Avril 2024Nouvelles

Une nouvelle installation permet de réduire considérablement le temps d’attente pour l’évaluation de certains problèmes gynécologiques

La salle d’hystéroscopie permet à certaines femmes d’éviter la salle d’opération pour le diagnostic et le traitement de certains problèmes

Selon Sharon Côté, à l’automne 2023 elle était « à bout de nerfs ». En effet, bien qu’étant en ménopause , elle souffrait non seulement de saignements vaginaux abondants, mais qu’elle avait déjà subi trois échographies sans obtenir de résultat concluant.

Selon l’une des échographies, Madame Côté, âgée de 53 ans, pouvait être atteinte d’hyperplasie de l’endomètre, un état cancéreux ou précancéreux. Mais, il était également possible qu’elle ne le soit pas, puisqu’une autre échographie semblait indiquer qu’il pouvait tout simplement s’agir d’un fibrome ou d’un polype.

« Vous pouvez imagine le stress », se souvient-elle aujourd’hui en secouant la tête. « Continuer à saigner était déjà assez pénible, mais ne pas savoir ce qui en était la cause était bien pire. »

Dans la nouvelle salle d’hystéroscopie au pavillon K, la Dre Samantha Benlolo (à gauche) s’entretient avec l’infirmière Samantha Bascombe, chef d’Équipe de la salle d’opération pour le Département de gynécologie-obstétrique.

Dans la nouvelle salle d’hystéroscopie au pavillon K, la Dre Samantha Benlolo (à gauche) s’entretient avec l’infirmière Samantha Bascombe, chef d’Équipe de la salle d’opération pour le Département de gynécologie-obstétrique.

Même une hystéroscopie à l’HGJ n’était pas une solution idéale. Au cours de cette intervention, une sonde, munie d’une toute petite caméra à son extrémité, est insérée dans le vagin jusqu’au col de l’utérus, puis dans l’utérus qui peut ainsi être visualisé et examiné en détail.

Le problème n’était pas la procédure en soi, qui fournirait très probablement la réponse, que Madame Côté cherchait tellement désespérément.

Plutôt, à cette époque une salle d’opération était l’endroit le plus pertinent à l’HGJ pour effectuer une hystéroscopie, mais les femmes qui devaient subir cette intervention devaient être classées dans la catégorie des patientes à opérer, même si la durée habituelle de l’hystéroscopie n’était que d’une quinzaine de minutes et n’exigeait qu’une intervention chirurgicale minime.

Cela signifiait que ces femmes devaient être ajoutées à la liste d’attente des chirurgien(ne)s et six mois d’angoisse éprouvante pouvaient s’écouler avant que la patiente soit convoquée pour le test.

Madame Côté a envisagé brièvement de subir une hystéroscopie dans une clinique privée, avant de renoncer en raison du coût prohibitif. Par conséquent, elle n’a eu d’autre choix que de faire ajouter son nom à la liste d’attente des chirurgien(ne)s — et d’attendre, et d’attendre… « Mon téléphone était continuellement allumé », dit-elle, « parce que je pensais que l’appel pouvait arriver à tout moment ».

Mais, en février 2024, au grand soulagement de Madame Côté, tout a changé en mieux.

En effet, sa gynécologue-obstétricienne, la Dre Samantha Benlolo, avait réussi à faire aménager et équiper une salle spécifiquement pour les hystéroscopies dans le pavillon K. Il n’était plus nécessaire d’effectuer cet examen dans une salle d’opération et, par conséquent, le temps d’attente pour ce processus était désormais considérablement réduit (de plus, les salles d’opération étaient libérées pour les patientes qui avaient réellement besoin d’une intervention chirurgicale).

L’examen de Madame Côté a eu lieu le 13 février. Elle a été parmi les premières patientes à profiter du processus simplifié. Et, ce qui est plus important, elle a enfin pu obtenir de la Dre Benlolo la réponse qu’elle espérait : le saignement était probablement causé par un polype et un fibrome.

« J’évitais une attente de plusieurs semaines voire de plusieurs mois avant d’obtenir une réponse. »

Bien que ce résultat ne soit pas encore définitif (le diagnostic final aura lieu plus tard), l’examen de l’endomètre effectué par la Dre Benlolo a amené cette dernière à la conclusion préliminaire que le problème n’était pas lié au cancer.

Mieux encore, un créneau chirurgical s’est libéré inopinément le 22 février, et Madame Côté a pu faire enlever le polype et le fibrome dans une salle d’opération pour. Cette véritable intervention chirurgicale ne peut pas être effectuée dans la salle d’hystéroscopie.

À la mi-mars, les saignements n’avaient pas complètement cessé, mais Madame Côté n’est plus préoccupée par les taches légères qui devraient disparaître très bientôt.

La Dre Benlolo a obtenu un soutien financier considérable de la Fondation de l’HGJ, et après trois années de planification rigoureuse et de développement, la salle d’hystéroscopie a ouvert ses portes le 24 janvier.

La salle est également étroitement liée à la vision Vos soins partout du CIUSSS du Centre-Ouest-de-l’Île-de-Montréal, une approche générale aux soins centrée sur les patient(e)s, dont l’objectif est d’obtenir les meilleurs résultats possibles en prodiguant aux patient(e)s les bons soins au bon moment dans le lieu le plus sécuritaire, le plus pertinent et le plus pratique.

La salle d’hystéroscopie est le lieu le plus pertinent pour comprendre les raisons pour lesquelles certaines femmes éprouvent des problèmes gynécologiques particuliers. Ensuite, en s’appuyant sur les données obtenues lors de l’hystéroscopie, les médecins, comme la Dre Benlolo, peuvent prodiguer les bons soins au bon moment.

La Dre Benlolo explique que la salle peut également permettre de déterminer la cause d’autres problèmes que celui de Madame Côté.

Par exemple, elle est utilisée pour les femmes qui ont des saignements anormaux (p. ex., des saignements entre les règles, après les rapports sexuels ou la ménopause). Ou encore, pour évaluer la fertilité d’une femme qui souhaite tomber enceinte ou pour localiser et extraire un stérilet qui est resté en place.

La Dre Benlolo note également qu’un examen dans la salle d’hystéroscopie ne convient pas à toutes les femmes.

La Fondation de l’HGJ a apporté un soutien crucial à la salle d’hystéroscopie

La salle d’hystéroscopie n’aurait pas pu ouvrir ses portes à l’HGJ sans le soutien financier essentiel de la Fondation de l’HGJ.

Les dons peuvent être effectués en ligne à l’appui des programmes et des services à l’HGJ.

En effet, puisqu’une sédation et une anesthésie générale peuvent seulement être administrées dans une salle d’opération, dans la salle d’hystéroscopie la patiente recevra uniquement un analgésique, et la motivation de cette dernière à subir une intervention à l’extérieur d’une salle d’opération est un critère important.

Dans le cas de Madame Côté, l’administration d’un analgésique a été réduite volontairement pendant l’hystéroscopie, puisqu’elle voulait suivre l’intervention à l’écran et voir l’intérieur de son corps. « Ce n’est pas une chose que nous voyons tous les jours », dit-elle en riant, « mais, j’étais fascinée de voir de quoi il s’agissait ».

La Dre Benlolo ajoute que tout comme Madame Côté, certaines femmes doivent malgré tout subir une opération puisque l’information fournie par l’hystéroscopie peut inciter les gynécologues à décider qu’une opération, comme l’ablation d’une excroissance, est requise.

Pour Madame Côté, outre des données médicales, ces interventions lui ont surtout apporté la tranquillité d’esprit. « J’ai toujours été en bonne santé et je n’ai pas eu besoin d’avoir recours au système médical très souvent », souligne-t-elle. « C’est la raison pour laquelle une hystéroscopie m’inquiétait beaucoup de prime abord. »

« Le mérite de m’avoir permis de rester calme revient en grande partie à la Dre Benlolo et à l’infirmière qui l’assistait pendant l’examen proprement dit. Mais, outre cela, je me sentais bien en sachant que j’évitais une attente de plusieurs semaines voire de plusieurs mois avant d’obtenir une réponse. Je savais enfin à quoi m’en tenir. »

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