La recherche à l'Institut Lady DavisMars 2021

Une année de COVID-19 : L’HGJ et la biobanque québécoise de la COVID-19

Reconnu pour son expertise sur les plans des soins primaires aux patients atteints de la COVID‑19 et de la recherche fondamentale et clinique, l’Hôpital général juif a été aux premières lignes des efforts déployés à l’échelle de la province pour recueillir et analyser les données génétiques qui permettent de mieux comprendre le coronavirus. 

Le 1er avril l’an dernier—à peine deux mois après l’apparition des premiers cas qui exploseraient en une pandémie—le Fonds de recherche du Québec – santé (FRQS) et Génome Québec ont lancé la Biobanque québécoise de la COVID-19 (BQC19). L’objectif : recueillir, analyser, conserver et partager avec d’autres chercheurs des échantillons biologiques et des données provenant de patients atteints de la COVID‑19.

Dr Brent Richards

Dr Brent Richards

L’Hôpital général juif était un partenaire fondateur du réseau provincial des installations cliniques participant à la Biobanque. Le Dr Brent Richards, endocrinologue et épidémiologiste génétique, dirige l’initiative à l’HGJ et siège au Comité de gouvernance de la BQC19.

« Pendant la première vague des infections, il était critique que le réseau de la santé, menacé d’être débordé, mette au point des outils qui l’aideraient, d’une part, à évaluer avec précision la trajectoire éventuelle de la maladie du patient », explique le Dr Richards, professeur de médecine, de génétique humaine, d’épidémiologie et de biostatistiques à l’Université McGill.

« C’était important à prévoir qui pourrait récupérer à la maison, qui serait susceptible de devenir gravement malade, qui aurait besoin de soins intensifs, et d’autre part, à utiliser des biomarqueurs génétiques dans la recherche de traitements. »

« Pour cela, nous avons rapidement mobilisé les membres de notre vaste équipe de scientifiques et d’équipes de recherche chefs de file en intelligence artificielle et avons partagé nos données avec les équipes de soins cliniques et de santé publique. En raison de ses investissements dans l’information numérique et les biobanques, l’HGJ est bien placé pour jouer un rôle prépondérant dans la gestion de la pandémie. »

« La BQC19 a créé la plus importante biobanque de la COVID‑19 au pays, comptant plus de 2 000 patients, dont 65 % ont été recrutés par l’HGJ. »

« La BQC19 a créé la plus importante biobanque de la COVID‑19 au pays, comptant plus de 2 000 patients, dont 65 % ont été recrutés par l’HGJ. Ce résultat est attribuable à un immense effort de collaboration entre les divers services de l’Hôpital et une formidable équipe de coordinateurs en recherche clinique dirigée par David Morrison, coordinateur du projet. »

Les pratiques exemplaires en matière de soins aux patients s’appuient sur des preuves scientifiques, qui mettent les données de laboratoire au service de la pratique clinique. Toutefois, comme cette maladie reste relativement nouvelle, il est essentiel d’approfondir les études pour mieux comprendre le mode d’infection et de transmission de la COVID‑19.

Ce sont ces connaissances qui aideront à cerner et àprotéger les personnes à risque et à améliorer les traitements de cette maladie, responsable de grandes complications dont inflammation de l’appareil respiratoire, caillots sanguins, problèmes neurologiques, douleurs et fatigue chroniques.

La recherche peut fournir l’information requise pour gérer tous les aspects de la maladie et la première étape consiste à recueillir les échantillons et les données auprès des personnes infectées. La composition des gènes et protéines du virus est séquencée et les scientifiques déterminent comment les différentes configurations du virus se manifestent dans les symptômes et les effets ressentis par les patients.

Récemment, la pandémie a pris une tournure nouvelle, mais pas surprenante, avec l’émergence de nouveaux variants plus contagieux que le coronavirus original. La possibilité que les mutations subséquentes permettent au virus d’échapper aux vaccins, qui se révèlent remarquablement efficaces jusqu’à présent, inquiète grandement.

Il est donc primordial de déterminer le variant qui touche les patients. La présence de plusieurs variants peut avoir de graves répercussions sur les stratégies de vaccination et les traitements à l’avenir.

Par exemple, grâce à la génomique avancée, le laboratoire du Dr Richards à l’Institut Lady Davis a identifiéune protéine qui,lorsque sa présence est accrue, semble avoir un effet protecteur contre des formes graves de la COVID‑19.

Cette découverte résulte, en partie, d’une analyse génomique approfondie portant notamment sur plus de 500 échantillons biologiques conservés à la BQC19. Ces résultats paraîtront bientôt dans la revue Nature Medicine et influencent déjà le développement clinique de médicaments.

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