NouvellesOctobre 2020

Une nouvelle application aide les médecins de famille à suivre plus en détail la santé mentale de leurs patients

L’application aidera à améliorer la qualité des traitements en santé mentale

Une nouvelle application, qui permet de suivre les changements d’humeur des patients, est sur le point d’être déployée pour aider les médecins de famille du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal à mieux soigner l’anxiété et la dépression.

Selon Tung Tran, directeur du Programme de santé mentale et dépendance du CIUSSS, l’application s’adresse principalement aux médecins de famille qui ont souvent été appelés à soigner des niveaux croissants d’anxiété et de dépression depuis le début de la pandémie de la COVID-19.

Tung Tran

Tung Tran

L’application, qui semble être la première du genre au Canada, demande aux patients de décrire leurs sentiments en répondant à un questionnaire standard portant sur la santé mentale qu’ils reçoivent régulièrement par voie électronique.

Chaque série de réponses constitue une sorte de « portrait instantané » de la santé mentale du patient. Quand ces « portraits instantanés » sont analysés par le médecin, le résultat est une description détaillée des changements d’humeur et des autres symptômes du patient au fil du temps.

Cette information est ensuite entrée dans un système qui aide le clinicien à tirer parti des directives cliniques et des meilleures pratiques.

La combinaison des « portraits » chronologiques et de l’intégration des meilleures pratiques permet au médecin de famille d’améliorer les soins qu’il prodigue.

« Grâce à cette application, le médecin de famille peut fonder ses décisions sur des semaines de données provenant du patient plutôt que sur l’humeur de son patient le jour de la visite chez le médecin », dit M. Tran.

« Quand un patient est dans notre bureau, nous avons tendance à lui demander comment elle ou il se sent en ce moment. Mais nous ne voulons pas ou ne pouvons pas entrer dans les détails et demander à cette personne comment elle se sentait quelques jours, une semaine ou un mois plus tôt, et cela en supposant que le patient puisse se souvenir de ce qui s’est passé à un moment précis. La solution pour le médecin est de consulter la nouvelle application. »

Logo of Aifred Health

Le logo d’Aifred Health

L’application a été développée par Aifred Health, une entreprise de santé numérique de Montréal qui se concentre sur le soutien à la prise de décisions cliniques en matière de santé mentale. Aifred a remporté de nombreux prix, et il s’agit de la seule équipe qui représente encore le Canada lors du concours international Watson AI XPrize d’IBM, qui culminera avec une finale mondiale l’année prochaine.

La collaboration entre Aifred Health, le CIUSSS et l’HGJ s’inscrit dans le cadre des efforts déployés par le CIUSSS, particulièrement au cours des deux dernières années, pour utiliser davantage des formes de technologie numérique novatrices afin de rehausser l’expérience des usagers en matière de soins de santé et de services sociaux.

En embrassant la santé numérique, le CIUSSS a également créé son propre centre névralgique de recherche et d’innovation, OROT, afin de développer et d’implanter des manières novatrices, efficaces et rentables de répondre à l’évolution de la démographie et des besoins médicaux des usagers des soins de santé.

« Ce partenariat est un exemple parfait de la mission d’OROT », ajoute M. Tran. « L’objectif de cette initiative est de rehausser l’expérience des usagers en fournissant aux patients de l’information au sujet de leurs soins tout en les habilitant à utiliser la technologie numérique de pointe en collaboration avec l’industrie ».

« Grâce à cette application, le médecin de famille peut fonder ses décisions sur des semaines de données provenant du patient. »

Marina Massingham, PDG d’Aifred Health, dit que l’application de santé mentale a été donnée initialement aux psychiatres et à leurs patients au printemps de 2019 afin de mener des tests exhaustifs et d’obtenir des commentaires.

Elle ajoute que l’HGJ a été le premier à participer au projet pilote, qui a été élargi depuis pour comprendre l’Institut universitaire en santé mentale Douglas, à Montréal, et l’Hôpital Pierre Janet, à Gatineau. L’application sera déployée dans ces trois installations, ainsi qu’au CLSC Métro du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal. D’autres études utilisant cet outil ont également été effectuées au CUSM.

L’une des caractéristiques clés de l’application, explique Madame Massingham, est l’algorithme intégré fondé sur les directives relatives aux meilleures pratiques. En reliant ces directives aux données des questionnaires, l’application peut fournir de l’information au médecin de famille sur l’étape suivante utilisée habituellement dans le traitement des patients présentant certains symptômes.

Elle note également que l’application permet au médecin de personnaliser le questionnaire en fonction des besoins de chaque patient. De plus, l’application peut être programmée pour envoyer un nouveau questionnaire à des intervalles déterminés par le médecin.

M. Tran ajoute qu’il est particulièrement fier que la conception et la convivialité de l’application aient été fondées, en partie, sur les commentaires du Conseil consultatif des patients des services externes en psychiatrie à l’HGJ.

« Puisque ces patients reçoivent nos services, il est logique d’obtenir leur avis au sujet du projet que nous planifions », dit-il. « Il était particulièrement pertinent d’obtenir leurs commentaires dans ce cas, puisque l’objectif de la nouvelle application est d’obtenir les réponses les plus utiles de la part des personnes que nous nous efforçons d’aider. Nous avons l’intention de continuer à collaborer avec eux à propos de ce projet à l’avenir ».

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