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Un soutien infirmier permet à plus de patient(e)s atteint(e)s d’insuffisance rénale de purifier leur sang à leur domicile

Les patient(e)s peuvent désormais effectuer cette procédure avec de l’aide ou de manière autonome

Un plus grand nombre de patient(e)s de l’HGJ ayant une insuffisance rénale peuvent désormais se prévaloir de l’aide d’une infirmière des soins à domicile si ces personnes choisissent de purifier leur sang dans le confort de leur foyer.

Grâce à cette procédure, connue sous le nom de dialyse péritonéale, les patient(e)s peuvent éliminer les déchets et les toxines de leur sang à leur domicile où dans n’importe quel autre endroit approprié.

Cette souplesse évite de multiples déplacements à l’Hôpital où le risque d’infection est plus élevé, dit Cesar Bienvenido Go, infirmier-chef au Centre de dialyse de l’HGJ.

Cependant, si ces personnes n’ont pas de proches ou trouvent cette procédure difficile à effectuer seule, la visite d’un(e) infirmier(ère) des soins à domicile rend la dialyse péritonéale possible, explique Monsieur Go.

Jusqu’à récemment, les patient(e)s dont les reins ne fonctionnaient plus avaient seulement deux possibilités. La première était de venir à l’Hôpital trois fois par semaine pour être connecté pendant quatre heures à un appareil d’hémodialyse qui purifie le sang.

Toutefois, selon Monsieur Go, les fauteuils d’hémodialyse à l’HGJ sont utilisés continuellement, et il est difficile d’obtenir de nouvelles plages horaires. Il note également que la pénurie de fauteuils disponibles est la même dans les centres d’hémodialyse à l’échelle du Québec.

L’autre possibilité est la dialyse péritonéale, qui peutêtre effectuée à domicile ou dans tout autre endroit pratique, si la personne a un cathéter implanté dans la cavité péritonéale (dans l’abdomen), pour que le liquide de dialyse puisse circuler.

Dialyse péritonéale : les bases

Lors de chaque séance de dialyse, le contenu d’un sac d’eau, d’électrolytes et de sucre, (connus sous le nom de dialysat) est perfusé dans la cavité péritonéale, où la solution extrait progressivement l’excès de liquide et les toxines du sang.

Après environ quatre heures, au cours desquelles le patient est libre de poursuivre ses activités habituelles, la solution est drainée et éliminée. Habituellement, ces échanges sont effectués jusqu’à quatre fois par jour, selon l’ordonnance et les besoins du(de la) patient(e).

La dialyse péritonéale présente l’avantage considérable de permettre aux patient(e)s de rester mobiles et autonomes. En fait, Monsieur Go souligne qu’il n’est pas rare que certain(e)s patient(e)s effectuent cette procédure loin de leur domicile, voire pendant leurs vacances à l’extérieur du pays.

L’inconvénient est que la dialyse péritonéale exige de nombreuses étapes fastidieuses, y compris les précautions à prendre pour garantir une hygiène adéquate et prévenir les infections.

À l’HGJ, les infirmières cliniciennes Ersie Alexandre, Nawal Massaa et Raheleh Seyed formentles patient(e)s à l’exécution de ces étapes, prodiguent des conseils, perfectionnent la technique d’échange et offrent un soutien pour s’assurer que la procédure peut être effectuée à domicile en toute sécurité et avec confiance.

Malgré cette formation spécialisée, les étapes peuvent être difficiles à maîtriser pour les patient(e)s qui ne possèdent pas la dextérité manuelle nécessaire, la capacité de mémoriser toutes les directives ou la discipline requise pour respecter l’horaire.  

Proposer une solution

La dialyse péritonéale assistée est une solution mise en œuvre récemment, dans le cadre de laquelle un(e) infirmier(ère) auxiliaire se rend au domicile des patient(e)s jusqu’à trois fois par jour pour les aider à effectuer la dialyse. Le nombre de visites est adapté aux besoins de chaque patient(e).

« La dialyse péritonéale a toujours été une excellente possibilité, puisqu’elle donne aux patient(e)s plus d’autonomie et de souplesse pour effectuer leurs propres échanges, selon leur propre horaire et dans leur lieu préféré», déclare la Dre Sharon Nessim, néphorologue à l’HGJ.

« Grâce à la nouvelle dialyse péritonéale assistée, cette procédure peut être offerte à un groupe de patients plus vaste qui pourraient bénéficier d’une analyse à domicile, mais qui ne pourraient  pasle faire sans soutien infirmier. »

Puisque l’objectif final est d’accroître l’autonomie des patient(e)s, précise Monsieur Go, le rôle de l’infirmier(ère) auxiliaire est principalement « d’offrir de l’aide sans nécessairement prendre le relais ».

Il explique, par exemple, que « l’infirmier(ère) auxiliaire observe le(la) patient(e)s, et intervient si quelque chose est oublié ou pour rectifier une erreur, le cas échéant ».

La souplesse est l’avantage clé de la dialyse péritonéale

Pour Edgar Iwaz, la dialyse péritonéale offre une souplesse qui lui permet d’effectuer plusieurs fois par jour une procédure médicale cruciale et fastidieuse, tout en étant indépendant et en continuant à travailler et même à profiter de vacances à l’extérieur du pays.

« Au début, il y a beaucoup à apprendre ainsi que plusieurs étapes à mémoriser et à effectuer » se souvient Monsieur Iwaz, pour qui la dialyse péritonéale est devenue une nécessité quotidienne en 2021.

« Les infirmier(ère)s ont été d’une aide précieuse pour me former, mais il m’a fallu au moins une semaine de rinçage et de purification constants jusqu’à ce que je maîtrise la technique. Mais, c’est devenu une routine et tout se déroule plus facilement. »

La Division de néphrologie à l’HGJ encourage cette forme de dialyse, comme une autre possibilité pratique à l’hémodialyse lors de laquelle les patient(e)s doivent venir à l’Hôpital trois fois par semaine et rester quatre heures connecté(e)s à un appareil qui purifie leur sang.

« Les infirmier(ère)s ont été d’une aide précieuse pour me former. C’est devenu une routine et tout se déroule plus facilement. »

Par contre, pendant chaque échange de dialyse péritonéale, effectuée à domicile ou à l’endroit choisi par le(la) patient(e), une solution contenant de l’eau, des électrolytes et du sucre est perfusé par le biais d’un cathéter placé dans l’espace péritonéal de l’abdomen.

Le mélange extrait progressivement l’excès de liquides et les toxines du sang. Après environ quatre heures, pendant lesquelles les patient(e)s poursuivent leurs activités habituelles, la solution est drainée et éliminée.

Monsieur Iwaz, un installateur autonome de céramique sur les chantiers de construction, se déplace continuellement, mais il arrive toujours à trouver le temps et un endroit approprié pour sa dialyse péritonéale.

Par exemple, dit-il, il lui arrive d’entrer dans un supermarché et d’utiliser les toilettes, si elles sont propres. Lors de longs trajets sur l’autoroute, par beau temps il s’arrête dans les aires de repos où il suspend même parfois son sac contenant le dialysat à la branche basse d’un arbre.

Cette mobilité et ce sentiment d’indépendance lui ont même permis d’aller en vacances à Punta Cana, entre autres destinations.

Monsieur Iwaz a commencé à venir à l’HGJ pour des problèmes rénaux en 2010, et bien que son état se soit progressivement aggravé au fil des ans, il était réticent à commencer l’hémodialyse.

Ensuite, au début de la pandémie de la COVID-19, il a appris que l’une de ses artères était bouchée et il a subi une intervention chirurgicale. Par la suite, son état de santé général a été évalué, et les médecins lui ont vivement recommandé de commencer la dialyse péritonéale, ce qu’il a fait en janvier 2021.

Bien que cette procédure soit devenue une seconde nature, pour Monsieur Iwaz, il espère pouvoir s’en passer éventuellement en obtenant une greffe de rein.

Afin d’améliorer sa santé et accroître ses chances d’être admissible à une greffe, il a subi un pontage gastrique en décembre 2025, à la suite de quoi,son poids est passé d’environ 108 kg (presque 240 livres) à environ 70 kg (154 livres).

« Tout ce que je peux faire maintenant, c’est de continuer la dialyse péritonéale et d’espérer que tout ira pour le mieux. »

L’infirmier(ère) auxiliaire peut également former le(la) conjoint(e), un(e) proche ou toute autre personne proche aidante à aider le(la) patient(e), ce qui assure un appui ininterrompu lorsqu’aucune visite à domicile n’est prévue, en raison d’un jour férié par exemple.

Lorsque les personnes ont besoin d’aide à domicile, il n’y a pas de date limite à ce service, explique Monsieur Go. Cependant, nous espérons que certain(e)s patient(e)s maîtriseront éventuellement le processus pour que les visites de l’infirmier(ère) auxiliaire ne soient plus nécessaires.

Une collaboration à l’échelle du CIUSSS

Au début de l’hiver 2026, trois patient(e)s recevaient une dialyse péritonéale assistée, et deux places étaient encore disponibles, note Monsieur Go.

Ce service est le fruit d’une collaboration entre plusieurs partenaires au CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal : la Direction des soins infirmiers, le programme de Soutien à l’autonomie des personnes âgées (SAPA) et le programme de Soutien à domicile (SAD).

« Notre fondamental est d’appuyer l’indépendance et l’autosuffisance des patient(e)s. »

Puisque la raison d’être de la dialyse péritonéale assistée est de permettre aux patient(e)s d’effectuer cette procédure là où il(elle) le souhaite, cette initiative s’inscrit parfaitement dans la philosophie globale de soins centrés sur l’usager du CIUSSS, connue sous le nom de Vos soins partout.

Il s’agit de l’engagement du CIUSSS et de son personnel à s’efforcer d’obtenir les bons résultats en fournissant les bons soins, au bon moment dans le lieu le plus sûr, le plus pertinent et le plus pratique pour le(la) patient(e) et les autres usagers.

Monsieur Go ajoute que l’aide à domicile est un service que le ministère de la Santé et des Services sociaux a encouragé tous les réseaux de soins de santé du Québec à mettre en place. Le CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal est parmi les premiers à l’avoir fait.

 « Nous restons auprès des patient(e)s aussi longtemps que ces personnes en ont besoin, mais notre objectif fondamental est d’appuyer leur indépendance et leur autosuffisance », dit-il.

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