Événements marquantsJanvier 2020

Une étude primée de l’HGJ s’intéresse aux soins centrés sur la personne atteinte de cancer

Un rapport étude, dont trois des auteures font partie du personnel infirmier du Centre du cancer Segal de l’HGJ, a été récompensé par l’Association canadienne des infirmières en oncologie (ACIO/CANO) pour la qualité du travail de recherche.

L’étude, qui révèle clairement l’importance de tenir compte des espoirs, des besoins et des caractéristiques uniques des personnes atteintes d’un cancer, a été reconnue comme l’une des deux plus importantes recherches canadiennes à avoir apporté une contribution clinique capitale dans la dernière année.

Publié en 2018 dans la Revue canadienne de soins infirmiers en oncologie, le rapport d’étude a été honoré comme ‘Meilleure publication’ par l’ACIO/CANO lors de son congrès annuel tenu à Winnipeg l’automne dernier.

Offrir des soins centrés sur la personne exige de dépasser le traitement médical et d’adapter les soins aux besoins du patient et au contexte, ainsi que de tenir compte de l’environnement où les soins sont prodigués, relève la Dre Carmen Loiselle, auteure principale du rapport.

« Même les termes ‘patient cancéreux’ n’étaient pas acceptables pour les participants avec qui nous avons parlé, note la Dre Loiselle, qui est codirectrice (universitaire) du Centre du cancer Segal, directrice scientifique de l’Espoir, c’est la vie de l’HGJ et professeure agrégée à l’École des sciences infirmières et au Département d’oncologie de l’Université McGill.

« Les gens en cours de traitement nous ont dit qu’ils étaient bien plus que leur cancer, mais ‘une personne qui a reçu un diagnostic de cancer’. Par conséquent, nous désignons désormais ces patients comme des ‘personnes atteintes de cancer’. »

« Les soins centrés sur la personne ne se limitent pas simplement au patient, mais englobent les proches ou le soignant touchés par les effets psychologiques d’un diagnostic de cancer. »

« L’importance d’humaniser les soins peut facilement être oublié dans les milieux de soins oncologiques au rythme effréné, mais qui est crucial pour les patients. »

La Dre Loiselle a mené cette étude avec l’aide d’Erin Cook, coordonnatrice clinico-administrative d’oncologie et des soins cardiovasculaires, et co-directrice des opérations au Centre du cancer Segal, de Lucie Tremblay, infirmière clinicienne et infirmière-chef adjointe en Oncologie au Centre du cancer Segal; ainsi que Chloe Grover et Erin Mackasey, anciennes étudiantes en maîtrise à l’École des sciences infirmières de l’université McGill.

Par ailleurs, explique la Dre Loiselle, « nous sommes arrivés à une conclusion presque contradictoire par rapport à ce qui nous a été inculqué pendant nos études.  En effet, les universités nous enseignent à rester très professionnels, c’est-à-dire que même si les patients peuvent partager leurs histoires personnelles avec nous, nous devons rester plus réservés.

« Or, les patients nous ont dit aimer ces échanges mutuels. Ainsi, ils peuvent continuer à parler de leurs expériences personnelles, mais ils éprouvent un sentiment de proximité accru lorsque le personnel soignant en fait autant et parle de ses propres activités en dehors du monde médical. Ces échanges rendent les rencontres cliniques bien plus humaines. »

Les approches plus personnalisées aux soins sont sensées, certes, mais elles doivent faire l’objet d’études plus poussées avant qu’elles ne soient approuvées, déclare la Dre Loiselle. « Il faut documenter ces démarches et diffuser les résultats pour que les patients soient entendus ».

« Nous devons également sensibiliser à nouveau les fournisseurs de soins de santé à l’importance d’humaniser les soins, fait qui peut facilement être oublié dans les milieux de soins oncologiques au rythme effréné, mais qui est crucial pour les patients. »

La Dre Loiselle entend maintenant examiner plus étroitement d’autres établissements du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal pour déterminer dans quelle mesure les perceptions et les besoins des patients sont en phase avec les soins qui leur sont fournis.

« La force de notre étude réside dans le fait que les questions que nous posons sont solidement ancrées dans la réalité de divers milieux cliniques, explique-t-elle. Je suis ravie que les soins centrés sur la personne sont de plus en plus étoffés par des preuves et qu’ils deviennent partie intégrante des soins quotidiens. »

« Intégrer la voix des patients et de leurs proches à nos initiatives relatives aux soins du cancer ne peut être que bénéfique pour tous. »

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