découvrir les expériences des autres mères, elle peut obtenir directement des conseils au sujet de la manière de composer avec ses problèmes et réduire son niveau de stress. »

Bien que le Quatrième trimestre a pris sa place depuis son lancement, en janvier 2024, le programme en est encore à ce que la Dre Hagshi appelle le stade « pilote plus ». C’est-à-dire que le programme accepte les patientes suivies par le Groupe de médecine obstétrique du Centre de médecine familiale Goldman Herzl, ainsi que celles qui ont été suivies pendant leur grossesse par d’autres médecins à l’HGJ sur une base ponctuelle.

Cependant, maintenant que le programme prend de l’ampleur, la Dre Hagshi espère obtenir les fonds nécessaires pour programmer des séances au moins une fois par semaine et éventuellement être en mesure de rationaliser les groupes afin de fournir des soins répondant aux besoins particuliers de certaines communautés culturelles.

Avec cet objectif en tête, la Dre Hagshi a composé une devise qui, selon elle, résume sa vision de l’avenir du Quatrième trimestre : « Il faut un village pour élever un enfant; nous avons la capacité et le devoir de construire le village du 21e siècle qui élèvera l’enfant. »

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