La recherche à l'Institut Lady DavisMars 2021

Une année de COVID-19 : La filière thérapeutique

Bien que la première génération de vaccins contre la COVID-19 se soit révélée remarquablement efficace, suscitant l’espoir de voir baisser les taux de symptômes graves et de décès, la crainte que le virus continue à muter et à circuler dans la communauté pendant encore longtemps fait de plus en plus consensus.

Par conséquent, les thérapeutiques visant à traiter les patients atteints du virus seront en demande. À cet égard, deux découvertes réalisées par des chercheurs affiliés à l’Institut Lady Davis sont prometteuses.

Dre Donna Senger

Dre Donna Senger

Le Dr Stephen Robbins, le nouveau directeur de l’Institut Lady Davis, et la Dre Donna Senger, de l’Axe de recherche sur le cancer, ont développé un candidat-médicament actuellement en phase II des essais cliniques visant à déterminer son efficacité dans la prévention du syndrome de détresse respiratoire aiguë, de l’insuffisance rénale aiguë et d’autres lésions aux organes causées par l’inflammation chez les patients hospitalisés gravement atteints de la COVID-19.

Les travaux de ces chercheurs ont reçu un appui de 6,7 millions de dollars du Fonds stratégique pour l’innovation du gouvernement du Canada dans le cadre du Plan canadien de mobilisation des sciences pour lutter contre la COVID‑19.

« Nos recherches ont commencé bien avant l’apparition de la COVID-19, donc le hasard fait bien les choses, déclare le docteur Robbins. Metablok aura des répercussions bien après la pandémie, car les lésions pulmonaires aiguës figurent parmi les principales causes de mortalité dans les soins intensifs au Canada. »

Les essais cliniques de phase II pour Metablok ont été approuvés par la Food and Drug Administration des États-Unis et le ministère de la Santé de la Turquie et des patients ont commencé à recevoir le médicament. Santé Canada ayant également approuvé les essais, le médicament sera administré à des patients sous peu au pays.

Dr Brent Richards

Dr Brent Richards

Le Dr Brent Richards, généticien au Centre d’épidémiologie clinique, et son équipe ont découvert que des concentrations plus élevées de la protéine OAS1 dans le sang des patients atteints de COVID-19 sont associées à une réduction de la mortalité et de la nécessité d’assistance respiratoire.

L’utilisation de médicaments qui augmentent les concentrations d’OAS1 pourrait donc être étudiée dans le but d’atténuer les effets néfastes de la COVID-19.

« Notre analyse indique que l’OAS1 a un effet protecteur sur la vulnérabilité à la COVID-19 et sur la gravité de la maladie une fois contractée, explique le Dr Richards. C’est une très belle avancée dans la course à l’identification de traitements potentiels parce que des traitements qui augmentent les concentrations d’OAS1 sont déjà en phase de développement préclinique et leur effet sur l’infection au SRAS-CoV-2 pourrait donc être étudié. »

Des chercheurs du laboratoire du Dr Richards ont choisi comme cible potentielle des protéines qui sont détectables dans le sang périphérique. Le défi consiste à déterminer quelles protéines jouent un rôle causal dans la progression de la COVID-19, puisque leurs concentrations peuvent aussi être influencées par la maladie elle-même ou par d’autres facteurs de confusion.

Des avancées récentes en technologie protéomique (c.-à-d. la capacité d’isoler et de mesurer des centaines de protéines circulantes en même temps) conjuguées à des analyses génétiques faisant appel à la randomisation mendélienne (RM) rendent possible le travail délicat d’éclaircir quelles protéines provoquent des effets indésirables sur le déroulement de la COVID-19, plutôt que quelles protéines subissent de tels effets.

Selon une analyse menée sur un échantillon de 14 134 cas de COVID-19 et 1,2 million de tests, les chercheurs ont observé une réduction de 50 % des risques d’hospitalisation, d’assistance respiratoire et de décès des suites de la COVID-19 lorsque les concentrations d’OAS1 sont élevées.

À court terme, traitements et vaccins devront être utilisés en tandem, et la recherche jouera un rôle primordial pour contrôler la pandémie, sauver des vies et réduire le fardeau qui pèse sur le réseau de la santé.

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