La recherche à l'Institut Lady DavisMai 2017

Un traitement prometteur pour les patients présentant une récidive d’un lymphome agressif

Un essai clinique unique de phase 2, réalisé par des chercheurs du Centre du cancer Segal à l’HGJ, a permis d’obtenir une rémission du lymphome diffus à grandes cellules B (LDGCB) chez des patients présentant une récidive et pour qui le pronostic était donc sombre. L’essai a démontré l’efficacité des traitements de précision, c.-à-d. ceux qui ciblent une mutation génétique spécifique.

« Le LDGCB est une des formes de lymphome les plus courantes et il est très agressif, indique la Dre Assouline, hémato-oncologue qui a initié, conçu et coordonné l’étude. Après une rechute, il n’y a pas de normes de traitement efficaces, et l’espérance de vie est d’environ six mois. »

Jusqu’à 40 pour cent des patients atteints de LDGCB ne peuvent être guéris avec le traitement de chimio-immunothérapie standard ou en combinant les traitements actuels avec la greffe de cellules souches. Il faut donc de nouvelles stratégies pour agir plus profondément dans la structure moléculaire de leur maladie.

Comme la plupart des tumeurs LDGCB contiennent des mutations dans les enzymes modifiant les histones (EMH), les médicaments reconnus comme des inhibiteurs de l’histone désacétylase, qui ciblent les EMH, représentaient une voie potentielle en vue d’améliorer de façon importante l’évolution des patients présentant une récidive.

L’essai a été réalisé auprès de 42 patients dans quatre centres canadiens, y compris le Centre du cancer Segal, de décembre 2010 à décembre 2013.

Les patients inscrits à cet essai ont reçu le panobinostat par voie orale en doses de 30 milligrammes trois fois par semaine. Ils ont présenté une rémission prolongée, de 14,5 mois en moyenne, et dans certains cas exceptionnels, jusqu’à plus de trois ans.

Des analyses génomiques complexes des mutations présentes dans la tumeur de chaque patient ont démontré quels patients étaient les plus susceptibles de répondre au traitement, et déterminé ceux qui ne l’étaient pas.

Dans l’ensemble, 28 pour cent des patients de l’essai ont répondu positivement au traitement. Une mutation dans le gène MEF2B s’est avérée manifestement associée à cet effet. (Environ 11 pour cent des patients atteints de LDGCB possèdent cette mutation.)

Par ailleurs, les patients qui ont répondu au traitement sont demeurés en rémission après la fin du traitement. Parallèlement, des niveaux élevés d’ADN tumoral circulant (ADNtc), observés dans des échantillons de plasma, étaient fortement associés à une réponse négative au traitement.

« Notre défi, c’est d’identifier de nouveaux biomarqueurs et de cibler des mutations spécifiques pour améliorer le pronostic, explique la Dre Assouline. Beaucoup d’essais cliniques ne font que montrer le taux de réponse des patients à un traitement, alors que nous avons conçu cette étude de façon à trouver les mécanismes sur lesquels les médicaments agissent, pour comprendre quels sont les patients qui en bénéficieraient. »

« Cet essai a produit une grande quantité de données sur la méthode de traitement des échantillons provenant d’une étude clinique, les mutations génétiques associées au LDGCB et la façon dont elles évoluent dans le temps, et sur l’ADNtc et les mécanismes de résistance aux inhibiteurs de l’histone désacétylase », ajoute la Dre Assouline.

« Notre succès est attribuable à la remarquable synergie entre les installations cliniques et de recherche de l’HGJ et du Centre du cancer Segal. Le fait de disposer de toutes les installations et d’avoir accès à des collaborateurs possédant différentes expertises, incluant le Centre de pathologie moléculaire Dubrovsky de l’HGJ, est ce qui nous permet de tirer le meilleur parti des possibilités de recherches cliniques et translationnelles. »

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